CKOIKIDI 105 : Résumé du live Actus du libre aout 2026
Salut à toutes,
On se retrouve pour le débriefing complet de ce CKOIKIDI #105 du mardi 1er septembre 2026. Au sommaire, le résumé des actualités du libre du mois d'aout, qui a été intéressant. On a 11 actus à traiter, entre souveraineté, distributions. alors c'est parti !
Le live a eu exceptionnellement lieu ce mardi 1er septembre 2026 ... j'ai dû décaler l'émission d'un jour car je mixe demain soir au 888 bar à Dijon, mais pas question de louper notre rendez-vous mensuel !
1. Linux Mint épurera les anciens noyaux !
On commence avec une annonce de Clem Lefèvre sur le blog officiel de Linux Mint. De nouvelles images ISO de Linux Mint 22.3 sont proposées avec le noyau 7.0 HWE pour supporter le matériel le plus récent de 2026.
Aussi, l'équipe a totalement revu la gestion des noyaux dans le système d'administration pour la basculer hors du gestionnaire de mises à jour. Ce nouvel outil graphique est entièrement compatible avec la version classique basée sur Ubuntu, mais aussi avec la version LMDE (Linux Mint Debian Edition), ce qui est un excellent signal. Désormais, l'utilitaire ne raisonne plus par noyau individuel mais par série de noyaux (comme la branche 6.8 ou la 7.0 LTS). Surtout, il va enfin permettre d'épurer automatiquement les vieux noyaux inutilisés qui s'accumulent au fil des ans sur Ubuntu. J'ai fait le test en direct sur ma propre machine virtuelle et, faute de nettoyage, j'avais accumulé près de 1,7 Go de vieux fichiers encombrants dans le dossier /boot !
En plus de libérer de la place sur vos disques, cela évitera à des logiciels comme VirtualBox de recompiler inutilement des modules pour toutes ces versions de noyaux différentes à chaque mise à jour ! Vous pourrez également "verrouiller" graphiquement un noyau spécifique (par exemple si votre pilote Nvidia fonctionne parfaitement dessus) pour empêcher sa suppression future.
À mon avis, cet alignement des fonctionnalités de LMDE sur la version classique montre que l'équipe prépare peut-être, à terme, un divorce définitif avec Canonical pour se reposer entièrement sur une base Debian plus saine, légère et garantie sans paquets Snaps, qui sait !
Source : https://blog.linuxmint.com/?p=5050
2. Manjaro 26.1.0 "Bian May" : La rolling release rafraîchit ses ISO
On enchaîne avec la sortie de Manjaro 26.1.0, baptisée "Bian May" le 12 août dernier. Pour rappel, Manjaro est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, ce qui signifie qu'on l'installe une seule fois et qu'elle se met à jour en continu. Cependant, pour éviter aux nouveaux utilisateurs de se taper un téléchargement de 3 Go de mises à jour juste après l'installation par exemple, l'équipe publie régulièrement des images ISO de rafraîchissement. Cette version 26.1 apporte l'intégration de Gnome 50 avec ses options de contrôle parental, de lecture d'écran améliorée et de restriction horaire. On y retrouve également KDE Plasma 6.7 avec la bascule automatique entre thèmes sombres et clairs, ainsi que Xfce 4.20.
Par défaut, l'ISO embarque le noyau Linux 7.1, mais un gestionnaire dédié vous permet de choisir facilement sur quelle branche vous souhaitez rester (comme la 6.18 LTS ou la 6.12 LTS).
C'est une distribution que j'aime beaucoup et que je fais tourner en machine virtuelle depuis des années pour voir son comportement sur le long terme.
Attention tout de même avec le modèle rolling release sur des machines de production, car une mise à jour majeure de pilote graphique (comme Nvidia) peut parfois casser le système sur du vieux matériel.
Lors du live, on a constaté avec des échanges dans le chat que l'image officielle pour Raspberry Pi n'a pas été mise à jour depuis 2024, ce qui est bien dommage !
Source : https://forum.manjaro.org/t/manjaro-26-1-bian-may-released/189526
3. Ubuntu 26.04.1 LTS : Première mise à jour et blocage de migration
Troisième sujet de notre liste : la publication d'Ubuntu 26.04.1 LTS, la première "point release" de la version sortie en avril dernier. Ce genre de version intermédiaire sert de gros "service pack" en regroupant tous les correctifs de sécurité directement dans une nouvelle image d'installation. Elle n'apporte aucune fonctionnalité révolutionnaire, si ce n'est une option pour désactiver le code PIN lors du chiffrement par puce TPM (bien que la documentation déconseille de le faire pour des raisons évidentes de sécurité). Dans la théorie, la sortie de cette point 1 ouvre officiellement la voie à la mise à niveau automatique pour les utilisateurs de l'ancienne version LTS (la 24.04). Sauf qu'ils ont détecté des bugs bloquants de dernière minute et ont dû reporter la mise à niveau de quelques semaines.
