Au début du mois d'août, une Toyota Yaris de 2009 est passée devant une
caméra Flock
à Las Vegas sans être "vue". Car même si la caméra l'a filmée correctement, le logiciel de détection, lui, n'a rien inscrit dans ses logs, comme si la rue était restée vide...
J'ai trouvé ça intéressant parce que ça ne nécessite pas de grande technologie... Non, il faut juste que la voiture soit recouverte d'un certain motif généré à l'aide d'un ordinateur. C'est un motif qui ne cache rien puisque la plaque d'immatriculation reste à sa place réglementaire et est parfaitement visible.
Mais ce qu'il faut savoir avant pour bien comprendre comment ça fonctionne, c'est qu'une caméra de lecture de plaques ne lit pas une plaque en permanence. Elle repère d'abord un véhicule dans l'image, puis va chercher la plaque dessus. Du coup, en cassant la première étape, la seconde n'a jamais lieu. La plaque reste donc visible mais le système n'a pas l'idée d'aller la lire...
Derrière l'expérience, on retrouve Bill Swearingen, un vieux de la vieille de la sécu qui a cofondé SecKC, le meetup sécurité de Kansas City. Son projet s'appelle noRecognition et fonctionne comme un fuzzer. Il génère un motif, le passe devant des modèles de détection, note ce qui échoue, et recommence et ainsi de suite... 31,7 millions de tests plus tard, il produit alors des motifs à la demande pour déjouer ce genre de caméra.
Alors pourquoi quelqu'un irait dépenser un an de calcul machine là-dessus ? Hé bien parce que Flock revendique 93 plaques correctement lues sur 100, pour plus de 20 milliards de lectures par mois et que
l'Institute for Justice a recensé
au moins 27 automobilistes innocents arrêtés, détenus ou emprisonnés depuis 2018 à cause d'une de ces erreurs de lecture...
Et dans près des deux tiers des cas, les policiers s'en sont rendu compte après avoir sorti leur arme. Bref, la polémique enfle aux États-Unis, encore plus depuis février dernier, dans l'Arkansas, quand un couple s'est retrouvé injustement menotté au bord de la route à cause d'une de ces caméras, pendant que leur bébé de six semaines attendait dans le siège auto.
Swearingen a même mis à dispo publiquement
un tableau de bord public
qui affiche en toutes lettres les résultats chiffrés qui sortent de ses modèles réels avec l'impression et la caméra simulées. Son tableau de bord indique également que pour le moment, aucun motif unique ne bat encore les onze modèles de caméra de son banc d'essai, en même temps, et surtout, il a mesuré jusqu'à 64 % d'écart entre les chiffres de son labo et les vrais tests réalisés dans le monde extérieur. J'ai rarement vu une page de vente aussi peu vendeuse ^^ mais au moins c'est honnête.
Et ça n'a pas empêché sa campagne Kickstarter de dépasser de 20 fois son objectif. Ses motifs générés se vendent en t-shirts et en hoodies, mais ce qui vaut pour une carrosserie ne vaut pas forcément pour un vêtement. En effet, une portière est plate, rigide et ce qui y est imprimé est fixe. Alors qu'un tissu se plie et se déforme, et Swearingen prévient qu'un motif imprimé trop grand ou trop petit cessera de fonctionner sans que ça ne se remarque.
Et chez nous en France ?
Hé bien les lecteurs de plaques tournent aussi donc possiblement, ça pourrait aussi fonctionner ici. Mais tout ceci reste géré au niveau de l'État et des communes, et c'est contrôlé par la CNIL. Même si on n'en est pas loin, ce n'est donc pas encore dans ce cauchemar très américain où ce sont des dizaines de réseaux privés comme Flock, revendus clé en main aux villes, qui font la loi, peu importe le taux d'erreur du logiciel.
Si comme moi, vous aimez les livres, ce que je vais vous raconter aujourd'hui va vous rendre fous ! Hier, 404 Media a publié une enquête qui suit le trajet d'un AirTag. Mais pas n'importe lequel... C'est un AirTag qu'un libraire a glissé, à la demande de la rédaction, dans un livre parti au sein d'une commande d'un millier d'ouvrages. Et son terminus va vous surprendre (ou pas, parce qu'on commence à les connaitre les lascars...) : un entrepôt Amazon de Las Vegas.
Ce qu'on apprends dans l'article de 404 Media c'est qu'en fait, là-bas, une équipe interne baptisée VGT3 reçoit des tonnes de cargaisons de livres, en découpe les reliures et les passe au scanner afin d'en numériser les pages.
Pour la blague, le logo de cette équipe est un tyrannosaure gueule ouverte qui semble dévorer un livre. Ironique n'est-ce pas ?
Des salariés du site racontent eux-mêmes sur un forum d'employés Amazon, que les livres ne survivent pas à l'opération.
