Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

Faille telnetd - Accès root avant même le login

Telnet en big 2026... bah oui ça existe encore les amis ! Et surtout c’est toujours aussi troué ! J'en veux pour preuve le daemon telnetd de GNU InetUtils qui vient de se prendre une 2ème faille critique en l’espace de deux mois, et celle-là, elle pique de fou !

Il s'agit de la CVE-2026-32746 , elle permet d’obtenir un shell root sur n’importe quel serveur Linux ou BSD exposant le port 23, et l’attaque se fait avant même que le prompt de login n’apparaisse. Pas besoin de mot de passe, pas besoin de compte. Juste une bonne vieille connexion TCP et un paquet SLC malformé et c'est parti mon kiki !

En fait, le bug se planque dans le handler SLC (Set Local Characters) du code source C de telnetd. Ainsi, quand un client ouvre une socket TCP sur le port 23, y’a une phase de négociation d’options avant l’authentification. L’attaquant envoie alors un paquet SLC contenant un nombre anormal d'octets, et ça déclenche un buffer overflow de type out-of-bounds write dans la mémoire du processus. Et boom, exécution de code arbitraire avec les privilèges root ! Et ça, ça donne un score CVSS de 9.8 sur 10 soit quasi la note maximale !

Toutes les versions de GNU InetUtils telnetd jusqu’à la 2.7 sont touchées. Toutes vulnérables, et pour le moment, aucun patch n’est disponible à ce jour. C’est la boîte de cybersécurité israélienne Dream, via son chercheur Adiel Sol, qui a découvert le pot aux roses et publié l’advisory le 11 mars dernier. Le patch officiel du mainteneur GNU est attendu pour le 1er avril (et non, c’est pas un poisson).

Ça craint surtout qu'il y a à peine 2 mois, une autre faille critique dans le même daemon, la CVE-2026-24061 (aussi scorée 9.8), avait déjà été divulguée. Et celle-là, la CISA l’a depuis ajoutée à son catalogue de vulnérabilités activement exploitées dans la nature. Ça me rappelle carrément la faille RCE dans cups-browsed l’an dernier... Ces vieux services réseau, c’est dingue comme ça revient régulièrement.

Donc gaffe à vous parce que si vous avez du telnetd qui traîne quelque part (serveurs Debian, switchs Cisco, automates Siemens, imprimantes HP réseau...), faut agir vite.

Déjà, désactivez le service avec un

systemctl stop telnet.socket && systemctl disable telnet.socket

ou éditez /etc/xinetd.d/telnet si vous êtes sur un vieux système.

Sinon, on bloque le port 23 avec un

iptables -A INPUT -p tcp --dport 23 -j DROP

... plutôt que de laisser ça ouvert aux quatre vents. Isolez aussi l’accès via un VLAN dédié aux seuls réseaux autorisés et faites tourner le daemon sans les privilèges root si votre config le permet. Et en couche supplémentaire, je vous recommande le port knocking qui permet de masquer vos ports aux scans automatiques (ça ne corrige pas la faille, mais ça réduit la surface d’exposition).

Par contre, le problème vous l'aurez compris, c’est que beaucoup de ces équipements ne supportent pas forcément SSH. Donc y’a encore des tonnes et des tonnes de switchs managés et d’automates industriels coincés sur telnet parce que le constructeur n’a jamais jugé bon de supporter autre chose.

Et dans ces cas-là, le seul vrai plan de secours finalement, c’est ce bon vieux firewall et un peu d’isolation réseau. C'est pas l'idéal, mais c’est toujours mieux que rien.

Bref, bloquez le port 23 et passez à SSH. C’est quand même pas compliqué, meuuuuh !!

Source

Google lance une IA pour traquer les bugs dans le noyau Linux

Google vient de rendre public Sashiko, un outil de revue de code par intelligence artificielle qui analyse automatiquement les correctifs soumis au noyau Linux. Sur un échantillon de 1 000 bugs récents, l'IA en a détecté 53 %, alors que les relecteurs humains les avaient tous ratés sans exception.