Mon conseil est très simple : ne vous précipitez pas, car la version 24.04 LTS est supportée jusqu'en 2029 par défaut, et même jusqu'en 2034 avec un compte gratuit Ubuntu Pro. Prenez votre temps et attendez un petit mois que les plâtres soient essuyés avant de lancer la commande de migration.
Pour ma part, j'ai une machine virtuelle Ubuntu installée depuis 2019 que je mets à jour de version en version, et elle tourne aujourd'hui en 26.04.1 sans le moindre problème, c'est du costaud ! Elle a connu l'évolution des noyaux du 4.18 jusqu'au 7.0 actuel sans jamais broncher, ce qui prouve la robustesse du système au fil des ans !
Source : https://www.omgubuntu.co.uk/2026/08/ubuntu-26041-lts-point-release-download
4. Debian 11 "Bullseye" tire définitivement sa révérence
Toujours dans les distributions, je voulais faire un point rapide pour vous avertir que Debian 11, alias "Bullseye", est officiellement en fin de vie depuis le 31 août 2026. Sortie en 2021, cette version stable n'est plus du tout supportée par les équipes officielles de Debian. Contrairement à d'autres systèmes plus commerciaux, Debian ne vous affichera jamais de pop-up d'alerte sur votre écran pour vous dire qu'il est temps de mettre à niveau. Si vous gérez des serveurs ou des postes sous Debian 11, il est donc urgent de migrer vers Debian 12 ou de préparer le passage à la future Debian 13 (Trixie).
Pour rappel, Debian assure un support complet de 3 ans, suivi de 2 ans de support LTS classique géré par la communauté pour les paquets critiques comme SSH ou le noyau. Au-delà de ces 5 ans, il existe bien un support étendu appelé ELTS (Extended LTS) qui permet de pousser jusqu'à 10 ans de support, cependant, ce service est géré par une entreprise commerciale tierce, Freexian, et nécessite un abonnement payant ainsi qu'un changement des dépôts dans votre fichier sources.list ! C'est une solution très spécifique pour les entreprises industrielles ou les parcs de serveurs qui ont des contraintes de sécurité mais ne peuvent pas migrer pour des raisons applicatives complexes.
Pensez également à vérifier vos conteneurs Docker ou Podman, car beaucoup d'images minimales s'appuient encore sur des bases Debian 11 obsolètes sans que vous le sachiez !
Source : https://www.debian.org/releases/
5. Debian et le code généré par IA : Un vote pragmatique mais timide
On reste chez Debian avec un sujet brûlant qui a fait couler beaucoup d'encre : la politique d'acceptation du code généré par IA. Les contributeurs officiels du projet ont voté durant la seconde quinzaine d'août pour définir une ligne directrice claire concernant les LLM. Sur 1045 développeurs éligibles, seuls 425 ont voté, ce qui représente une participation timide de 40 % pendant les vacances d'été. C'est finalement l'option 5, prônant un "usage responsable de l'IA générative", qui a été adoptée. Concrètement, le projet Debian n'interdit ni n'encourage l'usage de ces outils, mais il responsabilise entièrement les développeurs. Le contributeur qui soumet un patch, est l'unique garant de la qualité du code, de sa correction et de sa conformité légale.
Envoyer du code généré à la volée par une IA sans aucune relecture humaine est strictement interdit et considéré comme incompatible avec l'éthique de Debian.
À mon avis, le projet botte un peu en touche avec cette décision en évitant de trancher de manière trop stricte. Cela pose pourtant de sérieuses questions de droit d'auteur, car on ne sait jamais vraiment si les modèles de langage n'ont pas été entraînés sur du code propriétaire ou sous licence incompatible. D'autres projets ont été bien plus radicaux : Gentoo et les systèmes BSD (NetBSD, OpenBSD) ont tout simplement banni les contributions écrites par IA. De l'autre côté, sur le noyau Linux, l'IA est tolérée à condition d'ajouter la mention "assisted-by" avec le nom du modèle utilisé (comme Claude ou Copilot).
Source : https://lists.debian.org/debian-vote/2026/08/msg00360.html
6. LibreOffice 26.8 : "No Artificial Intelligence" par philosophie
Toujours concernant l'IA, mais avec une philosophie radicalement différente, parlons de la sortie de LibreOffice 26.8 en août dernier. Pour rappel, la suite bureautique utilise désormais une numérotation basée sur l'année et le mois de sortie. Cette version a mobilisé 206 contributeurs, dont 155 bénévoles passionnés, ce qui prouve la vitalité incroyable de ce projet libre. La Document Foundation a choisi de marquer sa différence en affichant un slogan très fort : "No Artificial Intelligence" (Pas d'intelligence artificielle). C'est une décision délibérée pour garantir que vos documents confidentiels et vos données privées ne soient jamais envoyés vers des serveurs cloud tiers pour traitement. Tout fonctionne à 100 % en local sur votre machine, sans télémétrie, sans abonnement caché et sans publicité.