Et c'est ça qui rend dingo tout le monde, moi le premier !
Amazon, interrogé, a répondu qu'il achetait des livres par des canaux commerciaux pour "développer et améliorer ses produits et services". Oui, c'est vague mais c'est fait exprès.
Maintenant, calmez vos palpitations cardiaques, ce qu'ils numérisent (et détruisent), ce ne sont pas des
incunables
, c'est-à-dire des livres anciens édités avant l'invention de l'imprimerie (donc faits à la main). Les libraires interrogés précisent en effet, que les commandes en gros n'incluent jamais les ouvrages les plus anciens sans codes ISBN. Ce qu'ils achètent en fait, ce sont des titres sans presque aucun marché de revente, tirés à peu d'exemplaires ou écrits dans une langue que peu de gens lisent.
Et c'est pile poil ce qui fait leur valeur pour un entraîneur de modèle IA. Ces textes n'ont jamais été numérisé, donc ils n'ont jamais été aspirés par personne, et ont été imprimés avant que le web ne se remplisse de slop IA. Ces livres-là ne sont pas vraiment "précieux" mais comme ils sont rares et de niche, ils sont convoités par les géants de l'IA.
Maintenant ce qui me met en colère quand je lis cet article, c'est surtout cette histoire de destruction du bouquin... Parce que numériser un livre sans l'abîmer, ce n'est pas un rêve utopiste d'archiviste, hein... C'est possible avec des machines qu'il est facile de se procurer. Je pense par exemple à ce
ScanRobot
autrichien qui est sur le marché depuis 2007 et déjà vendu dans plus de soixante pays.
Il glisse un prisme dans la pliure, aspire les pages de part et d'autre via des petits trous, remonte en photographiant le texte, puis retourne la page d'un souffle d'air grâce à des capteurs optiques et des lasers repèrent le moment où deux feuilles se lèvent ensemble. Et la cadence est plutôt bonne puisqu'elle peut aller jusqu'à 2 500 pages à l'heure, sans que le dos du livre ne soit tranché.
La Bibliothèque du Congrès en a une, le Trinity College Dublin aussi, l'université de Sydney, le Getty Research Institute...etc. L'Internet Archive, lui, tournait déjà en 2021 à environ 3 500 livres par jour dans une vingtaine de centres.
D'ailleurs, j'en parlais
dans un article sur un scanner à 250 pages par minute
en novembre 2012. J'écrivais qu'au début ça y allait au massicot, et que depuis, les bras robotisés avaient pris le relais pour les ouvrages anciens. Et là on est presque 14 ans plus tard, la plus grosse librairie du monde est retournée au massicot, comme des bourrins préhistoriques.
Sur le motif de la découpe elle-même, Ars Technica avance que la vitesse et le moindre coût ont pris le pas sur la conservation, et c'est vrai que ces bouquins existent ailleurs, et que découper un exemplaire d'occasion sans valeur marchande ne fait de mal à personne. Oui c'est vrai mais c'est incroyablement triste car on peut faire autrement. La preuve, quand Google, OpenAI ou Microsoft numérisent des livres, eux les empruntent dans des bibliothèques ou les offrent ensuite à celles-ci. Les livres peuvent continuer leur vie, alors qu'Amazon n'est pas du tout dans ce cercle vertueux. Et c'est sans parler des auteurs de tous ces livres qui ne savent même pas que leur travail vient d'être absorbé pour l'éternité par une IA...
Bref, Amazon prend un exemplaire dont le texte n'a jamais été numérisé, le déstructure en tokens pour son propre profit puis détruit le livre... Si tout le monde faisait ça, au bout d'un moment, de nombreux ouvrages anciens disparaitraient je pense... Et faut pas oublier que cette destruction de livres c'est surtout un choix délibéré de leur part.
Ray Bradbury doit se retourner dans sa tombe, mais je suis certain que si les gens protestaient massivement contre ça, ils changeraient leurs méthodes de sagouins.
Vous croyez que votre identité vous appartient ? Pffff, noob. Qu'elle est en sécurité parce que vous avez un mot de passe compliqué et que vous ne cliquez pas sur les liens suspects ? Re pffff. Détrompez-vous. En 2024, les cybercriminels ont réussi à extorquer 12,5 milliards de dollars aux consommateurs américains, une hausse de 25% en seulement un an (bon c'est des Américains, mais quand même). Et l'IA est le principal coupable.
Oui, l'intelligence artificielle. Cette merveille qui vous aide à rédiger vos mails et à générer des images de chats cosmonautes, c'est aussi l'outil préféré des escrocs pour vous voler votre identité. Et ils sont devenus sacrément bons.
