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L'Europe veut interdire tout réseau social avant 13 ans, et même les IA

Un comité d'experts mandaté par la Commission européenne a rendu ses conclusions ce lundi, et la ligne est nette : il faut encadrer partout dans l'Union l'accès des mineurs aux plateformes en ligne.

L'idée principale, c'est une majorité numérique par étapes.

Avant 13 ans, on serait donc sur une tolérance zéro. Aucun réseau social, pas d'assistant d'intelligence artificielle. La seule exception tolérée serait un usage encadré par un parent ou installé dans le cadre de l'école.

Entre 13 et 18 ans, l'accès serait possible, mais sérieusement conditionné. Il faudrait une vérification d'âge fiable, et surtout des plateformes capables de prouver qu'elles ont retiré leurs fonctions les plus addictives, le défilement sans fin et les notifications qui vous rappellent toutes les cinq minutes.

Ce n'est qu'à 18 ans qu'un Européen récupérerait sa pleine autonomie numérique, avec quand même une vérification d'âge pour tout ce qui est réservé aux adultes.

Derrière tout ça, il y a l'idée que l'enfance est une période fragile pour le développement du cerveau. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, estime que les enfants doivent pouvoir jouer et se faire des amis dans le vrai monde, sans qu'un algorithme ne s'en charge à leur place.

Sur le terrain, plusieurs pays ont déjà dégainé, la France en tête, suivie de l'Espagne, la Grèce, le Danemark, l'Autriche ou encore la Suède. L'Estonie, elle, freine des quatre fers et refuse la moindre interdiction, alors qu'une partie des Vingt-Sept n'a toujours pas tranché.

C'est justement pour éviter ce patchwork que Bruxelles pousse une règle commune, bien plus simple à imposer à des plateformes déjà largement encadrées à l'échelle européenne.

Et la Commission ne fait pas que cogiter. Vendredi, elle a sommé Meta de revoir les interfaces d'Instagram et Facebook, jugées trop addictives, sous peine d'amende, exactement comme elle l'avait déjà exigé de TikTok en début d'année.

Fixer la barre à 13 ans plutôt qu'à 15 ou 16 est un vrai pari, mais tant qu'on ne saura pas vérifier l'âge sans ficher tout le monde, le plus dur restera à faire.

Source : NYTimes

Votre cerveau en mode pilote automatique - Bruxelles accuse Meta

Il est 1h12 du mat', vous êtes allongé dans le canap, le téléphone à 20 cm du museau, et votre pouce swipe encore et encore dans un automatisme le plus complet... Un reel de chat, une recette de lasagnes, un type qui répare une tondeuse. Vous aviez ouvert Instagram pour répondre à un message d'un pote il y a 40 minutes, et vous en êtes là. Ah bah bravo ! Mais ne vous blâmez pas trop car en sortir est à peu près aussi facile que de quitter un repas de famille avant le café.

Et c'est d'ailleurs pour ça que Bruxelles vient de mettre un nom là-dessus : "le mode pilote automatique".

L'expression est écrite noir sur blanc dans le communiqué que la Commission européenne a publié ce matin et vous l'aurez deviné, on parle bien de ce foutu scroll infini, mais également de l'autoplay, des notifications push et des reels qui je cite, "nourrissent l'envie de continuer à scroller" et "contribuent à des habitudes malsaines et à un usage compulsif". Conclusion, Instagram et Facebook enfreignent le Digital Services Act ! Ah !

Et attention, pas à cause du contenu qui circule dessus. Non, c'est vraiment à cause du design des app en lui-même.

Ce qu'on reproche à Meta, c'est de n'avoir jamais sérieusement évalué ce que ce design fait à votre bien-être physique et mental, mineurs et adultes vulnérables compris, alors qu'elle avait les données sous les yeux. Notamment sur le temps que vos ados passent sur ses applis la nuit.

Et les garde-fous maison prennent cher au passage car les outils de gestion du temps proposés par Meta, même activés par défaut pour les ados, se contournent trop facilement et ne réduisent en rien l'usage. Sans parler des contrôles parentaux qui ne fonctionnent, écrit la Commission, que si vous avez "une expertise technique adéquate" et du temps à y consacrer. Pffff !

Alors Bruxelles sort sa liste de courses : Couper l'autoplay et le scroll infini par défaut, vous imposer de vraies pauses d'écran , et rendre les recommandations moins obsédées par votre engagement. Notre régulateur préféré demande à Meta d'éteindre par défaut le moteur à attention qui fait rentrer le pognon ^^.

Sauf que rien n'est joué. Ce ne sont là que des conclusions préliminaires, et pas une condamnation.

Meta doit encore répondre par écrit, le Comité européen des services numériques donnera ensuite son avis, et seulement après tombera, ou pas, une décision de non-conformité. Au bout du chemin, une amende qui pourrait grimper jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial (environ 201 milliards de dollars en 2025, sortez la calculette).

Meta monte déjà au créneau, et rétorque que ces conclusions du régulateur "*ne prennent pas correctement en compte les mesures significatives que nous avons prises pour protéger les ados *". Évidemment !

Tout ceci ne date pas d'hier puisque la procédure est ouverte depuis mai 2024 mais Bruxelles tape sur plusieurs fronts. Le volet vérification d'âge des moins de 13 ans a déjà eu ses conclusions, celui sur les effets "rabbit hole" des recommandations tourne encore, et TikTok avait déjà goûté à la fessée avec sa version rémunérée .

Perso, je ne crois pas une seconde que Meta coupe le scroll infini par défaut sans se battre durant des années mais je suis quand même content de voir que ça bouge un peu sur ce qu'on appelle l'économie de l'attention dont on est tous victimes.

Bref, la prochaine fois que vous vous réveillez à 1h du mat' à regarder une critique ciné chiante ou un gars qui vous parle de ses montres de luxe alors que vous n'avez pas un rond, dites-vous que l'Europe viendra bientôt vous sauver !

Source

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