Côté fonctionnalités, on note des améliorations sympas comme le "paragraph composer" dans Writer, un algorithme qui gère l'espacement des mots à l'échelle d'un paragraphe complet et non plus ligne par ligne pour un rendu beaucoup plus esthétique. Le logiciel gère également mieux le texte bidirectionnel, parfait pour insérer des expressions en arabe au milieu d'un texte écrit de gauche à droite. Calc améliore aussi ses tableaux croisés dynamiques, et l'interface globale en mode ruban a profité d'un léger rafraîchissement visuel.
J'utilise LibreOffice au quotidien depuis ses débuts en 2011 pour mes cours, ma comptabilité et mes écrits, et je salue chaleureusement cette posture souveraine. Je vous conseille d'ailleurs d'abandonner définitivement le vieux projet Apache Open Office, qui est truffé de bugs de perte de données non corrigés, et de faire un petit don à la Document Foundation pour soutenir leur travail si vous l'utilisez.
Source : https://blog.documentfoundation.org/blog/2026/08/26/libreoffice-26-8/
7. KDE Plasma : Le grand retour des versions LTS sur 3 ans
Du côté environnement de bureau, KDE Plasma annonce une excellente nouvelle avec le retour officiel des versions LTS (Long Term Support) !
Pour l'historique, la version 5 de KDE proposait des versions à support long (comme la 5.27) maintenues pendant deux ans, ce qui était parfait pour des distributions stables comme Debian. Mais avec le passage à la version 6, ils avaient arrêté ce système pour sortir une mise à jour tous les 4 mois. Plasma 6.6 signe donc le grand retour de la stabilité avec un support garanti pour une durée de 3 ans, soit jusqu'en août 2029. Ce travail a été rendu possible grâce à un partenariat avec les équipes de Kubuntu. Autre point crucial : la future version Plasma 6.8 abandonnera complètement X11 pour devenir 100 % Wayland par défaut. Proposer la version 6.6 en LTS permet donc aux distributions de prendre leur temps pour stabiliser la transition vers Wayland tout en profitant des correctifs de bugs critiques sur l'ancienne base.
À mon avis, c'est une décision d'une grande sagesse pour certains cas d'usage. J'utilise personnellement Wayland sur ma Fedora depuis 2023 et j'en suis ravi, mais je sais que cela pose encore des soucis à certains pour la capture d'écran, les outils d'accès distant ou le multi-GPU.
Lors du live, a été invoqué le forkd e KDE Plasma 6 qui vise a continuer le support de X11 "Sonic DE". Ne perdez pas votre temps avec ces forks obscurs, le sens de l'histoire, c'est de contribuer directement aux projets officiels pour les faire avancer.
Source : https://community.kde.org/Schedules/Plasma_6
8. Le Noyau Linux 7.2 fête ses 35 ans en faisant le ménage
Parlons maintenant du cœur de nos systèmes avec la sortie, mi-août, du noyau Linux 7.2, qui coïncide avec les 35 ans d'existence du projet. Cette version a mobilisé plus de 2100 contributeurs individuels ! Petite statistique rigolote : 5 % des modifications intégrées portent la mention "assisted-by", indiquant que les développeurs ont utilisé une IA (comme GitHub Copilot ou Claude) pour s'aider à écrire leur code. Du moment que le code est relu et validé par des humains, je n'y vois aucun inconvénient. Côté technique, la grande nouveauté est l'arrivée d'un nouvel ordonnanceur (scheduler) sensible au cache CPU. Il est capable de comprendre quand des processus légers partagent les mêmes données pour les maintenir sur des cœurs de CPU physiques proches, boostant ainsi les performances globales. Le noyau améliore également la gestion de la mémoire pour éviter les crashs de type OOM (Out Of Memory) et accélère les écritures sur EXT4, BTRFS et exFAT. Pour les fans de matériel Apple, le noyau 7.2 permet désormais de démarrer (uniquement en console pour l'instant) sur les puces Apple M3. C'est un pas formidable contre l'obsolescence programmée, car on pourra continuer de faire vivre ces machines de luxe sous Linux bien après l'arrêt du support d'Apple !
Enfin, un nouvel ordonnanceur GPU pour les cartes graphiques AMD a dû être repoussé à la version 7.3 en raison de régressions constatées lors des tests de performance.