Deepfakes : votre patron vous demande de virer 25 millions
Petite mise en situation réelle (les noms ont été changés pour protéger les victimes comme ils disent à la télé). Vous êtes employé dans une boîte à Hong Kong. Vous recevez un mail du CFO basé à Londres qui vous demande de faire un virement urgent de 25 millions de dollars. Vous vous connectez à une visioconférence. Le CFO est là, vos collègues aussi. Ils discutent, ils répondent à vos questions, tout semble normal. Vous validez le virement.
Sauf que personne n'était réel (sauf vous, peut-être ... on vit dans une simulation il parait). Tous les participants étaient des deepfakes générés par IA. Des visages, des voix, des gestes ... le tout est créé à partir de vidéos publiques trouvées sur le net. La boîte a perdu 25 millions. Vous avez perdu votre job. L'IA s'en fout, elle n'a pas de sentiments.
Ce n'est pas un scénario de film. C'est arrivé en 2024. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Des deepfakes d'Elon Musk qui promeuvent des arnaques crypto, des faux appels vocaux de "membres de votre famille" en détresse qui vous demandent de l'argent, des vidéos de Taylor Swift qui offrent des batteries de cuisine en échange de vos coordonnées bancaires. & co. L'IA a rendu l'imposture parfaite.
L'IA, la boite à outils de l'arnaque
Les cybercriminels utilisent l'IA à toutes les étapes du vol d'identité :
Le clonage vocal. Avec seulement quelques secondes d'audio (merci vos stories Instagram), l'IA peut reproduire votre voix à la perfection. Plus d'un quart des gens ont été ciblés par des arnaques au clonage vocal. Votre mère reçoit un appel de "vous" en larmes, vous avez besoin de 5 000€ tout de suite. Elle envoie. C'était pas vous. Bye bye votre héritage lol.
Le phishing généré par IA. Fini les mails avec des fautes d'orthographe et des traductions Google Translate. Les LLM comme ChatGPT écrivent des messages parfaitement structurés, personnalisés avec vos données scrapées sur LinkedIn, Facebook, et je ne sais quoi. 40% des emails de phishing ciblant les entreprises sont désormais générés par IA. Ils sont indétectables (pas tous, mais ça viendra assez vite).
Les documents synthétiques. Besoin d'un faux relevé bancaire, d'une fausse carte d'identité, d'un contrat bidon ? L'IA le génère en quelques secondes. Les fraudeurs créent des identités entièrement fictives (le fameux synthetic identity fraud) en mélangeant des données réelles (souvent le numéro de sécu d'un enfant ou d'un défunt) avec des infos inventées. Le crime à l'identité synthétique coûte déjà 6 milliards de dollars par an aux prêteurs américains.
Le cracking de mots de passe : PassGAN, un outil IA, a cracké 51% des mots de passe en moins d'une minute, 81% en moins d'un mois. Votre "MotDePasse123!" ne résiste même pas le temps de faire un café.
Le spyware boosté à l'IA. Les malwares espions sont devenus plus intelligents. Ils évitent la détection, ciblent les infos sensibles avec précision, et les menaces de spyware mobile ont doublé ces derniers mois. Vous cliquez sur une pub, vous installez une app, et paf, tout ce que vous tapez est enregistré et envoyé à un mec dans un bunker.
Et vous, vous faites quoi face à ça ?
Vous ne pouvez pas empêcher les deepfakes d'exister. Vous ne pouvez pas empêcher les data brokers de vendre vos infos. Mais vous pouvez limiter ce que les escrocs connaissent de vous. Et c'est là
qu'un VPN comme Surfshark
entre en jeu.
Pas n'importe lequel. Un VPN qui comprend que la vie privée, c'est pas juste cacher votre IP. C'est surtout réduire votre empreinte numérique globale. Pas juste un VPN, un bouclier contre le vol d'identité.
Surfshark, c'est pas qu'un tunnel chiffré. C'est une boîte à outils de privacy qui attaque le problème du vol d'identité sous plusieurs angles :
Vous devez créer un compte sur un site douteux ? Vous réservez un hôtel sur une plateforme que vous ne connaissez pas ? Alternative ID génère une identité complète (nom, prénom, adresse, email, numéro de téléphone virtuel) que vous utilisez à la place de la vôtre. Les emails arrivent dans votre vraie boîte, mais l'expéditeur ne sait pas qui vous êtes réellement. Fini les fuites de données qui mènent directement à vous.
Vos données traînent partout. Des centaines de sites revendent votre nom, votre adresse, votre numéro, votre historique d'achats. Incogni, inclus dans le pack Surfshark One+, contacte automatiquement ces agrégateurs de données et demande la suppression de vos infos. Vous n'avez rien à faire. C'est comme avoir un avocat de la privacy qui travaille 24/7 pour vous.
CleanWeb
: bloquer les trackers avant qu'ils ne vous profilent
Chaque site que vous visitez vous traque. Chaque pub vous profile. CleanWeb bloque les trackers, les pubs et les malwares au niveau DNS. Moins de données collectées = moins de matière première pour les IA des escrocs. C'est simple.
