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Ubuntu 26.04 « Resolute Raccoon » : après la mascotte, le fond d’écran officiel se dévoile

Il y a quelques jours, Canonical dévoilait la mascotte officielle d’Ubuntu 26.04 LTS « Resolute Raccoon », un raton laveur au design géométrique minimaliste. La suite logique vient d’arriver : l’entreprise a maintenant dévoilé le fond d’écran par défaut qui accompagnera la prochaine version LTS de la distribution lors de sa sortie le 23 avril … Lire la suite

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Comment vérifier si un processus est légitime ou malveillant sous Windows 11/10

Un processus inconnu dans le Gestionnaire des tâches, un nom étrange, une forte utilisation CPU ou une activité réseau inhabituelle peuvent susciter des inquiétudes.

Sous Windows 11/10, des dizaines de processus légitimes s’exécutent en arrière-plan. Mais un malware peut se dissimuler derrière un nom trompeur pour passer inaperçu.

Pour déterminer si un processus est légitime ou malveillant, il faut analyser plusieurs éléments : son emplacement, sa signature numérique, son comportement, sa persistance et son éventuelle détection par des antivirus.

Ce guide vous donne une méthode claire pour vérifier un processus suspect sans supprimer par erreur un composant système légitime.

👉En parallèle ; si vous suspectez une infection globale, consultez ce guide : Comment savoir si votre PC est infecté par un virus sous Windows 11/10 ?

Comment identifier un processus suspect sous Windows 11/10

Un virus ou un autre logiciel malveillant s’exécute généralement sous la forme d’un processus actif en arrière-plan. Examiner les processus en cours d’exécution sous Windows 11/10 est donc une étape essentielle pour déterminer si votre PC est infecté.

L’objectif est d’identifier un programme inhabituel, mal nommé ou incohérent avec votre utilisation.

Examiner les processus avec le Gestionnaire des tâches

Pour afficher les processus actifs :

  • Ouvrez le gestionnaire de tâches par un clic droit sur le menu Démarrer ou utilisez le raccourci clavier + X
  • Puis Gestionnaire des tâches. Vous pouvez aussi utiliser le raccourci clavier CTRL+MAJ+ESC
  • Ouvrez l’onglet Processus
  • Cliquez sur Plus de détails si nécessaire

Vérifiez :

  • Les programmes que vous ne reconnaissez pas
  • Une utilisation CPU ou disque anormalement élevée
  • Un nom étrange ou mal orthographié

Un processus consommant beaucoup de ressources alors que vous n’utilisez aucun logiciel lourd peut être suspect.

Malware : vérifier la présence de processus suspects en cours d’exécution dans Windows

Identifier le processus exact (onglet Détails)

Pour une analyse plus précise :

  • Ouvrez l’onglet Détails
  • Notez le nom exact du processus
  • Vérifiez le PID si nécessaire

Les malwares utilisent parfois un nom proche d’un processus système légitime (ex : svch0st.exe au lieu de svchost.exe).

Vérifier l’emplacement du fichier

Pour contrôler où se trouve le programme :

  • Faites un clic droit sur le processus
  • Cliquez sur Ouvrir l’emplacement du fichier

Un fichier situé dans :

  • C:\Windows\System32
  • C:\Program Files

est généralement légitime.

En revanche, un exécutable placé dans :

  • AppData
  • Temp
  • Un dossier au nom aléatoire

mérite une analyse approfondie.

Vérifier la signature numérique d'un processus dans Windows

Vérifier la signature numérique

Pour savoir si un fichier est signé :

  • Faites un clic droit sur le fichier
  • Cliquez sur Propriétés
  • Ouvrez l’onglet Signatures numériques

Une signature valide provenant de Microsoft ou d’un éditeur reconnu est rassurante.
L’absence de signature n’est pas forcément malveillante, mais elle doit inciter à la prudence.

👉Signature numérique des fichiers sur Windows et sécurité

Vérifier la signature numérique d'un processus dans Windows

Analyser un processus suspect avec VirusTotal

Si un processus vous semble suspect (nom inhabituel, forte utilisation CPU, comportement étrange), vous pouvez analyser son fichier exécutable avec VirusTotal, un service en ligne qui vérifie un fichier à l’aide de dizaines de moteurs antivirus.