Source : https://linux.developpez.com/actu/386186/Le-noyau-Linux-7-2-est-publie-avec-une-planification-tenant-compte-du-cache-des-ameliorations-d-ext4-et-de-nombreux-pilotes-materiels-pour-ordinateurs-portables-et-peripheriques/
9. Pas de vérification d'âge pour l'Open Source en Californie
C'est une victoire juridique majeure pour la communauté OpenSource : la Californie a fait marche arrière sur sa loi de vérification de l'âge (projet AB 1856). Pour rappel, un précédent projet de loi (AB 1043) voulait obliger les systèmes d'exploitation à collecter l'âge ou la date de naissance des utilisateurs pour restreindre l'accès à certaines applications. Cela avait même poussé les développeurs de systemd à intégrer un champ "birth date" facultatif dans les profils système. Mais pour le logiciel libre, cette loi était une menace car il est techniquement impossible d'imposer des restrictions d'usage sur un code source ouvert et librement modifiable. Heureusement, les législateurs californiens ont voté à l'unanimité (39 voix contre 0) une dérogation qui exclut explicitement Linux et les licences libres de cette réglementation. Toute entité distribuant un système sous une licence GPL, MIT ou BSD permettant la copie, la modification et la redistribution est désormais exemptée de ces obligations de contrôle.
À mon avis, c'est un énorme soulagement car l'application stricte d'une telle loi aurait été inapplicable pour nos distributions. Si le code est ouvert, n'importe quel utilisateur un peu malin aurait pu supprimer le module de contrôle d'âge de son système et le recompiler en deux clics. En revanche, les systèmes propriétaires comme Windows, macOS ou Android restent soumis à la loi à partir du 1er janvier 2027. Le cas de SteamOS reste flou, mais Valve choisira probablement d'intégrer la vérification directement dans sa boutique de jeux Steam plutôt que de toucher à la couche OS basée sur Arch Linux.
Source : https://elsolitario.org/en/2026/08/30/ab-1856-california-linux-age-verification/
10. Souveraineté : L'Allemagne investit 500 000 € dans Flatpak
Passons au chapitre souveraineté. Un autre dossier qui montre l'accélération de l'Europe vers la souveraineté numérique : l'Allemagne vient d'investir un peu plus de 500 000 € dans le projet Flatpak. Cet investissement, porté par l'agence Sovereign Tech Fund, va s'étaler sur deux ans et servira à recruter des développeurs pour combler les lacunes de sécurité du projet. Actuellement, le système de bac à sable (sandboxing) de Flatpak manque de granularité au niveau des permissions d'accès au matériel. Par exemple, si une application demande l'accès au son, elle obtient à la fois l'autorisation d'utiliser les haut-parleurs et le microphone. L'Allemagne souhaite financer des développements pour isoler strictement ces autorisations afin d'éviter qu'une application malveillante puisse vous écouter à votre insu.
Je trouve cette initiative absolument fantastique car tout le monde en bénéficiera, quelle que soit sa distribution Linux de prédilection. Cela montre que l'Allemagne prépare possiblement le terrain pour remplacer Windows par une base Linux hautement sécurisée dans ses administrations publiques.
Source : https://www.xda-developers.com/germany-invests-500000-in-flatpak-as-europe-takes-another-step-toward-digital-sovereignty/
11. Nextcloud validé par l'ANSSI : Le sésame de la sécurité française
On termine en beauté avec une excellente nouvelle pour la souveraineté numérique française : l'ANSSI a accordé sa certification de sécurité de premier niveau (CSPN) à Nextcloud. Cette certification concerne très spécifiquement le module "Nextcloud Files", c'est-à-dire la gestion et le stockage de vos fichiers en réseau. Les experts de l'ANSSI ont soumis la plateforme à des tests d'intrusion très poussés et n'ont trouvé aucune vulnérabilité exploitable. Cette validation institutionnelle est une étape majeure car elle lève les derniers doutes techniques pour l'adoption de Nextcloud dans nos administrations publiques. Elle permet également aux Opérateurs d'Importance Vitale (OIV) (comme les hôpitaux, les réseaux électriques, les transports ou les banques) de déployer l'outil en toute confiance. Cerise sur le gâteau, l'homologue allemand de l'ANSSI, le BSI, reconnaît désormais cette certification CSPN comme équivalente à sa propre norme BSZ. C'est une immense fierté de voir du logiciel libre français et européen validé au plus haut niveau de l'État pour remplacer des outils américains comme SharePoint.
En tant que professionnel du secteur, j'utilise Nextcloud au quotidien en perso comme au boulot, et ce "tampon" de sécurité vient confirmer tout le bien que je pense de cette solution. On montre enfin qu'avec du logiciel libre bien configuré, on peut s'affranchir des GAFAM tout en garantissant un niveau de sécurité élevé. Cette dynamique prouve que l'Europe a toutes les cartes en main pour réussir sa transition numérique de manière indépendante et sécurisée.
Source : https://goodtech.info/souverainete-numerique-le-sesame-de-lanssi-accorde-a-la-plateforme-nextcloud-en-france/
Merci à toutes et à tous d'avoir suivi ce débriefing de l'épisode 105 ! On se donne rendez-vous le mercredi 7 octobre pour le prochain live actu !