Comment fonctionne Sashiko

Sashiko a été développé en interne par l'équipe Linux de Google, sous la direction de Roman Gushchin. Le principe : chaque correctif envoyé sur la liste de diffusion du noyau Linux est automatiquement analysé par une IA qui cherche les erreurs, les incohérences et les bugs potentiels.

Sans surprise, c'est Gemini Pro 3.1 qui fait tourner l'outil, mais il est aussi capable de tourner avec d'autres modèles, comme Claude.

Ce projet s'appuie sur les recherches de Chris Mason, un développeur qui rédige des prompts de revue de code pour l'IA depuis fin 2025. Sashiko va encore plus loin, car il automatise l'intégralité du processus.

D'ailleurs, l'outil est open source et est hébergé sur GitHub. Son transfert vers la Linux Foundation est d'ailleurs en cours, et Google continue à financer l'infrastructure ainsi que les coûts d'usage de l'IA.

100 % des bugs détectés

Le chiffre qui retient l'attention, c'est que 100 % des bugs détectés par Sashiko avaient échappé aux développeurs humains. Sur les 1 000 correctifs récents qui portaient la mention de correction de bug, l'IA a repéré plus de la moitié des problèmes.

Le noyau Linux reçoit des milliers de contributions chaque mois, et les mainteneurs n'ont pas toujours le temps de tout vérifier avec la même rigueur. Sashiko ne remplace pas la relecture humaine, mais il ajoute une couche de vérification qui manquait.

L'interface web est accessible publiquement et couvre l'ensemble des soumissions envoyées à la liste de diffusion du noyau. Tout le monde peut consulter les analyses générées par l'IA.

Le noyau Linux, c'est la base d'Android, de Chrome OS, du cloud de Google, d'Amazon et de Microsoft, et d'à peu près tous les serveurs qui font tourner Internet.

Que Google investisse pour fiabiliser ce code avec de l'IA, c'est plutôt logique. Par contre, on imagine bien que certains développeurs vont tiquer à l'idée qu'une machine relise leur travail et pointe des erreurs qu'ils n'ont pas vues.

La question n'est pas de savoir si l'IA va remplacer les développeurs, mais plutôt combien de temps il faudra avant que ce genre d'outil devienne la norme dans tous les gros projets open source.

Source : Phoronix

EA prépare son système anti-triche pour les PC ARM et envisage un support de Linux

Electronic Arts recrute un ingénieur senior pour adapter son système anti-triche Javelin aux processeurs ARM64. La priorité va aux PC Windows sur ARM, mais l'offre d'emploi mentionne aussi un futur support de Linux et de Proton. 

De quoi intéresser les joueurs sur Steam Deck et, pourquoi pas, sur Mac.

Un anti-triche qui arrive sur ARM

EA vient de publier une offre d'emploi pour un poste d'ingénieur senior anti-triche ARM64 au sein de son équipe SPEAR (Secure Product Engineering and Anti-Cheat Response). L'objectif principal : développer un driver natif ARM64 pour EA Javelin, le système anti-triche d'EA qui fonctionne au niveau du noyau du système d'exploitation.

La cible immédiate, ce sont les appareils Windows sur ARM, un segment qui prend de l'ampleur avec l'arrivée de consoles portables basées sur des puces ARM, et les futures puces Nvidia N1 et N1X qui se profilent dans le monde du PC portable.

Ce qui est intéressant, c'est une ligne un peu plus discrète dans l'offre d'emploi : le candidat devra "tracer une voie pour qu'EA Javelin supporte d'autres systèmes d'exploitation et matériels à l'avenir, comme Linux et Proton". C'est la couche de compatibilité de Valve qui permet de faire tourner des jeux Windows sur Linux, et donc sur le Steam Deck.

EA et Linux, une relation compliquée

Il faut quand même rappeler qu'EA a retiré le support Linux et Steam Deck d'Apex Legends fin 2024, en expliquant que la nature ouverte de Linux facilitait la triche. Du coup, des jeux comme Battlefield ou EA Sports FC ne fonctionnent tout simplement pas sur Linux.