Pour analyser un processus :

  • Faites un clic droit sur le processus dans le Gestionnaire des tâches
  • Cliquez sur Ouvrir l’emplacement du fichier
  • Copiez le fichier exécutable
  • Téléversez-le sur VirusTotal

VirusTotal affiche un résultat du type :

0/70 → Aucun moteur ne détecte le fichier
5/70 → 5 moteurs signalent un problème

Plus le nombre de détections est élevé, plus le risque est important.

Attention : une ou deux détections isolées peuvent correspondre à des faux positifs. Il est important d’interpréter le score avec prudence.

Pour un guide détaillé expliquant :

  • Comment utiliser VirusTotal
  • Comment interpréter les résultats
  • Comment analyser un hash au lieu d’un fichier
  • Comment vérifier une URL suspecte

👉Consultez le guide complet : VirusTotal : analyser et scanner des fichiers avec plusieurs antivirus

Analyser automatiquement les processus avec VirusTotal via Process Explorer

Plutôt que de vérifier manuellement chaque fichier suspect, vous pouvez utiliser Process Explorer (outil Microsoft Sysinternals) pour analyser automatiquement les processus actifs via VirusTotal.

Process Explorer est un gestionnaire des tâches avancé qui permet notamment :

  • D’afficher l’arborescence complète des processus
  • De vérifier les signatures numériques
  • D’analyser automatiquement les exécutables en ligne

Pour l’utiliser :

  • Téléchargez et lancez Process Explorer :
  • Cliquez sur Options
  • Activez Check VirusTotal.com
  • Acceptez les conditions d’utilisation

Une nouvelle colonne VirusTotal apparaît alors avec un score du type 0/75.

Ce score indique :

  • Le nombre de moteurs antivirus ayant détecté le fichier
  • Le nombre total de moteurs utilisés

Un résultat 0/75 est généralement rassurant.
Un score élevé (par exemple 10/75 ou plus) doit attirer votre attention.

👉Pour un guide détaillé d’utilisation, consultez : Process Explorer : gestionnaire des tâches avancé

Comment vérifier si ordinateur a été hacké ou piraté avec Process Explorer

Vérifier la persistance d’un processus suspect

Un processus malveillant ne se contente pas d’être actif.
Il tente généralement de se relancer automatiquement après un redémarrage.

Si vous suspectez un processus précis, vous devez vérifier s’il est configuré pour démarrer automatiquement.

Vérifier si le processus est présent au démarrage

  • Ouvrez le Gestionnaire des tâches
  • Cliquez sur l’onglet Démarrage
  • Recherchez le nom exact du processus suspect

S’il apparaît dans la liste avec un statut Activé, cela peut indiquer une tentative de persistance.

Vérifier les tâches planifiées liées au processus

  • Appuyez sur Windows + R
  • Tapez taskschd.msc
  • Recherchez une tâche qui lance le même fichier exécutable

Ouvrez la tâche et vérifiez le chemin du programme exécuté.

Si la tâche lance précisément le fichier suspect, cela confirme une persistance programmée.

Examiner les tâches planifiées à la recherche de malware

Vérifier s’il est installé comme service

  • Appuyez sur Windows + R
  • Tapez msconfig
  • Allez dans l’onglet Services
  • Cochez « Masquer tous les services Microsoft« 
  • Vérifier si un service inconnu ou suspicieux est présent
Afficher les services non Microsoft dans msconfig de Windows

Analyser un processus avec Process Explorer et Autoruns

Le Gestionnaire des tâches de Windows 11/10 permet une première analyse, mais il reste limité. Pour examiner en profondeur un processus suspect ou détecter une persistance cachée, il est recommandé d’utiliser des outils avancés de Microsoft Sysinternals.

Deux outils sont particulièrement utiles : Process Explorer et Autoruns.

Analyser un processus en détail avec Process Explorer

Process Explorer est un gestionnaire des tâches avancé qui fournit beaucoup plus d’informations que l’outil intégré à Windows.