On se retrouve pour le débriefing complet de ce CKOIKIDI #105 du mardi 1er septembre 2026. Au sommaire, le résumé des actualités du libre du mois d'aout, qui a été intéressant. On a 11 actus à traiter, entre souveraineté, distributions. alors c'est parti !
Le live a eu exceptionnellement lieu ce mardi 1er septembre 2026 ... j'ai dû décaler l'émission d'un jour car je mixe demain soir au 888 bar à Dijon, mais pas question de louper notre rendez-vous mensuel !
1. Linux Mint épurera les anciens noyaux !
On commence avec une annonce de Clem Lefèvre sur le blog officiel de Linux Mint. De nouvelles images ISO de Linux Mint 22.3 sont proposées avec le noyau 7.0 HWE pour supporter le matériel le plus récent de 2026.
Aussi, l'équipe a totalement revu la gestion des noyaux dans le système d'administration pour la basculer hors du gestionnaire de mises à jour. Ce nouvel outil graphique est entièrement compatible avec la version classique basée sur Ubuntu, mais aussi avec la version LMDE (Linux Mint Debian Edition), ce qui est un excellent signal. Désormais, l'utilitaire ne raisonne plus par noyau individuel mais par série de noyaux (comme la branche 6.8 ou la 7.0 LTS). Surtout, il va enfin permettre d'épurer automatiquement les vieux noyaux inutilisés qui s'accumulent au fil des ans sur Ubuntu. J'ai fait le test en direct sur ma propre machine virtuelle et, faute de nettoyage, j'avais accumulé près de 1,7 Go de vieux fichiers encombrants dans le dossier /boot !
En plus de libérer de la place sur vos disques, cela évitera à des logiciels comme VirtualBox de recompiler inutilement des modules pour toutes ces versions de noyaux différentes à chaque mise à jour ! Vous pourrez également "verrouiller" graphiquement un noyau spécifique (par exemple si votre pilote Nvidia fonctionne parfaitement dessus) pour empêcher sa suppression future.
À mon avis, cet alignement des fonctionnalités de LMDE sur la version classique montre que l'équipe prépare peut-être, à terme, un divorce définitif avec Canonical pour se reposer entièrement sur une base Debian plus saine, légère et garantie sans paquets Snaps, qui sait !
Source : https://blog.linuxmint.com/?p=5050
2. Manjaro 26.1.0 "Bian May" : La rolling release rafraîchit ses ISO
On enchaîne avec la sortie de Manjaro 26.1.0, baptisée "Bian May" le 12 août dernier. Pour rappel, Manjaro est une distribution de type rolling release basée sur Arch Linux, ce qui signifie qu'on l'installe une seule fois et qu'elle se met à jour en continu. Cependant, pour éviter aux nouveaux utilisateurs de se taper un téléchargement de 3 Go de mises à jour juste après l'installation par exemple, l'équipe publie régulièrement des images ISO de rafraîchissement. Cette version 26.1 apporte l'intégration de Gnome 50 avec ses options de contrôle parental, de lecture d'écran améliorée et de restriction horaire. On y retrouve également KDE Plasma 6.7 avec la bascule automatique entre thèmes sombres et clairs, ainsi que Xfce 4.20.
Par défaut, l'ISO embarque le noyau Linux 7.1, mais un gestionnaire dédié vous permet de choisir facilement sur quelle branche vous souhaitez rester (comme la 6.18 LTS ou la 6.12 LTS).
C'est une distribution que j'aime beaucoup et que je fais tourner en machine virtuelle depuis des années pour voir son comportement sur le long terme.
Attention tout de même avec le modèle rolling release sur des machines de production, car une mise à jour majeure de pilote graphique (comme Nvidia) peut parfois casser le système sur du vieux matériel.
Lors du live, on a constaté avec des échanges dans le chat que l'image officielle pour Raspberry Pi n'a pas été mise à jour depuis 2024, ce qui est bien dommage !
Source : https://forum.manjaro.org/t/manjaro-26-1-bian-may-released/189526
3. Ubuntu 26.04.1 LTS : Première mise à jour et blocage de migration
Troisième sujet de notre liste : la publication d'Ubuntu 26.04.1 LTS, la première "point release" de la version sortie en avril dernier. Ce genre de version intermédiaire sert de gros "service pack" en regroupant tous les correctifs de sécurité directement dans une nouvelle image d'installation. Elle n'apporte aucune fonctionnalité révolutionnaire, si ce n'est une option pour désactiver le code PIN lors du chiffrement par puce TPM (bien que la documentation déconseille de le faire pour des raisons évidentes de sécurité). Dans la théorie, la sortie de cette point 1 ouvre officiellement la voie à la mise à niveau automatique pour les utilisateurs de l'ancienne version LTS (la 24.04). Sauf qu'ils ont détecté des bugs bloquants de dernière minute et ont dû reporter la mise à niveau de quelques semaines.
