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Felix "FX" Lindner, le hacker de Berlin-Est qui a forcé Huawei à sécuriser ses routeurs

Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Felix "FX" Lindner est mort le 1er mars 2026 à l'âge de seulement 49 ans. Et si ce nom ne vous dit rien, c'est normal, car FX n'a jamais cherché les projecteurs. Par contre, ceux qui bossent dans la cybersécurité, eux, savent parfaitement qui il était.

Fondateur de Recurity Labs à Berlin, leader du groupe Phenoelit, co-auteur de "The Shellcoder's Handbook", et lauréat du Pwnie Award Lifetime Achievement 2017, Félix avait plusieurs casquettes. Et c'est également celui qui a forcé Huawei à créer une équipe de sécurité dédiée, tout ça grâce à une seule présentation de 45 minutes.

Felix "FX" Lindner, fondateur de Recurity Labs (CCS 2013)

Son pseudo sur Twitter/X c'était @41414141 car en hexadécimal, 0x41 c'est le caractère ASCII 65, la lettre "A". Car 4 "A" d'affilée, c'est le padding classique qu'on balance dans un buffer overflow pour écraser la mémoire. Hé oui même son pseudo était un exploit ! Petit détail au passage : ne le confondez pas avec "fefe", Felix von Leitner, l'autre Felix célèbre de la scène sécu germanophone. La confusion est fréquente, même dans les hommages post-mortem que j'ai pu voir.

Pour comprendre FX, faut remonter à 1977, à Berlin-Est, le côté soviétique du Mur. Gamin, il met les mains sur son premier ordinateur à 6 ans, lors d'une visite à l'Université de Sofia en Bulgarie puis à 10 ans, il programme en BASIC sur un Robotron Z9001 (un CPU U880 à 2.5 MHz, 16 Ko de RAM), qui était à l'époque la machine phare de la RDA (en fait c'était un des rares ordinateurs personnels fabriqués en Allemagne de l'Est). Pas exactement un Commodore 64 donc, mais bon... on fait avec ce qu'on a quand on grandit derrière le Rideau de fer.

Le Robotron Z9001, ordinateur est-allemand sur lequel FX a fait ses premières armes (Wikimedia Commons)

Et puis le Mur tombe.

En novembre 1989, FX a 12 ans et dans les décombres institutionnels de l'Allemagne de l'Est, il découvre un truc improbable : un club informatique rattaché à l'Organisation des Pionniers Ernst Thälmann, le mouvement de jeunesse du régime est-allemand (dissous quelques mois plus tard). C'est là qu'il croise ses premiers hackers, des gamins comme lui, curieux, qui bidouillent sur du matériel en voie de disparition.

Faut dire que Berlin dans les années 90, c'est un sacré terrain de jeu. Le Chaos Computer Club est déjà une institution, les loyers sont bas, l'énergie est dingue. Du coup, FX baigne là dedans tel un enfant de la Réunification, en quelque sorte.

Et c'est au tournant des années 2000, qu'il fonde Phenoelit, un groupe de recherche en sécurité basé à Berlin. Leur spécialité ? Les trucs que personne ne pense à auditer, parce que tout le monde part du principe que c'est sécurisé. Routeurs Cisco, imprimantes HP, systèmes SAP, BlackBerry RIM... tout y passe. Phenoelit, c'est de la recherche bas niveau et du reverse engineering pur et dur.

FX publie alors des outils qui deviennent des classiques. cd00r.c d'abord, une backdoor furtive qui n'ouvre AUCUN port en écoute. Le concept est trop fort puisque la machine écoute discrètement tout le trafic réseau qui passe et ne déclenche un /bin/sh que si elle voit passer un paquet "magique" porteur d'une signature codée en dur. Pas de port ouvert, pas de service à scanner, mais juste un guetteur silencieux qui réagit au bon mot de passe. Le concept inspirera plus tard le port knocking grand public.

Ensuite IRPAS (Internetwork Routing Protocol Attack Suite), un kit complet pour tester les protocoles de routage réseau. CDP, IRDP, HSRP... ces langages que les routeurs utilisent pour se causer entre eux et que personne n'avait sérieusement attaqués avant lui. Tellement utile que la suite finit intégrée dans Debian et Kali Linux. Et puis Ultima Ratio, un exploit remote code execution (RCE) pour Cisco IOS, présenté à la DEFCON.