Chiffrement post-quantique : parce que demain, c'est maintenant
Surfshark a intégré le chiffrement post-quantique dans son protocole Dausos. Pourquoi ? Parce que dans quelques années, les ordinateurs quantiques pourront casser les chiffrements actuels comme du verre. Surfshark s'y prépare déjà. Vos données d'aujourd'hui ne seront pas déchiffrables demain. C'est de la vision. Ou de la paranoïa. Les deux se valent en cybersécurité.
Le VPN de base : cacher votre IP, cacher votre localisation
Le cœur du métier. Votre vraie IP est masquée, votre trafic est chiffré en AES-256-GCM, votre FAI ne sait pas ce que vous faites. Sur un WiFi public, dans un hôtel, à l'aéroport, là où les attaques sont les plus fréquentes, vous êtes protégé. Même si un mec sniff le réseau, il ne verra que du chiffré.
Surfshark Nexus : changer d'IP toutes les 5 minutes
Avec Rotating IP, votre adresse change automatiquement toutes les 5 minutes sans coupure. Les sites ne peuvent pas vous tracker à long terme. Les data brokers ne peuvent pas corréler vos sessions. C'est comme changer de costume toutes les 5 minutes dans une foule.
Antiscam Hub : tous les outils anti-arnaque dans le même écran
C'est la nouveauté maison, sortie en mai dernier. Au lieu d'aller pêcher chaque fonction dans un recoin différent de l'application, tout est réuni au même endroit : email masqué, numéro de téléphone alternatif, surveillance du dark web qui vous prévient quand vos données fuitent, blocage des sites malveillants et couverture en cas de vol d'identité. Sur le seul mois écoulé, Surfshark dit avoir bloqué près de 1,2 million de nouveaux sites de phishing et de malwares. Le Hub est encore en test sur iOS, les autres plateformes suivront.
Les chiffres qui font peur
Plus de 40% de la fraude dans le secteur financier est désormais pilotée par l'IA.
60% des consommateurs ont vu un deepfake entre 2023 et 2024.
48% des Américains estiment que l'IA les a rendus moins capables de repérer les arnaques.
1 deepfake sur 15 tentatives de fraude dans le secteur financier, une augmentation de 2 100% depuis l'adoption généralisée de l'IA générative.
76% d'augmentation des attaques de prise de contrôle de compte, 105% pour les fraudes de prise de contrôle de ligne téléphonique.
L'IA a transformé le vol d'identité en industrie. Ce n'est plus le petit escroc dans son garage. Ce sont des organisations structurées, avec des outils IA à la pointe, qui opèrent à l'échelle mondiale.
Je répète pour ceux du fond : vous ne pouvez pas arrêter l'IA. Vous ne pouvez pas arrêter les deepfakes. Vous ne pouvez pas empêcher les data brokers de vendre vos infos. Mais vous pouvez réduire votre surface d'attaque. Méfiez-vous de l'appel de votre "mère" qui vous demande de l'argent. Comme ça même si c'est vrai, vous avez une bonne raison de refuser et de garder votre argent (rooooh faites pas ça, faut toujours aider sa maman hein).
Un VPN, avec ses fonctionnalités de privacy avancées ne vous rend pas invincible. Mais il rend la vie des escrocs bien plus compliquée. Et, en 2026 et au-delà, chaque couche de protection compte. Votre identité est votre bien le plus précieux. Ne la laissez pas finir sur un dark web market, vendue au prix d'un sandwich. Surtout que vous pouvez vous protéger pour moins cher que ce sandwich, moins de 3€/mois TTC (80.63€ au total pour 2 ans + 3 mois offerts + 1 semaine d'essai gratuit).
Microsoft vient de publier Mage-Flow, un modèle de génération d'images de 4 milliards de paramètres, et dont l'objectif est d'atteindre la qualité des gros modèles sans en avoir la taille. Là où FLUX.2 embarque 32 milliards de paramètres, Qwen-Image 20 et Z-Image 6, Mage-Flow joue dans la même cour mais seulement avec 4 milliards de paramètres.
Le pari de Microsoft, c'est ce qu'on appelle le co-design. Au lieu d'empiler les paramètres,
Mage-Flow
mise sur deux briques taillées ensemble. D'abord Mage-VAE, un tokenizer latent qui encode et décode les images avec 12 à 22 fois moins de calcul par pixel que le VAE de FLUX.2, à qualité de reconstruction équivalente. C'est ce qui débloque la haute résolution, habituellement le point où ces modèles s'étranglent.
Et ensuite un transformer de diffusion multimodal baptisé NR-MMDiT, entraîné en rectified flow matching, avec Qwen3-VL comme encodeur de texte. Un seul checkpoint génère alors de 512 à 2048 pixels, dans n'importe quel ratio, jusqu'à des formats extrêmes en 4:1 sans buckets ni padding. Vous demandez du 512×2048 ou du 2048×512, il vous le sort.