Mon conseil est très simple : ne vous précipitez pas, car la version 24.04 LTS est supportée jusqu'en 2029 par défaut, et même jusqu'en 2034 avec un compte gratuit Ubuntu Pro. Prenez votre temps et attendez un petit mois que les plâtres soient essuyés avant de lancer la commande de migration.
Pour ma part, j'ai une machine virtuelle Ubuntu installée depuis 2019 que je mets à jour de version en version, et elle tourne aujourd'hui en 26.04.1 sans le moindre problème, c'est du costaud ! Elle a connu l'évolution des noyaux du 4.18 jusqu'au 7.0 actuel sans jamais broncher, ce qui prouve la robustesse du système au fil des ans !
Source : https://www.omgubuntu.co.uk/2026/08/ubuntu-26041-lts-point-release-download
4. Debian 11 "Bullseye" tire définitivement sa révérence
Toujours dans les distributions, je voulais faire un point rapide pour vous avertir que Debian 11, alias "Bullseye", est officiellement en fin de vie depuis le 31 août 2026. Sortie en 2021, cette version stable n'est plus du tout supportée par les équipes officielles de Debian. Contrairement à d'autres systèmes plus commerciaux, Debian ne vous affichera jamais de pop-up d'alerte sur votre écran pour vous dire qu'il est temps de mettre à niveau. Si vous gérez des serveurs ou des postes sous Debian 11, il est donc urgent de migrer vers Debian 12 ou de préparer le passage à la future Debian 13 (Trixie).
Pour rappel, Debian assure un support complet de 3 ans, suivi de 2 ans de support LTS classique géré par la communauté pour les paquets critiques comme SSH ou le noyau. Au-delà de ces 5 ans, il existe bien un support étendu appelé ELTS (Extended LTS) qui permet de pousser jusqu'à 10 ans de support, cependant, ce service est géré par une entreprise commerciale tierce, Freexian, et nécessite un abonnement payant ainsi qu'un changement des dépôts dans votre fichier sources.list ! C'est une solution très spécifique pour les entreprises industrielles ou les parcs de serveurs qui ont des contraintes de sécurité mais ne peuvent pas migrer pour des raisons applicatives complexes.
Pensez également à vérifier vos conteneurs Docker ou Podman, car beaucoup d'images minimales s'appuient encore sur des bases Debian 11 obsolètes sans que vous le sachiez !
Source : https://www.debian.org/releases/
5. Debian et le code généré par IA : Un vote pragmatique mais timide
On reste chez Debian avec un sujet brûlant qui a fait couler beaucoup d'encre : la politique d'acceptation du code généré par IA. Les contributeurs officiels du projet ont voté durant la seconde quinzaine d'août pour définir une ligne directrice claire concernant les LLM. Sur 1045 développeurs éligibles, seuls 425 ont voté, ce qui représente une participation timide de 40 % pendant les vacances d'été. C'est finalement l'option 5, prônant un "usage responsable de l'IA générative", qui a été adoptée. Concrètement, le projet Debian n'interdit ni n'encourage l'usage de ces outils, mais il responsabilise entièrement les développeurs. Le contributeur qui soumet un patch, est l'unique garant de la qualité du code, de sa correction et de sa conformité légale.
Envoyer du code généré à la volée par une IA sans aucune relecture humaine est strictement interdit et considéré comme incompatible avec l'éthique de Debian.
À mon avis, le projet botte un peu en touche avec cette décision en évitant de trancher de manière trop stricte. Cela pose pourtant de sérieuses questions de droit d'auteur, car on ne sait jamais vraiment si les modèles de langage n'ont pas été entraînés sur du code propriétaire ou sous licence incompatible. D'autres projets ont été bien plus radicaux : Gentoo et les systèmes BSD (NetBSD, OpenBSD) ont tout simplement banni les contributions écrites par IA. De l'autre côté, sur le noyau Linux, l'IA est tolérée à condition d'ajouter la mention "assisted-by" avec le nom du modèle utilisé (comme Claude ou Copilot).
Source : https://lists.debian.org/debian-vote/2026/08/msg00360.html
6. LibreOffice 26.8 : "No Artificial Intelligence" par philosophie
Toujours concernant l'IA, mais avec une philosophie radicalement différente, parlons de la sortie de LibreOffice 26.8 en août dernier. Pour rappel, la suite bureautique utilise désormais une numérotation basée sur l'année et le mois de sortie. Cette version a mobilisé 206 contributeurs, dont 155 bénévoles passionnés, ce qui prouve la vitalité incroyable de ce projet libre. La Document Foundation a choisi de marquer sa différence en affichant un slogan très fort : "No Artificial Intelligence" (Pas d'intelligence artificielle). C'est une décision délibérée pour garantir que vos documents confidentiels et vos données privées ne soient jamais envoyés vers des serveurs cloud tiers pour traitement. Tout fonctionne à 100 % en local sur votre machine, sans télémétrie, sans abonnement caché et sans publicité.