Il permet notamment de :

  • Voir l’arborescence complète des processus
  • Identifier le processus parent
  • Vérifier la signature numérique en temps réel
  • Consulter les DLL chargées
  • Interroger automatiquement VirusTotal

Pour l’utiliser :

  • Téléchargez et lancez Process Explorer
  • Recherchez le processus suspect
  • Vérifiez la colonne Verified Signer
  • Activez l’option Check VirusTotal.com dans le menu Options

Un processus non signé, situé dans un dossier inhabituel et signalé par VirusTotal mérite une analyse approfondie.

👉Guide détaillé : Process Explorer : gestionnaire des tâches avancé

Détecter la persistance avec Autoruns

Si vous suspectez qu’un processus malveillant se relance automatiquement, Autoruns est l’outil le plus complet pour analyser les mécanismes de démarrage.

Il affiche :

  • Les programmes au démarrage
  • Les services
  • Les tâches planifiées
  • Les pilotes
  • Les extensions navigateur
  • Les clés de registre liées au lancement automatique

Autoruns permet d’identifier des éléments que le Gestionnaire des tâches ne montre pas.

Pour analyser :

  • Lancez Autoruns
  • Recherchez le nom du processus suspect
  • Vérifiez le chemin du fichier
  • Contrôlez la signature numérique

Un élément au nom étrange, non signé et situé dans AppData ou Temp doit être examiné avec prudence.

👉Guide détaillé :Autoruns : analyser et désactiver les programmes au démarrage de Windows

Quand faut-il réellement s’inquiéter ?

Un processus inconnu ne signifie pas automatiquement qu’il est malveillant. Windows 11/10 exécute de nombreux services en arrière-plan, dont certains portent des noms peu explicites. Il est donc important de ne pas paniquer au premier doute.

En revanche, certains signaux doivent réellement vous alerter, surtout lorsqu’ils se cumulent.

Combinaison de plusieurs indicateurs suspects

Vous devez commencer à vous inquiéter si le processus présente plusieurs des caractéristiques suivantes :

IndicateurNiveau d’alerte
Nom proche systèmeÉlevé
Absence signatureMoyen
Dossier TempÉlevé
Score VirusTotal élevéCritique
Persistance automatiqueCritique

Un seul critère isolé ne suffit généralement pas. C’est la combinaison de plusieurs éléments qui doit attirer votre attention.

Le processus réapparaît après suppression

Si vous tentez de :

  • Terminer le processus
  • Supprimer le fichier
  • Désactiver son démarrage

et qu’il réapparaît automatiquement, cela peut indiquer :

  • Une persistance installée (tâche planifiée, service, clé registre)
  • Une infection plus avancée
  • Un malware actif en mémoire

Dans ce cas, une analyse plus poussée est nécessaire.

Modifications système associées

Un processus devient particulièrement suspect s’il s’accompagne de :

  • Désactivation de l’antivirus
  • Modification des paramètres proxy
  • Ajout d’un compte administrateur
  • Redirections navigateur

Ces comportements sont plus caractéristiques d’un malware que d’un simple programme mal configuré.

Signes complémentaires d’infection

Vous devez également vous inquiéter si le processus suspect est lié à :

  • Des fichiers chiffrés (ransomware)
  • Une activité réseau constante au repos
  • L’impossibilité d’accéder à des sites de sécurité
  • Des messages d’erreur inhabituels au démarrage

Que faire si le processus est malveillant ?

Si vos vérifications confirment qu’un processus est réellement malveillant sous Windows 11/10, il est important d’agir avec méthode. Supprimer un fichier au hasard ou forcer l’arrêt d’un processus sans analyse peut rendre le système instable.

Voici les étapes à suivre.

Isoler temporairement le PC du réseau

Si le processus communique vers l’extérieur :

  • Déconnectez le Wi-Fi
  • Débranchez le câble Ethernet

Cela limite les communications avec un serveur distant (exfiltration de données, réception d’instructions).

Mettre fin au processus suspect

Dans un premier temps :

  • Ouvrez le Gestionnaire des tâches
  • Sélectionnez le processus
  • Cliquez sur Fin de tâche

Si le processus refuse de se fermer ou se relance immédiatement, cela peut indiquer une persistance active.