Le modèle existe en trois saveurs. La Base qui tourne en 30 étapes de débruitage, la version RL-aligned à 20 étapes, et la Turbo distillée qui crache une image en 4 étapes seulement. Et il y a son jumeau, Mage-Flow-Edit, qui fait de l'édition d'image par instruction. Vous lui donnez une photo et une consigne en langage naturel, et lui la modifie. Le tout sous licence MIT, poids libres sur Hugging Face, usage commercial compris.
Côté chiffres officiels, tout vient d'un A100 donc c'est pas représentatif sur nos machins mais en gros, on est à 0,59 seconde par image en Turbo, avec un pic mémoire de 18 à 20 Go. Sauf que moi, je n'ai pas d'A100. J'ai un Mac Studio. Et le dépôt ne parle que de CUDA. La doc d'install vous fait compiler flash-attn, qui est une extension qui a besoin d'un toolkit NVIDIA. Zéro mention d'Apple Silicon, zéro mention de MPS, et les exemples sont tous en mode device="cuda" en dur. Bref, pour le moment, je ne suis pas invité à la fête.
Mais en fouillant le code, j'ai trouvé la porte de sortie. Un fichier planqué dans les modules expose un backend alternatif basé sur scaled_dot_product_attention, le mécanisme d'attention natif de PyTorch, prévu JUSTEMENT pour quand flash-attn n'est pas dispo.
Et ce backend-là, il tourne nickel sur Metal. Le piège, c'est que le modèle réclame lui aussi flash-attn par défaut à deux endroits : le transformer, mais aussi l'encodeur Qwen3-VL. Le transformer accepte qu'on bascule plus tard alors que l'encodeur non. Lui, il lit son réglage au moment où il se construit et plante si flash-attn manque. Il faut donc forcer le mode SDPA avant de charger le modèle.
Voici ce que j'ai fait tourner, pour de vrai. On monte un environnement Python, on installe tout sauf flash-attn :
Une fois que c'est fait, y'a plus qu'à vous créer un petit script mage.py par exemple qui basculera l'attention sur SDPA avant le chargement, pointera sur mps et génèrera votre image :
import os
os.environ["PYTORCH_ENABLE_MPS_FALLBACK"] = "1"
from mage_flow.models.mage_flow import ModelConfig
ModelConfig.model_fields["attn_type"].default = "sdpa" # AVANT de charger, sinon Qwen3-VL exige flash-attn
ModelConfig.model_rebuild(force=True)
from mage_flow import MageFlowPipeline
pipe = MageFlowPipeline.from_pretrained("microsoft/Mage-Flow-Turbo", device="mps")
img = pipe.generate(["un barista avec un chapeau de cowboy qui réalise un latte art, lumière chaude"], heights=[1024], widths=[1024], steps=4, cfg=1.0)[0]
img.save("out.png")
Ensuite, lancez le script :
python3 mage.py
Le PYTORCH_ENABLE_MPS_FALLBACK sert de filet comme ça si une opération n'existe pas côté Metal, elle basculera sur le CPU au lieu de tout faire tomber. Premier lancement, le modèle se téléchargera, donc comptez une bonne dizaine de Go entre le transformer 4B, l'encodeur Qwen3-VL et le VAE.
Et ça marche !!! Sur mon M4 Max de 128 Go, le modèle charge en une vingtaine de secondes puis génère une image 1024×1024 en 10 secondes une fois chaud.
Mon barista à chapeau de cowboy est sorti impeccable.
Ma toute première génération Mage-Flow sur le Mac Studio : un barista, 1024x1024, 4 etapes en Turbo.
Cette image 1920x1080 a été générée en moins de 6 secondes,
Pour du batch industriel, une carte NVIDIA restera toujours mieux mais pour générer tranquillement chez soi des petites images sans envoyer ses prompts dans le cloud, c'est parfaitement utilisable, et ça rejoint la logique de
l'IA qui tourne en local sur votre Mac
que je creuse depuis un moment.
Deux détails à connaître avant de vous lancer. Chaque prompt passe par un filtre de contenu obligatoire côté encodeur, sans option pour le désactiver : les prompts jugés interdits reviennent en images de refus. Et chaque image générée porte un watermark Gaussian-Shading planqué dans le bruit initial, lui non plus désactivable. Hé oui, Microsoft trace ses sorties, donc autant le savoir.
Y'a des garde-fous ! J'ai donc très hâte que ce modèle se fasse "libérer".
Reste que c'est un très joli cadeau de la part de Microsoft ! Un modèle libre, compact, qui gère l'édition et n'importe quel ratio, et qui tient sur une machine Apple avec un petit réglage bien caché ^^...
ps: L'image d'illustration de cet article a été générée avec ce modèle.