FX avait un vrai don pour trouver les failles là où personne ne regardait.

Mais l'outil le plus connu du grand public, c'est la Default Password List. Une base de données des mots de passe par défaut de la quasi-totalité des équipements réseau du marché. Routeurs, switchs, imprimantes, caméras... pratiquement tous les pentesteurs de la planète l'ont utilisée au moins une fois. Elle a même fini dans SecLists, la bible du domaine.

Mais FX ne se contentait pas d'attaquer.

En 2010, il développe Blitzableiter (littéralement "paratonnerre" en allemand), un outil anti-exploitation Flash. En gros, ça analyse et reconstruit les fichiers .swf pour neutraliser les malwares, sans se baser sur des signatures CVE. Lors de sa démo à Black Hat USA et DEFCON 18, il balance alors 20 malwares Flash en live et 20 sur 20 bloqués. A une époque où Flash était LE vecteur d'attaque sur le web, c'était du lourd.

Quelque part avant 2007, FX lance Recurity Labs à Berlin. Audit de code C/C++, ingénierie inverse ARM et x86, architecture sécurisée... Il est rejoint par 12 consultants, chacun avec au moins dix ans d'expérience. Pas de marketing flashy, pas de bullshit corporate mais du boulot bien technique, et c'est tout.

FX décroche même un titre de Technicien Informatique Agréé et une certification CISSP, mais bon... c'est pas vraiment pour les diplômes qu'on le connaissait. C'était plutôt pour sa capacité à démonter n'importe quel système et expliquer clairement ce qui merdait dedans.

À partir de 2001, il enchaîne alors les conférences. DEFCON 9, puis 10, 11, 12, 14, 16, 17, 18... Black Hat USA, Abu Dhabi, HITB en Malaisie, PacSec, CanSecWest, Hashdays. Bref, chaque année un nouveau sujet, un nouveau système disséqué. En 2008, c'est le BlackBerry et en 2011, c'est Stuxnet et les systèmes industriels. Il n'est jamais à court de cibles.

Nous sommes maintenant le 11 octobre 2012, à Hack in the Box, Kuala Lumpur. Il y fait une chaleur étouffante, et les hackers du monde entier sont entassés dans l'InterContinental pour une conf qui attire le genre de types qui ne peuvent pas présenter leurs travaux ailleurs (car certains risquent l'extradition).

FX monte alors sur scène avec son sujet : "Hacking Huawei VRP".

VRP, c'est Versatile Routing Platform, le firmware des routeurs Huawei AR et NE. En gros, l'équivalent de Cisco IOS 12.x côté chinois et FX l'a bien sûr totalement disséqué.

Ce qu'il montre alors est accablant. Les routeurs Huawei utilisent des mots de passe statiques par défaut et un seul équipement compromis donne accès à TOUT le réseau. Y'a de quoi s'arracher les cheveux. Ce qu'il dit lors de sa conf résume tout : "Je ne sais pas s'il y a des backdoors, mais ça n'a aucune importance vu le nombre de vulnérabilités."

Et la réaction de Huawei ?

Hé bien pour une fois, plutôt correcte. John Suffolk, leur chef cybersécurité mondial, envoie une équipe d'ingénieurs rencontrer FX directement. Le géant chinois renforce alors son Product Security Incident Response Team (PSIRT, qui existait depuis 2005 mais restait peu visible) et publie des procédures de contact lisibles pour les chercheurs externes. FX racontera plus tard qu'ils ont tenu parole. C'est sa présentation qui a recalibré les pratiques de sécurité d'un des plus gros équipementiers télécoms de la planète.

Puis le 29 décembre 2013, 23h15, Saal 1 du 30e Chaos Communication Congress à Hambourg, FX est dans son élément et cette fois son sujet c'est "CounterStrike: Lawful Interception".

Le 30e Chaos Communication Congress, Hambourg, décembre 2013 (Wikimedia Commons)

L'interception légale, c'est cette fonctionnalité imposée aux fournisseurs d'accès Internet pour permettre la surveillance judiciaire. En clair... une backdoor officielle implantée dans les routeurs. Alors lors de sa conf, FX démontre que ce mécanisme viole le principe fondamental d'un routeur, à savoir transférer les paquets sans fouiller dans leur contenu, et crée ainsi une surface d'attaque massive.