👉Vous pouvez tenter de supprimer le fichier en mode sans échec : comment démarrer Windows en mode sans échec

Supprimer le fichier malveillant

Après avoir arrêté le processus :

Ne supprimez jamais un fichier système sans certitude absolue. Vérifiez l’emplacement et la signature numérique.

Effectuer une analyse antivirus complète

Même si vous avez identifié le fichier, il est indispensable d’effectuer une analyse complète du système :

  • Lancez une analyse complète avec Microsoft Defender
  • Utilisez un outil de seconde opinion comme Malwarebytes

Cela permet de détecter :

  • D’autres composants liés
  • Une éventuelle persistance
  • Des modifications système associées

👉Le guide à suivre : Supprimer les virus et désinfecter son PC

Ressources utiles et articles liés

L’article Comment vérifier si un processus est légitime ou malveillant sous Windows 11/10 est apparu en premier sur malekal.com.

Pour les 30 ans de la saga, on ose classer les générations de Pokémon

Vous pensiez qu'on avait commis le pire des forfaits en classant les 20 jeux Zelda de la licence principale pour les 40 ans de la série ? Sachez qu'on est capable de bien pire que ça. En ce vendredi 27 février 2026, Pokémon, la licence la plus lucrative de la pop culture mondiale, célèbre déjà son 30e anniversaire. En attendant une dixième génération que l'on espère à la hauteur d'un héritage de plus en plus riche, nous nous sommes donc permis un crime de lèse-Pikachu : on a classé les neuf générations, de la première parue il y a 30 ans à la toute dernière, et on n'a aucun doute sur le fait que ça ne vous plaira absolument pas. Mais Pokémon c'est une histoire de choix avant toute chose, et choisir c'est renoncer.

Shells Unix - 5 redirections que vous copiez sans comprendre

2>&1, >, >>, 2>/dev/null... Si ces symboles dans votre terminal Linux ou macOS vous font autant flipper qu'un regex, respirez un grand coup ! Quand vous aurez lu cet article, vous verrez qu'en fait c'est super simple à comprendre, et en 5 minutes vous saurez enfin ce que vous copiez-collez depuis des années depuis StackOverflow.

En fait, dans les shells Unix (bash, zsh, etc.), y'a 3 canaux de base : stdin (entrée, numéro 0), stdout (sortie normale, numéro 1) et stderr (les erreurs, numéro 2). Tout le reste, de > à 2>/dev/null, découle de ces 3 numéros.

> - Écrire dans un fichier (et tout écraser)

echo "Salut" > fichier.txt

Ça redirige stdout vers fichier.txt. Si le fichier existe déjà... c'est mort, il est écrasé sans sommation. Du coup, faites gaffe avec vos logs, une commande mal placée et ce sont des heures de données qui disparaissent.

D'ailleurs, si vous êtes du genre parano (et oui, vous avez raison !), set -o noclobber dans votre .bashrc empêchera > d'écraser un fichier existant lors d'une commande tapée à la main. Pour y arriver, il faudra utiliser >| pour forcer.

>> - Ajouter à la suite

echo "Ligne 2" >> fichier.txt

Même principe que >, sauf que ça ajoute à la fin au lieu d'écraser. C'est ce que vous voulez 99% du temps pour des logs (sauf si vous voulez repartir de zéro, là > fait le job). Une lettre de différence entre "tout va bien" et "où sont passés mes logs, boudiouuu ???".

2> - Rediriger les erreurs

commande_foireuse 2> erreurs.log

Le 2 c'est stderr, en gros (y'a pas d'espace entre le 2 et le >, sinon bash croit que 2 est un argument). Tout ce qui sort en erreur finit dans erreurs.log au lieu de polluer votre terminal. Perso, je trouve ça super pratique pour garder une trace propre quand vous lancez des scripts via crontab -e.

Et 2>> existe aussi, pour cumuler les erreurs au fil du temps au lieu d'écraser le fichier à chaque exécution.