Côté fonctionnalités, on note des améliorations sympas comme le "paragraph composer" dans Writer, un algorithme qui gère l'espacement des mots à l'échelle d'un paragraphe complet et non plus ligne par ligne pour un rendu beaucoup plus esthétique. Le logiciel gère également mieux le texte bidirectionnel, parfait pour insérer des expressions en arabe au milieu d'un texte écrit de gauche à droite. Calc améliore aussi ses tableaux croisés dynamiques, et l'interface globale en mode ruban a profité d'un léger rafraîchissement visuel.
J'utilise LibreOffice au quotidien depuis ses débuts en 2011 pour mes cours, ma comptabilité et mes écrits, et je salue chaleureusement cette posture souveraine. Je vous conseille d'ailleurs d'abandonner définitivement le vieux projet Apache Open Office, qui est truffé de bugs de perte de données non corrigés, et de faire un petit don à la Document Foundation pour soutenir leur travail si vous l'utilisez.
Source : https://blog.documentfoundation.org/blog/2026/08/26/libreoffice-26-8/
7. KDE Plasma : Le grand retour des versions LTS sur 3 ans
Du côté environnement de bureau, KDE Plasma annonce une excellente nouvelle avec le retour officiel des versions LTS (Long Term Support) !
Pour l'historique, la version 5 de KDE proposait des versions à support long (comme la 5.27) maintenues pendant deux ans, ce qui était parfait pour des distributions stables comme Debian. Mais avec le passage à la version 6, ils avaient arrêté ce système pour sortir une mise à jour tous les 4 mois. Plasma 6.6 signe donc le grand retour de la stabilité avec un support garanti pour une durée de 3 ans, soit jusqu'en août 2029. Ce travail a été rendu possible grâce à un partenariat avec les équipes de Kubuntu. Autre point crucial : la future version Plasma 6.8 abandonnera complètement X11 pour devenir 100 % Wayland par défaut. Proposer la version 6.6 en LTS permet donc aux distributions de prendre leur temps pour stabiliser la transition vers Wayland tout en profitant des correctifs de bugs critiques sur l'ancienne base.
À mon avis, c'est une décision d'une grande sagesse pour certains cas d'usage. J'utilise personnellement Wayland sur ma Fedora depuis 2023 et j'en suis ravi, mais je sais que cela pose encore des soucis à certains pour la capture d'écran, les outils d'accès distant ou le multi-GPU.
Lors du live, a été invoqué le forkd e KDE Plasma 6 qui vise a continuer le support de X11 "Sonic DE". Ne perdez pas votre temps avec ces forks obscurs, le sens de l'histoire, c'est de contribuer directement aux projets officiels pour les faire avancer.
Source : https://community.kde.org/Schedules/Plasma_6
8. Le Noyau Linux 7.2 fête ses 35 ans en faisant le ménage
Parlons maintenant du cœur de nos systèmes avec la sortie, mi-août, du noyau Linux 7.2, qui coïncide avec les 35 ans d'existence du projet. Cette version a mobilisé plus de 2100 contributeurs individuels ! Petite statistique rigolote : 5 % des modifications intégrées portent la mention "assisted-by", indiquant que les développeurs ont utilisé une IA (comme GitHub Copilot ou Claude) pour s'aider à écrire leur code. Du moment que le code est relu et validé par des humains, je n'y vois aucun inconvénient. Côté technique, la grande nouveauté est l'arrivée d'un nouvel ordonnanceur (scheduler) sensible au cache CPU. Il est capable de comprendre quand des processus légers partagent les mêmes données pour les maintenir sur des cœurs de CPU physiques proches, boostant ainsi les performances globales. Le noyau améliore également la gestion de la mémoire pour éviter les crashs de type OOM (Out Of Memory) et accélère les écritures sur EXT4, BTRFS et exFAT. Pour les fans de matériel Apple, le noyau 7.2 permet désormais de démarrer (uniquement en console pour l'instant) sur les puces Apple M3. C'est un pas formidable contre l'obsolescence programmée, car on pourra continuer de faire vivre ces machines de luxe sous Linux bien après l'arrêt du support d'Apple !
Enfin, un nouvel ordonnanceur GPU pour les cartes graphiques AMD a dû être repoussé à la version 7.3 en raison de régressions constatées lors des tests de performance.