Un coussin qui traîne par terre, des boîtes de médicaments à compter dans un tiroir, du linge à balancer dans le panier, des assiettes à caler dans le lave-vaisselle et un lit médicalisé à remonter de quelques crans. Voilà le programme du robot G1 dans
la vidéo qu'Unitree a mise en ligne lundi matin
. Deux minutes quinze, en 4K, et ça a fait un million de vues en deux jours.
Et rassurez-vous, si vous lui dites d'arrêter en plein réglage du lit parce que ça vous pince la peau des fesses, il s'arrêtera net.
Le truc qui pilote tout ça s'appelle UnifoLM-OminiA-0.3. Unitree le décrit comme "un modèle unique qui prend en charge des tâches variées de soins à domicile et de bien-être, avec une compréhension interactive omni-modale, une exécution totalement autonome, stable et résistante aux perturbations".
En clair, un seul cerveau pour les oreilles, les yeux, les bras et les jambes, là où il fallait avant trois ou quatre systèmes qui se refilaient le bébé. Sauf que ce cerveau, vous ne pouvez pas y jeter un œil.
Donc à l'heure où j'écris ces lignes, vous ne trouverez ni dépôt, ni checkpoint, ni fiche technique. Juste la vidéo ci-dessus que vous venez de regarder. Après on n'en sait rien, ça sortira peut-être la semaine prochaine, mais pour l'instant celui-ci reste au chaud chez Unitree.
Et on ne sait pas non plus combien d'essais il a fallu pour attraper la bonne boîte sur l'étagère, le taux de réussite sur le tri du linge ou combien de temps il a fallu pour remplir votre lave-vaisselle.
Mais même sans métrique, c'est quand même une belle vidéo démo. Après on connaît les chinois... Le mois dernier je m'énervais déjà parce qu'
un G1 avait collé un coup de pied dans le ventre d'un gamin
pendant une démo d'arts martiaux au jardin botanique d'Urumqi, et je trouve ça dommage qu'on doive continuer à juger ces bestioles sur des montages YouTube plutôt qu'à partir de vraies métriques.
Sauf que la main à 3 doigts qui attrape les boîtes de médicaments dans la démo, c'est en option et vous vous en doutez, on ne connaît pas non plus son prix.
Par contre, avant d'acheter ce truc et de le mettre dans votre entreprise, sachez quand même que le 8 juin dernier, le Pentagone a ajouté Unitree à sa liste des entreprises militaires chinoises, sous son nom officiel de Hangzhou Yushu Technology et sur la même liste, vous trouverez aussi BYD, Alibaba et TP-Link. Ils ont fait cela car 5 jours plus tôt, trois représentants américains déposaient le GUARD Act, un texte qui obligerait les agences fédérales à passer au crible tous les robots humanoïdes et quadrupèdes chinois avant leur vente aux États-Unis, et visiblement ils ont trouvé des trucs.
Par contre, chez nous, c'est la fête du slip, il n'y a rien de tout ça. Aucune liste, aucun audit obligatoire ! Vous commandez la bestiole en ligne, et la seule doc publique sur son cerveau, c'est ce clip de 2 minutes.
Accrochez-vous parce que celle-là, elle est bien barrée ! Des chercheurs de l'université d'Uppsala veulent stocker la mémoire d'une IA... dans de la lumière. Leur projet Fiber Memory fait tourner les données d'un LLM en boucle dans 1 000 km de fibre optique, et les puces se servent au passage !
Pour comprendre le délire, il faut voir comment ça marche aujourd'hui. Dans un gros data center IA, chacune des 10 000 puces de calcul (des accélérateurs, en gros des GPU) garde sa propre copie complète du modèle dans sa mémoire embarquée, la
HBM
. Un Llama 3 70B compressé pèse 70 Go, ce qui donne 700 To de mémoire hors de prix pour stocker 10 000 fois exactement la même chose.
La solution d'Hannah Atmer et de son équipe, c'est le tapis roulant à sushis. Un serveur unique injecte 128 Go de données dans la boucle (les poids du modèle, plus un peu de marge), et tout ça défile en continu à 25,6 To/s. Chaque puce attrape alors les plats qui l'intéressent quand ils passent devant elle, et le tour complet prend 5 ms !
La topologie retenue : un seul serveur de poids alimente la boucle, les pods se servent au passage. Schéma tiré du papier d'Atmer, Voigt, Yao et Kaxiras.
Concrètement, chaque châssis prélève 1 % de la lumière qui circule et laisse filer le reste vers les copains d'après. Pas de requête, pas d'adresse mémoire, juste un péage optique qui pique sa part au passage.
Le prélèvement en détail : un splitter 99:1 détourne 1 % de la puissance optique vers le pod, le reste poursuit sa route et se fait ré-amplifier.