Cette offre d'emploi va dans le sens inverse, ce qui est plutôt un bon signal, même si on parle bien d'un objectif à long terme et pas d'un lancement imminent.

EA n'est d'ailleurs pas le seul éditeur à avoir eu un rapport tendu avec Linux. Rockstar a coupé le support Linux de GTA V après avoir mis en place BattlEye, et Roblox a bloqué Wine complètement en 2023 avec son système Hyperion.

Le problème de fond reste le même : les anti-triche au niveau du noyau sont très difficiles à adapter sur Linux, où le système est par nature plus ouvert et plus personnalisable.

Un autre point d’intérêt est pour les joueurs Mac, qui pourraient suivre cette annonce de loin. Si EA finit par supporter Proton, ça pourrait aussi faciliter le fonctionnement de ses jeux via CrossOver ou le Game Porting Toolkit d'Apple, qui reposent sur la même base technique.

Bon maintenant attention, on parle ici d'un système de lutte contre la triche qui s'installe au niveau du noyau de votre système, ce qui pose forcément quelques questions de vie privée et de sécurité.

Source : Gaming on Linux

Les joueurs de Pokémon Go ont entraîné des robots livreurs sans le savoir

Niantic, le studio derrière Pokémon Go, a collecté plus de 30 milliards d'images prises par ses joueurs au fil des années.

Ces photos servent aujourd'hui à guider les robots livreurs de Coco Robotics dans les rues de Los Angeles, Chicago ou Helsinki, avec une précision au centimètre près. Les joueurs qui scannaient des statues pour gagner des récompenses, eux, n'en savaient pas grand-chose.

30 milliards de photos en jouant

Depuis le lancement de Pokémon Go, les joueurs arpentent les rues le téléphone à la main, en photographiant des monuments, des statues et des points d'intérêt. En 2020, Niantic a ajouté une fonction "Field Research" qui demandait aux joueurs de scanner des lieux réels avec leur caméra en échange de récompenses dans le jeu.

Le résultat : 30 milliards d'images accumulées au fil du temps, prises sous tous les angles, par tous les temps, à différentes heures de la journée. Niantic a utilisé tout ça pour entraîner son Visual Positioning System, un outil de navigation visuelle capable de localiser un appareil à quelques centimètres près rien qu'en analysant les bâtiments autour de lui.

Des robots livreurs au centimètre près

Niantic Spatial, la filiale dédiée, vient de s'associer à Coco Robotics, une startup qui déploie environ 1 000 petits robots livreurs à Los Angeles, Chicago, Jersey City, Miami et Helsinki. Ces robots transportent jusqu'à huit grandes pizzas ou quatre sacs de courses, et circulent sur les trottoirs.

Le GPS est peu fiable dans les zones urbaines denses, où les signaux rebondissent sur les immeubles, et c'est là que le VPS de Niantic change la donne : les robots se positionnent au centimètre près devant un restaurant ou une porte d'entrée, sans dépendre des satellites.

De Google à la livraison de pizzas

Niantic est née comme une équipe interne de Google spécialisée dans les données de localisation, avant de devenir un studio indépendant. La collecte d'images était mentionnée dans les conditions d'utilisation de Pokémon Go, mais personne ne lit ces pages.

Les joueurs qui scannaient des statues pour gagner des Poké Balls n'imaginaient probablement pas qu'ils construisaient une carte du monde pour des robots livreurs. Niantic parle d'une "carte vivante" qui s'améliore en continu, alimentée par ses millions de joueurs actifs.

C'est quand même un peu fort. Des millions de joueurs ont passé des heures à scanner des monuments et des trottoirs en pensant attraper des Pokémon, et en fait ils bossaient gratuitement pour entraîner des robots livreurs. 

Niantic avait prévu le coup depuis le début, l'air de rien, en transformant chaque partie en session de cartographie. C'est malin, mais on aimerait bien que les éditeurs de jeux soient un peu plus clairs quand ils transforment leurs joueurs en main-d'œuvre gratuite.

