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BrowserQuest - Le MMO HTML5 de Mozilla est de retour

BrowserQuest est de retour les amis ! Hé ouais, el famoso MMO HTML5 que Little Workshop avait pondu pour Mozilla en 2012 vient de ressurgir sur threej.in , alors que Mozilla avait officiellement archivé le repo GitHub en janvier 2024.

En allant sur ce lien, vous choisissez le nom de votre personnage, et hop, vous vous retrouvez comme y'a plus de 10 ans, dans un monde 2D en pixel art prêt à vous taper avec des rats et des squelettes direct dans le navigateur.

Petit rappel pour les endormis du fond à côté du radiateur, quand BrowserQuest est sorti en mars 2012, c'était un événement !! Mozilla voulait avec ce jeu, montrer au monde entier que le navigateur pouvait faire tourner un MMO temps réel sans Flash, sans aucun plugin, mais juste avec du HTML5 et des WebSockets. Le studio parisien Little Workshop (les frères Guillaume et Franck Lecollinet) avait alors livré une démo incroyable qui ressemblait à un Zelda 16 bits, avec des quêtes, de l'équipement, un chat intégré et même du combat coopératif. Comme je suis viiieux de fous, je vous en avais même parlé à l'époque .

Car techniquement, c'était du sérieux... Canvas pour le rendu 2D, Web Workers pour charger la map sans freezer la page, localStorage pour sauvegarder votre perso, CSS3 Media Queries pour s'adapter au mobile, et surtout WebSockets pour la communication bi-directionnelle avec le serveur Node.js.

Du coup le jeu pouvait encaisser des CENTAINES de joueurs simultanés, avec un pic réel enregistré à plus de 1 900 connexions en même temps. C'est ouf ! Faut dire que 2 ans plus tôt, Quake 2 tournait déjà en HTML5 et on commençait alors tous à comprendre que notre navigateur allait devenir une véritable plateforme gaming.

Sauf que voilà, Mozilla n'a jamais vraiment maintenu BrowserQuest après le buzz initial. Le serveur officiel browserquest.mozilla.org a fini par mourir, le repo GitHub a basculé en mode DEPRECATED, et en janvier 2024, la fondation a appuyé sur le bouton "Archive" pour de bon. Fin du game ! Sniiiif...

Sauf que le code est sous licence MPL 2.0 et le contenu en CC-BY-SA 3.0 donc en gros, n'importe qui peut reprendre le bousin, le réhéberger et le relancer !

Hé bien c'est exactement ce que threej.in a fait et ça fonctionne parfaitement, y compris l'aspect multijoueur. L'écran de crédit affiche même encore "Made for Mozilla by Little Workshop" comme si rien n'avait bougé.

Perso, je trouve ça cool qu'un projet open source archivé aussi culte puisse continuer à vivre grâce à un inconnu qui a pris la peine de le remettre en ligne. C'est aussi à ça que servent les licences libres finalement... prolonger la vie des programmes au-delà de la motivation de leurs créateurs. Chouette hein ?

À l'époque, encaisser 1900 joueurs en simultané sur un backend Node.js relevait de la prouesse technique, alors qu'aujourd'hui, tout semble beaucoup plus facile puisqu'on trouve des dizaines de jeux .io et autres qui tournent dans un onglet de browser sans que ça nous fasse lever un sourcil. La techno derrière BrowserQuest est devenue tellement banale qu'on a tous oublié à quel point elle était impressionnante à l'époque !

Bref, c'est gratuit, c'est dans le navigateur, et ça tient toujours debout !

À découvrir ici !

Le Geek Code - L'ancêtre des bios Instagram (en ASCII)

Imaginez un monde où votre identité entière tient sur trois lignes de caractères ASCII. Pas de selfie de votre gros nez, pas de bio Instagram mielleuse... mais juste des lettres ASCII, avec des plus et des moins.

Bienvenue en 1993 !!

Le Geek Code, c'est un système d'encodage inventé par Robert A. Hayden, étudiant à Mankato State University dans le Minnesota, qui permettait aux geeks de se décrire entre eux de manière codifiée. Vous colliez ce bloc de symboles dans votre signature Usenet ou email et n'importe quel initié pouvait vous cerner en 10 secondes. La devise du projet ? "More geek, less bullshit". Difficile de faire plus limpide.