Et le plus dingue, c'est que cette idée de génie a 80 ans ! Les premiers ordinateurs des années 40 stockaient déjà leurs données sous forme d'ondes qui tournaient en rond dans des tubes de mercure, la fameuse
mémoire à ligne de délai
. On avait déjà croisé
des mémoires franchement bizarres
, mais celle-ci place la barre très haut.
Évidemment, y'a des conditions à respecter... Ça ne marche que pour des données qui ne changent jamais et que tout le monde se partage, comme les poids d'un modèle déjà entraîné (les calculs en cours restent dans une petite mémoire locale classique). Et si une puce rate son sushi, elle attend 5 ms que le tapis fasse un tour complet... une éternité pour un GPU.
Côté conso, leurs calculs annoncent 284,8 kW pour la livraison des poids, contre 1 024 kW avec la HBM classique. Presque 4 fois moins ! Bon, la comparaison avantage un peu leur bébé (le scénario fibre répartit les poids entre les 8 puces d'un châssis, quand la référence garde une copie entière par puce), mais l'ordre de grandeur reste violent.
Par contre, tout ça n'existe encore que sur le papier. Les briques sont là, entre les commutateurs Spectrum-X Photonics de NVIDIA qui causent déjà en lumière et
la HBM3e de Micron
qui dépasse 1,2 To/s par pile, mais personne n'a encore assemblé le puzzle. Et il faudrait quand même réussir à caser 280 amplificateurs sur la boucle, plus quelque 3 500 amplis et 1 750 régénérateurs autour des pods...
Reste à voir si le bilan énergétique survit à un vrai prototype !
Cet aprem, je bossais tranquillou quand j'ai reçu un mail de DoctoLib qui m'a bien énervé avec pour titre : "Doctolib s'engage dans la recherche pour améliorer la santé". Bon, si on s'arrête au titre, on se dit "Ah bravo, Doctolib", sauf qu'en le lisant en entier, j'ai vite compris qu'ils venaient de décider à ma place que mes données de santé allaient nourrir des trucs, des bidules et des machins pour de la recherche en intelligence artificielle.
Et bien sûr que si ça ne me plaisait pas, bah fallait que je le dise.
Alors ce qu'ils expliquent dans ce mail, c'est qu'à partir d'août 2026, Doctolib lance un projet de recherche mené par une équipe associée à Inria, l'Inserm et l'Université Paris Cité pour, je cite "améliorer les parcours de soins grâce à l'IA". Jusque-là, difficile de cracher dessus, ce sont des institutions publiques sérieuses et l'objectif est louable. Le truc, c'est ce qu'ils vont manger pour y arriver : nos données démographiques, nos données de santé, et même celles de vos proches rattachés à votre compte. Et cela que ces données aient été renseignées par nous ou par nos soignants.
Et surtout, Doctolib ne nous demande pas notre accord. Ils s'appuient sur ce qu'on appelle l'intérêt légitime,
une base légale du RGPD
qui leur permet de piocher dans nos données sans passer par la case consentement. Hé ouais, en clair, on ne vous prend pas votre consentement, on vous l'enlève. Vous n'avez même pas à dire oui, c'est déjà oui par défaut, et vous êtes obligé de dire non si vous voulez sortir du dispositif.
Ils présentent ça comme de l'intérêt légitime, sauf qu'en même temps on ne sait pas du tout sur quoi ils vont bosser, on ne sait pas avec qui ils vont bosser, on ne sait pas comment nos données seront sécurisées, bref, on ne sait rien du tout. Alors forcément, moi je m'inquiète surtout que leur mail annonce clairement que d'autres travaux suivront, "avec des hôpitaux ou des institutions privées ou publiques". Donc on accepte qu'ils signent à notre place un chèque en blanc avec nos données pour des projets futurs dont personne ne connaît le contenu et basta, tout ça sous couvert d'intérêt légitime. Ce n'est que mon avis mais je trouve ça vraiment léger.
Alors oui, tout ça est parfaitement légal. Doctolib s'appuie sur la
méthodologie MR-004 de la CNIL
, qui encadre la recherche en santé et autorise justement ce fonctionnement par opposition plutôt que par consentement. Rien d'illégal là-dedans. Mais légal ne veut pas dire que je dois être d'accord.
Et c'est bien ça le problème... Ce cadre légal permet à une entreprise privée comme Doctolib de considérer que nos données de santé lui appartiennent assez pour les offrir (ou les revendre, je n'en sais rien ??) à la recherche, tant que vous ne levez pas la main pour refuser.