Sa conclusion c'est que contourner la surveillance légale, c'est aussi facile que de tromper un antivirus. Pour lui, les backdoors "légales" ne protègent personne et fragilisent tout le monde. On est 6 mois après les révélations Snowden, et ce que FX démontre techniquement donne encore plus de poids au débat.

Snowden avait sorti les documents. FX en explique la mécanique.

Dans une interview au magazine Ethik und Militär en 2014, FX livrait surtout des opinions tranchées. Il est favorable aux capacités offensives étatiques comme complément aux défenses, mais également hyper critique du manque de responsabilité des éditeurs de logiciels, et pessimiste sur la place de l'Allemagne dans le secteur informatique. C'est pas le genre à tourner autour du pot.

Ceux qui l'ont côtoyé se souviennent également des soirées tardives, après les talks. À l'Alexis Park de Las Vegas, dans les bars de Kuala Lumpur, ou dans les clubs de Berlin, FX était de ceux qui restaient jusqu'au bout.

En 2007, il co-écrit "The Shellcoder's Handbook: Discovering and Exploiting Security Holes" avec Chris Anley, John Heasman et Gerardo Richarte. Un bouquin devenu référence pour quiconque s'intéresse à l'exploitation de vulnérabilités. Dans le milieu, c'est un classique.

Et en 2017, ses pairs lui décernent le Pwnie Award for Lifetime Achievement à la Black Hat de Las Vegas. Les Pwnie Awards, c'est un peu les Oscars du hacking, attribués par un jury de pointures (Travis Goodspeed, Charlie Miller, Katie Moussouris...). Recevoir le Lifetime Achievement, c'est la reconnaissance ultime de la communauté... Du beau monde, pour un prix super mérité.

Puis le 2 mars 2026, Nico Lindner et l'équipe de Recurity Labs publient un court message sur recurity-labs.com : "With heavy hearts, we announce that Felix 'FX' Lindner, a cherished friend, and the founder and owner of Recurity Labs, passed away on 2026-03-01."

FX nous a quittés.

Les hommages affluent alors immédiatement. Daniel Cuthbert, figure historique de l'infosec, écrit sur X : "Everyone today is a hacker in a sense but there are very few OG hackers on which shoulders we stand. Oh dude, Felix 'FX' Lindner you were so much a hackers hacker and you will be missed. RIP my friend and thank you."

Andrea Barisani, Federico Kirschbaum, des dizaines d'autres... Tous disent la même chose. FX était un vrai, quoi. Pas un influenceur sécu sur LinkedIn, pas un conférencier professionnel qui récite des slides. Mais un vrai type qui comprenait les systèmes en profondeur et qui partageait ce qu'il savait.

Felix "FX" Lindner laisse derrière lui des outils que les pentesteurs connaissent et utilisent encore, un livre que les étudiants en sécu continuent de lire, et une boîte qui continue de tourner...

Source | Wikipedia

Un Pokémon piégé depuis 15 ans dans un Pokéwalker, et l’issue est terrible pour la pauvre bête

Un passionné a tenté de récupérer son Pokémon coincé dans un Pokéwalker, ce petit podomètre vendu avec Pokémon HeartGold sur DS en 2009, après avoir perdu la cartouche de jeu.

Entre reverse engineering du protocole infrarouge et manipulation du générateur de nombres aléatoires, la tentative est bien technique. Et le résultat est plutôt cruel, pour une raison que personne n'avait anticipée…

Un Pokémon sans cartouche, un vrai problème

Le Pokéwalker, pour ceux qui ne s'en souviennent pas, c'était ce petit podomètre vendu avec Pokémon HeartGold et SoulSilver sur Nintendo DS en 2009. Le principe était simple : vous transfériez un Pokémon de votre partie vers cet accessoire, vous le glissiez dans votre poche, et chaque pas comptait pour gagner des points et débloquer des objets.