Source : PetaPixel

Un VPN gratuit débarque dans le prochain Firefox

Un VPN gratuit, intégré direct dans Firefox, sans rien installer ça vous dit ??

Bah ça tombe bien car c'est ce que Mozilla nous balance avec la version 149 de son navigateur, qui débarquera le 24 mars, soit le LENDEMAIN de mon anniversaire 🥳 !! Et c'est pas juste un gadget marketing puisqu’ils offrent 50 Go de bande passante par mois, soit l'équivalent de 25 films en streaming SD, et qu'ils couvrent déjà la France, les États-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Leur intégration VPN route en fait tout le trafic de votre navigateur via un serveur proxy qui masque votre adresse IP et votre géolocalisation. Comme ça y'a pas besoin de télécharger une extension louche sur le store, puisque c'est natif. Depuis l'annonce, Mozilla nous a promis que ce service respectait ses principes en matière de protection des données, ce qui en langage courant veut dire qu'ils devraient faire un peu gaffe à nos données. On verra bien puisque les promesses n'engagent que ceux qui y croient mais bon, en général, ils respectent leurs paroles et leurs valeurs donc je leur ferais plutôt confiance sur le coup.

Par contre, 50 Go par mois, j'avoue c'est pas la fête du slip. Si vous streamez comme un gros cochon en HD tous les soirs, ça va fondre en une grosse semaine environ. Disons que ce VPN est plutôt dimensionné pour protéger votre navigation quotidienne, genre le petit Wi-Fi du café ou de l'hôtel. Et vous vous en doutez, y'aura un abonnement possible aussi mais les tarifs pour un éventuel plan "illimité" n'ont pas encore été annoncés.

L'autre grosse feature dans Firefox 149, c'est également le split view. Ça permet d'affichez deux pages côte à côte dans la même fenêtre ! Comme ça vous pouvez ouvrir Korben.info à gauche et pratiquer votre surf quotidien dans le panneau de droite. Je plaisante mais en tout cas, ça va m'éviter de jongler entre les onglets pour comparer deux trucs ou copier du texte d'un site à l'autre. ET OUI je sais, Vivaldi et Edge font ça depuis un moment déjà, mais moi je suis sous Firefox, donc c'est pour ça que je vous en parle. Parce que ça débarque enfin dans ma vraie life à moi !

Côté IA, je vous rappelle que Mozilla avait déjà ajouté un kill switch et des contrôles granulaires pour gérer chaque fonction IA individuellement et cette 149 pousse le truc encore plus loin puisque vous pouvez maintenant activer ou désactiver finement chaque brique, de la traduction automatique aux chatbots de la sidebar. Comme ça, vous pouvez garder ce qui vous sert en IA et vous virer le reste.

Y'a aussi Tab Notes qui arrive... C'est une fonctionnalité encore un peu expérimentale présente dans Firefox Labs, qui permet d'attacher des notes directement à vos onglets. Si comme moi, vvous faites de la veille sur macOS ou Linux avec 40 onglets ouverts et que vous voulez griffonner une remarque vite faire sur une page sans ouvrir un Notion ou équivalent à côté, c'est pas du luxe.

Mozilla bosse également sur Smart Window, un assistant contextuel qui affiche des définitions, des résumés d'articles ou des comparaisons de produits pendant votre navigation. J'sais pas trop si les gens vont utiliser ce truc... Moi j'suis pas certain en tout cas. Mais bon, pour le moment, c'est pas encore déployé, donc faudra patienter encore un peu avant de mettre la main dessus.

Et pour finir, le navigateur se refait une beauté. Nouvelles icônes, thèmes rafraîchis, et une mascotte toute neuve qui s'appelle Kit (Oui, le renard a un prénom maintenant !). Voilà les amis, la refonte complète des paramètres arrivera dans la Nightly à partir d'avril 2026 et rassurez vous les flippés, toutes les nouveautés IA resteront désactivées par défaut, comme pour la 148... faudra donc aller les activer à la main si vous en voulez.