Doctolib tente de nous rassurer aussi en expliquant que les données sont pseudonymisées et "ne permettent pas de nous identifier directement". Notez bien le "directement", lol, ça ne se mouille pas trop. En réalité, pseudonymisé, ça ne veut pas dire anonyme... Ça veut seulement dire qu'on a remplacé votre nom par un code, mais que le lien existe toujours quelque part et reste réversible. Aux yeux de la loi, ça
reste encore vos données personnelles
. La vraie anonymisation, elle, est irréversible, et ce n'est pas ce dont on parle ici.
Et puis il y a le contexte... Non, Doctolib n'a pas subi de grosse fuite de données, il faut être honnête là-dessus mais on nage actuellement dans un écosystème tech en France qui
prend l'eau de partout
: 33 millions de Français touchés par le piratage des mutuelles Viamedis et Almerys début 2024, une quinzaine de millions de plus avec la fuite Cegedim en 2026. Chaque base de données de santé qui se constitue quelque part, c'est une cible de plus.
Et il y a un mois à peine, le Canard Enchaîné
accusait Doctolib de transmettre des infos
à Google, Microsoft et Anthropic pour de l'IA. Doctolib a répondu que ces boîtes n'étaient que des prestataires techniques qui n'entraînent pas leurs modèles avec vos données. Alors peut-être, hein, mais quand on nous demande de faire confiance sur parole pour des données aussi intimes que notre santé, l'inquiétude a le droit d'exister.
Bref, moi je m'oppose, et si vous êtes sur Doctolib je vous invite au moins à décider en connaissance de cause. Le mail est probablement arrivé dans vos spams, donc pour refuser, sachez que ça se passe dans les paramètres de confidentialité de votre compte, via le
formulaire d'exclusion de la recherche
. Ça bloque toute utilisation future de vos données et de celles de vos proches, sans aucun impact sur vos rendez-vous ni sur vos soins. Faites-le avant août 2026, car c'est le moment où le premier projet démarre.
Enfin bref, moi je pense qu'on devrait avoir à donner son accord, et pas à courir derrière ces boîtes pour retirer un accord qu'on n'a jamais donné en pleine conscience... C'est ça qui me dérange surtout.
Oulala, Anthropic vient de publier
une jolie page de recherche
qui fait beaucoup causer. En effet, son équipe d'interprétabilité a repéré, à l'intérieur de ses modèles Claude, une toute petite zone où le modèle rassemble ses pensées intermédiaires, c'est-à-dire celles qu'il est capable de nommer et de manipuler. Ils l'appellent le J-space, et c'est leur version du fameux
espace de travail global
qu'on décrit dans le cerveau humain.
Pour aller le fouiller, ils ont bricolé une technique baptisée Jacobian lens. En gros, elle mesure comment chaque bout d'activité interne du modèle pousse vers tel ou tel mot à venir, ce qui permet d'isoler les concepts que Claude sait verbaliser. Et ce qui remonte à la surface, ce ne sont ni les mots que vous tapez ni la réponse finale, mais des jugements en cours de route. Par exemple reconnaître un visage sur une photo, repérer un bug dans du code, deviner la fonction d'une protéine à partir de sa séquence.... tout ça se trame là, en silence, avant le moindre mot affiché.
Et ce qui est fou c'est que ce J-space encode parfois le fait que Claude a remarqué qu'on était en train de le tester. Et quand les chercheurs désactivent ces représentations-là, ils voient ressortir des penchants problématiques que le modèle gardait très bien planqués. Autrement dit, on tient un moyen de lire ce qu'une IA fabrique dans sa tête, et pas seulement ce qu'elle finit par nous répondre.
Maintenant, arrêtez de fantasmer car NON, ça ne prouve pas que Claude est conscient, et Anthropic prend soin de ne pas franchir cette ligne. Ils parlent d'un analogue purement fonctionnel de l'espace de travail global et refusent explicitement de se prononcer sur la question du ressenti. Le mot conscience fait de jolis titres sur vos médias préférés, mais leur document de recherche, lui, reste très prudent.
Le vrai intérêt est ailleurs, dans l'interprétabilité. Anthropic est déjà la boîte qui
dissèque le cerveau de ses modèles
et qui
étudie les LLM comme des aliens
et là elle se donne une vraie fenêtre pour lire, disséquer et même orienter la pensée de ses IA. On n'est plus sur des histoires de boites noires... Pour auditer un modèle, repérer une tromperie ou un biais avant même qu'il ouvre la bouche, c'est donc beaucoup plus utile qu'un débat sur l'âme des machines.
Le procédé a bien sûr des limites, puisque la Jacobian lens ne repère que les concepts que le modèle sait résumer en un mot, ce qui veut dire que tout un pan de raisonnement plus diffus lui échappe encore.
Mais bon, même si on n'a pas encore de Claude conscient à l'horizon, comme je vous le disais, cette histoire de boîte noire, c'est de l'histoire ancienne maintenant. On va enfin pouvoir détecter quand une IA nous cache des trucs et je trouve ça assez rassurant pour l'avenir.