2>&1 - Fusionner erreurs et sortie normale

commande > output.log 2>&1

Le fameux ! Le &1 dit à bash "le 1 c'est un file descriptor, pas un fichier qui s'appelle littéralement 1". Du coup stderr (2) est redirigé vers le même endroit que stdout (1), ou plutôt vers là où stdout pointe au moment où bash évalue la ligne. Ça va, vous suivez toujours ? ^^

Attention, l'ordre compte ! Bash lit les redirections de gauche à droite. > output.log 2>&1, stdout pointe vers le fichier, puis stderr suit... tout va dans le fichier. 2>&1 > output.log, stderr copie stdout qui pointe ENCORE vers le terminal, puis stdout est redirigé vers le fichier. Résultat, les erreurs restent dans votre terminal. Le piège classique.

Et &> fait la même chose en plus court :

commande &> output.log

&> est super pratique, mais spécifique à bash / zsh donc pour la portabilité, préférez quand même > fichier 2>&1.

2>/dev/null - Le trou noir

find / -name "*.conf" 2>/dev/null

/dev/null, c'est le trou noir d'Unix. Tout ce que vous envoyez là-dedans disparaît. Super pratique avec find qui vous crache 200 "Permission denied" pour un seul résultat utile.

Et si vous voulez TOUT faire disparaître (stdout + stderr) ? Un petit &>/dev/null et c'est réglé. Pratique dans vos scripts /etc/cron.d/ quand vous voulez zéro bruit (bon, j'exagère un chouïa, je sais...).

Si vous aimez les raccourcis bash , j'ai aussi ce qu'il faut.

Bref, voilà ce sont juste 5 opérateurs à retenir, et avec ça vous couvrez à peu près tout. Donc la prochaine fois que vous copierez un 2>&1, au moins vous saurez pourquoi.

Source d'inspiration

sudo-rs - 40 ans de silence cassés par des astérisques

Si vous utilisez Ubuntu 26.04, vous avez peut-être remarqué un truc bizarre dernièrement en tapant votre mot de passe sudo... Ouiiiiii, y'a des petites étoiles qui apparaissent !! Pas de panique, c'est "normal". Enfin, c'est nouveau...

En effet, sudo-rs, la réécriture en Rust de la bonne vieille commande sudo, a décidé d'activer pwfeedback par défaut. En gros, quand vous faites un sudo apt install bidule, au lieu du trou noir habituel, vous voyez maintenant des ***** défiler pendant la saisie du mot de passe. C'est un changement qui casse une convention vieille de 40 ans... et ça, forcément, ça fait du bruit !

Pour rappel, Ubuntu a basculé sur sudo-rs (le remplaçant en Rust du bon vieux sudo en C) depuis la version 25.10. Ça fait partie du même mouvement de réécriture des outils système en Rust, comme les coreutils dont je vous avais parlé. Et la 26.04 vient de "cherry-picker" comme on dit, un patch upstream qui active le feedback visuel par défaut.

Un bug report sur Launchpad ( #2142721 ) est bien sûr arrivé direct, en mode vénère genre "*ÇA FAIT DES DÉCENNIES qu'on n'affiche pas la longueur du mot de passe pour empêcher le shoulder surfing ! C'est quoi ce bordel !!?? *"

Et la réponse des devs : Won't Fix. Circulez les relous !

En fait, leur argument c'est que le bénéfice sécurité est "infinitésimal". Parce que bon, votre mot de passe sudo c'est le même que celui de votre session (celui que vous tapez à l'écran de login, devant tout le monde). Et le bruit des touches trahit déjà la longueur de toute façon. Du coup, ils ont préféré régler le problème UX qui paume les débutants depuis le début des années 80.

D'ailleurs, en 2013 je vous expliquais comment activer ces étoiles manuellement avec sudo visudo (ça date de fou !!) et maintenant c'est l'inverse, faut expliquer comment les virer ! Linux Mint avait d'ailleurs déjà sauté le pas de son côté depuis un moment.

Perso, le truc qui me gonfle c'est pour les tutos vidéo. Quand vous faites un screencast, les astérisques révèlent la longueur de votre mot de passe à tous vos spectateurs. Du coup faut aller reparamétrer chaque machine avant de filmer ou faire du masquage en post prod. C'est pas la fin du monde, mais bon, la flemme...