Source : https://linux.developpez.com/actu/386186/Le-noyau-Linux-7-2-est-publie-avec-une-planification-tenant-compte-du-cache-des-ameliorations-d-ext4-et-de-nombreux-pilotes-materiels-pour-ordinateurs-portables-et-peripheriques/
9. Pas de vérification d'âge pour l'Open Source en Californie
C'est une victoire juridique majeure pour la communauté OpenSource : la Californie a fait marche arrière sur sa loi de vérification de l'âge (projet AB 1856). Pour rappel, un précédent projet de loi (AB 1043) voulait obliger les systèmes d'exploitation à collecter l'âge ou la date de naissance des utilisateurs pour restreindre l'accès à certaines applications. Cela avait même poussé les développeurs de systemd à intégrer un champ "birth date" facultatif dans les profils système. Mais pour le logiciel libre, cette loi était une menace car il est techniquement impossible d'imposer des restrictions d'usage sur un code source ouvert et librement modifiable. Heureusement, les législateurs californiens ont voté à l'unanimité (39 voix contre 0) une dérogation qui exclut explicitement Linux et les licences libres de cette réglementation. Toute entité distribuant un système sous une licence GPL, MIT ou BSD permettant la copie, la modification et la redistribution est désormais exemptée de ces obligations de contrôle.
À mon avis, c'est un énorme soulagement car l'application stricte d'une telle loi aurait été inapplicable pour nos distributions. Si le code est ouvert, n'importe quel utilisateur un peu malin aurait pu supprimer le module de contrôle d'âge de son système et le recompiler en deux clics. En revanche, les systèmes propriétaires comme Windows, macOS ou Android restent soumis à la loi à partir du 1er janvier 2027. Le cas de SteamOS reste flou, mais Valve choisira probablement d'intégrer la vérification directement dans sa boutique de jeux Steam plutôt que de toucher à la couche OS basée sur Arch Linux.
Source : https://elsolitario.org/en/2026/08/30/ab-1856-california-linux-age-verification/
10. Souveraineté : L'Allemagne investit 500 000 € dans Flatpak
Passons au chapitre souveraineté. Un autre dossier qui montre l'accélération de l'Europe vers la souveraineté numérique : l'Allemagne vient d'investir un peu plus de 500 000 € dans le projet Flatpak. Cet investissement, porté par l'agence Sovereign Tech Fund, va s'étaler sur deux ans et servira à recruter des développeurs pour combler les lacunes de sécurité du projet. Actuellement, le système de bac à sable (sandboxing) de Flatpak manque de granularité au niveau des permissions d'accès au matériel. Par exemple, si une application demande l'accès au son, elle obtient à la fois l'autorisation d'utiliser les haut-parleurs et le microphone. L'Allemagne souhaite financer des développements pour isoler strictement ces autorisations afin d'éviter qu'une application malveillante puisse vous écouter à votre insu.
Je trouve cette initiative absolument fantastique car tout le monde en bénéficiera, quelle que soit sa distribution Linux de prédilection. Cela montre que l'Allemagne prépare possiblement le terrain pour remplacer Windows par une base Linux hautement sécurisée dans ses administrations publiques.
Source : https://www.xda-developers.com/germany-invests-500000-in-flatpak-as-europe-takes-another-step-toward-digital-sovereignty/
11. Nextcloud validé par l'ANSSI : Le sésame de la sécurité française
On termine en beauté avec une excellente nouvelle pour la souveraineté numérique française : l'ANSSI a accordé sa certification de sécurité de premier niveau (CSPN) à Nextcloud. Cette certification concerne très spécifiquement le module "Nextcloud Files", c'est-à-dire la gestion et le stockage de vos fichiers en réseau. Les experts de l'ANSSI ont soumis la plateforme à des tests d'intrusion très poussés et n'ont trouvé aucune vulnérabilité exploitable. Cette validation institutionnelle est une étape majeure car elle lève les derniers doutes techniques pour l'adoption de Nextcloud dans nos administrations publiques. Elle permet également aux Opérateurs d'Importance Vitale (OIV) (comme les hôpitaux, les réseaux électriques, les transports ou les banques) de déployer l'outil en toute confiance. Cerise sur le gâteau, l'homologue allemand de l'ANSSI, le BSI, reconnaît désormais cette certification CSPN comme équivalente à sa propre norme BSZ. C'est une immense fierté de voir du logiciel libre français et européen validé au plus haut niveau de l'État pour remplacer des outils américains comme SharePoint.
En tant que professionnel du secteur, j'utilise Nextcloud au quotidien en perso comme au boulot, et ce "tampon" de sécurité vient confirmer tout le bien que je pense de cette solution. On montre enfin qu'avec du logiciel libre bien configuré, on peut s'affranchir des GAFAM tout en garantissant un niveau de sécurité élevé. Cette dynamique prouve que l'Europe a toutes les cartes en main pour réussir sa transition numérique de manière indépendante et sécurisée.
Source : https://goodtech.info/souverainete-numerique-le-sesame-de-lanssi-accorde-a-la-plateforme-nextcloud-en-france/
Merci à toutes et à tous d'avoir suivi ce débriefing de l'épisode 105 ! On se donne rendez-vous le mercredi 7 octobre pour le prochain live actu !

