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Une faille présente depuis 18 ans découverte dans nginx, le serveur qui fait tourner un tiers du web

Nginx, c'est ce logiciel discret qui sert les pages d'environ un site populaire sur trois sur la planète. Quand vous chargez une page web, il y a une bonne chance que ce soit lui qui vous l'envoie.

La société DepthFirst AI, spécialisée dans la recherche de failles assistée par intelligence artificielle, vient d'y trouver un trou de sécurité, et il est plutôt balèze : présent dans le code depuis 2008. Soit environ 18 ans de service sans que personne ne le remarque.

La faille (référencée CVE-2026-42945, le système de numérotation officiel des vulnérabilités) est notée 9,2/10 sur l'échelle de gravité, ce qui la classe en critique. Concrètement, elle vit dans un module précis de nginx qui gère la réécriture d'URL, et elle se déclenche quand deux instructions de configuration ("rewrite" et "set") sont utilisées en même temps.

C'est un débordement de mémoire tampon, c'est-à-dire que des données débordent dans une zone qu'elles ne devraient pas occuper. Quand on contrôle ce débordement, on peut faire planter le serveur, voire dans certains cas exécuter son propre code à distance sur la machine.

Pour le déni de service (DoS), c'est-à-dire faire tomber le serveur, l'exploitation est démontrée et fonctionne. Pour l'exécution de code à distance, c'est plus délicat : les chercheurs y arrivent uniquement quand une protection mémoire appelée ASLR est désactivée, ce qui n'est pas le cas par défaut sur les systèmes modernes. Bonne nouvelle relative, donc, mais ça reste à prendre très au sérieux.

Côté correctifs, les versions à installer sont nginx Open Source 1.31.0 ou 1.30.1, et NGINX Plus R36 P4 pour les clients commerciaux. Toutes les versions précédentes depuis 0.6.27 sont vulnérables, donc autant dire à peu près tout ce qui tourne en production aujourd'hui.

Si vous administrez un serveur, c'est le moment de regarder ce qui tourne dessus et de patcher rapidement. Les exploits publics ont une fâcheuse tendance à apparaître quelques jours après les divulgations de ce genre.

Le détail qui pique, c'est la méthode de découverte. DepthFirst AI utilise l'intelligence artificielle pour faire de l'analyse de code à grande échelle, en cherchant des motifs suspects que des outils classiques ne repèrent pas. Le fait qu'une faille planquée dans nginx depuis dix-huit ans soit sortie comme ça donne une idée de ce qui dort encore dans tout le code qu'on utilise au quotidien.

Source : Bleeping Computer

Le code source original du premier 86-DOS enfin publié

45 ans après sa sortie, le code source du tout premier 86-DOS vient d'atterrir sur GitHub . Microsoft a profité de cet anniversaire pour publier les listings d'assembleur originaux, accompagnés de plusieurs versions de PC-DOS 1.00 et de MS-DOS 1.25, sous licence MIT. Tout ceci est dans le dépôt DOS-History/Paterson-Listings, et oui, le tout est compilable.

Ces listings, c'est Tim Paterson en personne qui les avait conservés dans ses tiroirs depuis 1980. À cette époque, il bossait chez Seattle Computer Products, une boîte de matos qui faisait des cartes pour processeurs Intel 8086.

Il avait écrit en quelques mois un OS rudimentaire baptisé 86-DOS pour faire tourner les machines de SCP. Microsoft a fini par racheter le code à SCP pour 75 000 dollars, l'a légèrement retravaillé, et l'a refilé à IBM sous le nom PC-DOS pour équiper le tout premier IBM PC. Ce code-là est le grand-père de Windows.

On parle ici de dix paquets de listings papier (le bon vieux papier à bandes vertes), dont huit ont déjà été transcrits par Yufeng Gao et Rich Cini, deux passionnés de préservation. À l'intérieur : le noyau de 86-DOS 1.00, plusieurs snapshots de développement de PC-DOS 1.00, et des utilitaires comme CHKDSK.