Le tout communiquait avec la cartouche DS par infrarouge. Sauf que voilà, si vous perdez la cartouche (ce qui arrive plus souvent qu'on ne le croit après 15 ans), votre Pokémon reste coincé dans le Pokéwalker. Pas de cartouche, pas de transfert retour. C'est exactement le problème auquel s'est retrouvé confronté Etchy, un créateur de contenu spécialisé dans Pokémon Gen 4.

Du reverse engineering à l'ancienne

Le travail de fond, c'est Dmitry qui l'avait fait il y a quelques années en décortiquant complètement le Pokéwalker. A l'intérieur : un microcontrôleur Renesas H8, une EEPROM de 64 Ko, un accéléromètre Bosch et un émetteur infrarouge générique. La communication entre la cartouche et le Pokéwalker passe par un protocole IR à 115 200 bauds, et chaque octet est simplement XOR avec 0xAA avant envoi.

Dmitry avait même réussi à exécuter du code arbitraire sur l'appareil en exploitant un débordement de buffer dans la décompression. Etchy s'est appuyé sur tout ce travail pour tenter sa mission de sauvetage. Son idée : créer une nouvelle sauvegarde avec les bons identifiants pour tromper le Pokéwalker.

Le dispositif ne vérifie que la version du jeu (HeartGold ou SoulSilver), la région et les identifiants du dresseur. En manipulant le générateur de nombres aléatoires du jeu, Etchy a réussi à générer une sauvegarde avec des IDs correspondants.

Le fantôme dans la machine

Et ça a marché. En partie. Le Pokéwalker a accepté la connexion et transféré les données du Pokémon. Sauf que le vrai identifiant unique du Pokémon, son PID, celui qui définit ses stats, sa nature, son apparence, n'existe que sur la cartouche d'origine.

Le Pokéwalker ne stocke qu'une version allégée des données : l'espèce, les attaques, l'objet tenu, le genre. Le PID, lui, restait sur la cartouche perdue. Du coup, le Pokémon récupéré n'est qu'une copie incomplète. Ca ressemble à votre Typhlosion, ça porte son nom, mais ce n'est pas vraiment lui. Comme le résume Etchy dans sa vidéo : il n'y a pas de moyen de sauver un Pokémon piégé dans un Pokéwalker.

C'est le genre d'histoire qui parle à tous ceux qui ont grandi avec une DS dans la poche. On a tous eu ce moment où un accessoire, une sauvegarde ou un périphérique finissait au fond d'un tiroir, avec des données qu'on pensait sans importance.

Etchy et Dmitry montrent qu'il y a une vraie communauté prête à passer des heures sur du reverse engineering pour trois octets de données. C'est beau et un peu absurde en même temps. Le plus cruel dans l'histoire, c'est que Nintendo n'avait visiblement pas prévu qu'on puisse perdre sa cartouche tout en gardant le Pokéwalker. Bref quinze ans plus tard, votre Typhlosion attend toujours dans son petit boîtier, et personne ne viendra le chercher.

Source : Hackaday

Ils trouvent 100 failles dans le noyau Windows pour 600 dollars

2 chercheurs en sécurité, Yaron Dinkin et Eyal Kraft, viennent de publier les résultats d'une expérience qui devrait donner des sueurs froides à pas mal de monde... Ils ont découvert 521 vulnérabilités dans les pilotes du noyau Windows, dont une bonne centaine exploitables pour de l'escalade de privilèges. Et tout ça ne leur a coûté que 600 dollars !

Mais comment ont-ils fait ? Eh bien ils se sont construit un pipeline en 5 étapes. D'abord, il a fallu récupérer 1654 pilotes uniques depuis le catalogue Microsoft Update ainsi que depuis les sites des constructeurs.

Ensuite, ils ont lancé un prétraitement automatique pour classer les cibles par surface d'attaque. Pour faire simple, dans Windows, quand un logiciel veut causer à un pilote du noyau, il lui envoie des commandes appelées IOCTL (Input/Output Control)... c'est un peu la sonnette d'entrée entre le monde utilisateur et le monde noyau. Leur pipeline analysait donc la complexité des fonctions qui répondent à ces commandes (les "handlers IOCTL"). Plus un handler est complexe, plus il y a de chances qu'une erreur s'y planque.