En gros, ça fonctionnait comme ça : Le code commençait par la lettre G suivie de votre spécialité : GCS pour "Geek of Computer Science", GMU pour la musique, GED pour l'éducation, GAT si vous étiez bon en tout... y'avait 28 vocations au total. Ensuite venaient des catégories (apparence, compétences informatiques, opinions politiques, rapport à Star Trek) graduées de +++ à ---. Et hop, en une poignée de caractères, votre personnalité complète tenait dans un bloc qui ressemblait à ça :

-----BEGIN GEEK CODE BLOCK-----
Version: 3.1
GED/J d-- s:++>: a-- C++(++++) ULU++ P+ L++ E---- W+(-) N+++ o+ K+++ w--- O- M+ V-- PS++>$ PE++>$ Y++ PGP++ t- 5+++ X++ R+++>$ tv+ b+ DI+++ D+++ G+++++ e++ h r-- y++**
-----END GEEK CODE BLOCK-----

C'est le bloc de Hayden lui-même. On y apprend qu'il était geek de l'éducation (GED), adepte du t-shirt à message (d--), ultra-compétent en informatique (C++++) mais ne voulait rien savoir d'Emacs (E----). Plus loin, K+++ veut dire fan absolu de Star Trek, 5+++ = accro à Babylon 5, et t- = pas très branché X-Files. Un CV entier en 3 lignes compréhensible uniquement par les initiés... ;)

D'ailleurs, le format reprenait volontairement l'esthétique de PGP, le logiciel de chiffrement, du coup votre identité de geek ressemblait à un message top secret... sauf que tout le monde pouvait le déchiffrer avec les bonnes connaissances.

Le système avait des subtilités assez malines aussi. Le symbole @ signifiait que votre opinion fluctuait, les parenthèses indiquaient une fourchette, le > marquait une aspiration, et le $ voulait dire que vous étiez payé pour ça. Bref, des variables permettant de capturer toute la complexité d'un être humain, qui se retrouvait simplement dans un fichier .sig sur un serveur Usenet. Toute une époque !

Et l'origine du truc est carrément dingue. Hayden s'était en fait inspiré du Natural Bears Classification System, un encodage similaire utilisé par la communauté bear gay, lui-même dérivé de la classification stellaire de Yerkes. Des étoiles aux ours en passant par les nerds... y'a de la poésie là-dedans.

Le code des geeks a connu son heure de gloire entre 1993 et 1996. Un supplément du Washington Post en a même parlé dès 1995, des traductions en japonais et en russe ont circulé, et la version 3.12 de mars 1996 est depuis restée la dernière officielle.

Hayden a promis une mise à jour sur geekcode.com pour le nouveau millénaire. Mais ouais, on attend toujours. Sauf que l'Internet de 1996, comme il l'a lui-même écrit, c'était encore "un paradis vierge de geeks et d'intellos", avant l'arrivée massive du grand public, des bots et des politiciens qui légiféraient sur une techno qu'ils refusaient de comprendre.

Voici d'ailleurs ma bio Geek Code si vous voulez la décoder :

-----BEGIN GEEK CODE BLOCK-----
Version: 3.12
GIT d- a+ C+++ UB++ P- L++ M++ W+++ N+ PS++ PE Y++ PGP+ t+ X+++ R tv b+ DI+ D+ G e+ h---- r+++ y++++
------END GEEK CODE BLOCK------

Avec les artefacts numériques des débuts du web qui s'effacent petit à petit, entre les pages Geocities, les compteurs de visites et les MIDI qui jouaient en boucle, le Geek Code reste donc un vestige d'une époque où se revendiquer geek, c'était un acte de résistance et pas un mot-clé sur un profil LinkedIn.

Et je trouve ça dommage que ça se perde tout doucement... Le Geek Code mériterait bien un petit refresh en terme de paramètres pour le rendre actuel et des outils plus récents pour l'encoder / décoder.

Edit : Je viens de trouver une nouvelle version mais aucune idée de ce que ça vaut ...

Après, si ça vous tente de décoder le vôtre ou d'en générer un, il existe encore des encodeurs / décodeurs en ligne et, si vous êtes curieux de savoir à quoi ressemblaient les émissions qui ont forgé cette culture geek , y'a de quoi nourrir la nostalgie ici.

Amusez-vous bien et merci à Alex pour le partage !

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