Plus intéressant encore, les listings contiennent les annotations manuscrites de Paterson lui-même, des notes en marge qui montrent les hésitations et les corrections d'un ingénieur en plein travail.

Le code est prêt à être compilé avec l'assembleur SCP d'origine, ce qui veut dire qu'on peut générer des binaires fonctionnels et les faire tourner dans un émulateur comme par exemple PCem ou 86Box. C'est rare en archéologie logicielle d'avoir des snapshots aussi complets, et c'est encore plus rare quand l'auteur original est toujours là pour répondre aux questions. Les originaux papier vont d'ailleurs rejoindre l'Interim Computer Museum, donnés par Paterson lui-même.

Ce n'est pas la première fois que Microsoft ouvre du code un peu ancien. En 2018, ils avaient déjà open-sourcé MS-DOS 1.25 et 2.11. En 2024, c'était MS-DOS 4.0. Mais cette fois on remonte carrément à la racine, à la version SCP avant rachat, avec les fragments de l'évolution vers PC-DOS. Du coup, pour les nostalgiques et les chercheurs en histoire de l'informatique, c'était la pièce manquante.

Petite cerise sur le gâteau : les scans bruts des listings papier sont aussi sur Archive.org, donc même la version "préhistorique" est consultable. Et si vous avez envie de contribuer à la transcription des deux paquets restants, ce projet est ouvert.

Bref, le grand-père de Windows est désormais lisible ligne par ligne, annotations comprises. Pour les fans d'archéologie informatique, c'est carrément chouette.

Source : Hackaday

Un amateur résout un problème d'Erdős vieux de 60 ans avec un seul prompt GPT-5.4

Liam Price, 23 ans, mathématicien amateur sans formation avancée, a résolu un problème d'Erdős resté ouvert depuis 60 ans en posant la question à GPT-5.4 Pro un lundi après-midi en avril.

Le modèle a tourné 80 minutes pour produire une preuve qui passe la validation du médaillé Fields Terence Tao. C'est ce que rapporte Joseph Howlett dans Scientific American.

Le problème en question, c'est l'Erdős #1196, posé par le mathématicien hongrois en 1965. L'IA n'a pas tout cassé en force brute. Elle a utilisé la fonction de von Mangoldt, un outil bien connu en théorie des nombres, mais que personne n'avait pensé à appliquer à ce type de question depuis 90 ans.

Tao parle d'une connexion jusqu'ici non décrite entre l'anatomie des entiers et la théorie des processus de Markov. En clair, l'IA a fait un pont entre deux branches mathématiques que les humains avaient laissé séparées.

La méthode est assez simple. Price a copié le problème dans une fenêtre ChatGPT, lancé GPT-5.4 Pro en mode raisonnement, et attendu. Pas de papier brouillon, pas d'allers-retours avec un professeur, pas de café à minuit avec des collègues. Un prompt, une réponse, et un objet mathématique sur lequel des experts du monde entier auront ensuite à se pencher pour valider chaque ligne.

Maintenant il faut savoir que la sortie brute de l'IA était plutôt confuse. Tao et Jared Lichtman, mathématicien à Oxford, ont dû relire, simplifier et reformuler la preuve pour qu'elle devienne lisible.

Sans expert humain pour décanter le résultat, le prompt seul n'aurait probablement pas convaincu une revue scientifique. L'IA a vu la bonne idée, mais pas vraiment su l'expliquer proprement.

Tao reste prudent. Il rappelle que le problème n'était pas le plus dur du livre des Erdős, et que l'IA a surtout gagné en vitesse, pas forcément en profondeur.

Lichtman, lui, parle du premier résultat IA au niveau du livre des Erdős, ce qui reste une marche assez impressionnante. Côté Liam Price, le jeune homme va probablement ajouter une ligne assez folle à son CV. Et le débat sur ce que ça veut dire pour la recherche en mathématiques pures, lui, est désormais lancé pour de bon.

Source : Scientific American

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