Alors pour désactiver ces jolies zétoiles :

sudo visudo

Et ajoutez cette ligne à la fin de /etc/sudoers :

Defaults !pwfeedback

Sauvegardez (Ctrl+X sous nano), et c'est réglé. Attention, ne touchez à rien d'autre dans ce fichier, une erreur de typo et sudo ne marchera plus. Grâce à cette manip, ce sera retour au trou noir ! Youpi !

Source

AirSnitch - L'isolation client WiFi ne vous protège pas

Bon, vous connaissez la théorie du travailleur nomade... vous vous posez dans un café avec votre laptop, vous chopez du WiFi gratuit, et vous vous dites que l'isolation client du routeur vous protègera des autres branquignols connectés au même réseau.

Hé ben non ! Car des chercheurs viennent de démontrer que cette protection, c'était du vent... Oui oui, tous les routeurs qu'ils ont testés se sont fait contourner en 2 secondes.

Mais avant, pour ceux qui se demandent ce que c'est, l'isolation client c'est une option que les admins réseau activent sur les bornes WiFi pour empêcher les appareils connectés de communiquer entre eux. En gros, votre laptop ne peut pas voir celui du voisin. Enfin... ça c'est en théorie.

Parce qu'en fait, le truc c'est que cette fonctionnalité n'est même pas définie dans le standard WiFi (IEEE 802.11) ce qui oblige chaque fabricant à faire sa propre tambouille dans son coin, et du coup ça fuit de partout.

L'équipe derrière cette trouvaille, c'est des chercheurs de l'UC Riverside et de KU Leuven, dont Mathy Vanhoef, le même gars qui avait déjà mis le WPA2 à genoux avec KRACK en 2017. Pas un amateur, quoi et leur outil, baptisé AirSnitch, vient d'être présenté à la conférence NDSS 2026 .

Ils ont ainsi trouvé 3 méthodes différentes pour contourner la protection d'isolation. La première abuse de la clé de groupe (GTK), normalement réservée au broadcast, pour envoyer du trafic directement à un appareil ciblé. Le pire, c'est que macOS, iOS et Android acceptent ce trafic sans broncher (merci les gars !).

La seconde fait rebondir les paquets via la passerelle, et la troisième vole carrément l'adresse MAC de la victime sur un autre point d'accès pour intercepter son trafic.

Brrrrrr.... 11 routeurs testés, du Netgear R8000 au Cisco Catalyst 9130 en passant par TP-Link, ASUS, Ubiquiti et même OpenWrt 24.10. Et ils sont TOUS vulnérables, sans exception ! Et que vous soyez en WPA2 ou en WPA3, réseau perso ou entreprise, c'est pareil. Donc autant vous dire que ça pue !

Ils ont même réussi à effectuer un Man-in-the-Middle complet (interception de tout le trafic entre vous et Internet) en 2 secondes chrono. La "victime" qui regardait YouTube n'a même pas remarqué de lag et c'est comme ça qu'ils on pu intercepter tout son trafic, ni vu ni connu.

Alors du coup, on fait quoi ? Hé bien si vous gérez un réseau, oubliez l'isolation client toute seule et passez aux VLANs avec un VLAN par client. Oui c'est lourdingue à mettre en place, mais c'est le prix à payer pour avoir une sécurité solide. Certains constructeurs bossent aussi sur des clés de groupe individuelles par client, ce qui règlerait le problème à la source.

Côté utilisateur, la solution est plus simple... VPN !! Attention, ça ne marche que si le VPN est activé AVANT de vous connecter au réseau, pas après. HTTPS vous protège déjà pour le contenu des sites, mais selon Google, 6 à 20% des pages ne sont toujours pas en HTTPS... et même quand elles le sont, l'attaquant voit quand même où vous surfez et peut tenter du DNS spoofing. Donc sur n'importe quel réseau WiFi public , partez du principe que quelqu'un peut voir votre trafic, parce que visiblement c'est le cas.

Le code source d' AirSnitch est dispo sur GitHub si vous voulez tester votre propre config mais notez que ça nécessitera une carte WiFi compatible avec le mode monitor comme les Alfa (lien affilié), donc pas celle de votre laptop de base.

Bref, la prochaine fois que le WiFi de l'hôtel vous demande d'accepter les CGU en échange d'un accès "sécurisé"... ben gardez votre VPN allumé, hein.

Source

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