Et ils cherchaient en priorité les pilotes qui utilisent un mode de transfert de données appelé METHOD_NEITHER, c'est-à-dire le mode "démerde-toi". Car contrairement aux autres modes où Windows joue les intermédiaires et vérifie un minimum ce qui transite, ici le pilote reçoit directement les pointeurs bruts depuis l'espace utilisateur, sans aucun filet de sécurité du noyau. C'est ensuite au développeur du pilote de tout vérifier lui-même… et spoiler : beaucoup ne le font pas correctement ! Bref, c'est le genre de truc qui sent la vuln à plein nez.

Ensuite pour la recherche de vulnérabilité, c'est-à-dire vraiment le cœur de leur système, ils ont mis en place un conseil de 3 agents LLM avec chacun un rôle bien défini. Un agent décompile d'abord le binaire et renomme les fonctions, ensuite un autre identifie la surface d'attaque, et enfin le troisième audite chaque fonction pour trouver des corruptions mémoire. Le tout via OpenRouter , en mixant les modèles pour optimiser le ratio vulnérabilités par token. Coût moyen par cible : 3 dollars.

Et les résultats obtenus sont assez crazy loco car sur 202 binaires analysés, ils ont trouvé 521 vulns au total dont 45% de bugs de lecture/écriture mémoire arbitraire. Et 70% de ces vulnérabilités sont classées High ou Critical.

Mais évidemment y'a du faux positif (environ 60%), donc ils ont dû faire une review manuelle de chacun de ces bugs. Mais même après le tri ça laisse plus de 100 bugs réellement exploitables pour de l'escalade de privilèges sur Windows 11 ! Et les vendeurs concernés, c'est pas des petits joueurs : AMD, Intel, NVIDIA, Dell, Lenovo, IBM, Fujitsu...

D'ailleurs, le cas du driver AMD Crash Defender (amdfendr.sys) est parlant. Le device est accessible en écriture par n'importe quel utilisateur, expose des IOCTLs sans validation de taille correcte et permet de la corruption heap. Avec un peu de pool grooming, on arrive donc à de l'exécution de code kernel. Et quand on sait que ce driver tourne sur les instances AWS EC2 Windows avec processeurs AMD, on comprend vite que la surface d'attaque s'étend largement jusqu'au cloud.

(En parlant de reverse engineering assisté par IA, perso en ce moment, je suis en train de faire joujou avec Claude Code et Ghidra pour un projet dont je vous parlerai peut-être plus tard si j'y arrive, et franchement ça marche troooop bien c'est fou ! Les chercheurs de l'étude notent d'ailleurs qu'aujourd'hui, ils utiliseraient probablement "juste Claude Code avec des skills custom" plutôt que leur pipeline maison. C'est dire si l'outil d'Anthropic est fou !

Après le plus flippant dans cette histoire, comme d'habitude c'est pas les bugs. Non, ce sont les réactions des constructeurs car sur 15 vulnérabilités confirmées et rapportées à 8 vendeurs, toutes avec un score CVSS (gravité de la faille, sur 10) supérieur à 7, un seul a patché ! Il s'agit de Fujitsu, avec la CVE-2025-65001 . Les autres ont rejeté les rapports ou baissé les priorités malgré des vidéos de proof-of-concept montrant par exemple un BSOD depuis un compte utilisateur standard !

Le problème c'est que certains de ces produits hardware sont en fin de vie. Donc y'a plus de support. Mais ils ne révoquent pas les certificats de signature du driver. Du coup, ces pilotes restent utilisables pour des attaques BYOVD (Bring Your Own Vulnerable Driver), où un attaquant chargerait volontairement un driver signé mais vérolé pour compromettre le noyau.

Si vous bossez en sécurité, les chercheurs ont publié une liste de 234 hashes en double-SHA256 pour vérifier si vos machines contiennent des drivers affectés. Pour checker vos drivers, c'est simple :

sha256sum driver.sys | awk '{print $1}' | tr -d '\n' | sha256sum

...et vous comparez avec leur liste.

Ce qui est clair en tout cas, c'est que l'IA en cybersécurité n'est plus un concept de labo. Microsoft avait déjà son Security Copilot qui trouvait des failles dans GRUB2, et maintenant ces chercheurs indépendants qui scannent l'intégralité de l'écosystème drivers Windows pour le prix d'un Macbook Neo... La course entre attaquants et défenseurs vient clairement de changer de vitesse.

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