Voilà, donc notez bien, Firefox 149 sort le 24 mars avec un VPN gratuit intégré nativement dans un navigateur ! On n'avait pas vu ça depuis Opera ! (lol)

Source

Widelands - Le Settlers II open source fêtera cette année ses 24 ans de dev

Settlers II, ce jeu de stratégie où vous passiez des heures à regarder vos petits bonhommes transporter des planches de bois sur des chemins de terre est quelque part, toujours vivant puisqu'il y a des devs qui bossent sur un jeu open source équivalent depuis 2001. Ça fait + de 24 ans et le résultat vaut carrément le coup d'œil.

Le projet s'appelle Widelands , c'est un jeu de stratégie en temps réel sous licence GPL-2.0, dispo sur Windows, macOS 11+ (j'ai dû le débloquer avec Sentinel comme d'hab) et Linux (AppImage, Flatpak, PPA Ubuntu). On y retrouve de la gestion de mines d'or et de fer, de la construction de scieries et de casernes en pierre, des chaînes de production complètes avec des forgerons qui tapent sur l'enclume, des bûcherons qui abattent des chênes et des fermiers qui récoltent du blé...etc. Tout pareil sur Settlers II donc sauf que là c'est gratuit, c'est libre, et ça tourne même sur des machines pas toutes jeunes.

Dans Widelands, vous avez 5 tribus jouables, les Barbarians, l'Empire, les Atlanteans, les Frisians et les Amazons, chacune avec ses bâtiments spécifiques et ses arbres de technologies. Y'a des campagnes solo avec des tutoriels intégrés, un mode multijoueur en ligne et un éditeur de cartes.

Sous le capot, c'est du C++ compilé avec CMake et du Lua pour le scripting des campagnes et de l'IA. Du coup si vous voulez bidouiller, hop vous clonez le repo depuis GitHub et vous suivez le guide de compilation du wiki (y'a des dépendances SDL2, Boost, ICU à installer avant). C'est pas forcément facile car le code source fait plusieurs centaines de milliers de lignes mais heureusement, y'a un système d'add-ons qui vous permettra d'installer des cartes et des mods sans toucher au compilateur, genre un Steam Workshop du pauvre (mais en mieux parce que c'est ouvert).

Screenshot

Et ce projet est bien vivant avec plusieurs commits par jour. La communauté discute sur IRC (#widelands sur LiberaChat) et sur Discord et fait amusant, l'équipe a officiellement refusé toutes les contributions générées par IA parce que ça pose notamment pas mal de soucis de copyright. Après pour un projet construit avec amour depuis deux décennies par des bénévoles en chair et en os, je trouve ça plutôt sain.

Voilà, si vous aimez les clones open source de jeux cultes , celui-là ça vaut le coup.

Bon jeu !

Proton Mail permet de réserver pendant 15 ans une adresse mail chiffrée pour vos futurs gosses

Proton vient de lancer Born Private, un programme qui permet aux parents de réserver une adresse mail chiffrée pour leur enfant dès la naissance. L'adresse reste verrouillée pendant 15 ans maximum, le temps que l'enfant soit en âge de s'en servir, sans aucune collecte de données entre-temps. Le tout pour un dollar symbolique, intégralement reversé à la Proton Foundation.

Un email chiffré dès la naissance

Les parents choisissent ici une adresse @proton.me pour leur enfant, versent un dollar minimum, et l'adresse est verrouillée pendant 15 ans. Pas de boîte de réception active, pas de collecte de données, pas de profilage publicitaire.

L'enfant n'existe tout simplement pas dans le système. Le jour venu, les parents transmettent un voucher sécurisé qui déverrouille le compte, et l'adresse devient un vrai compte Proton Mail avec chiffrement de bout en bout, protection anti-phishing et code open source vérifiable. Proton étant basé en Suisse, les données restent protégées par la législation helvétique, ce qui veut dire pas d'accès sans mandat.

71 % des enfants connectés avant 10 ans

Proton a mené une enquête auprès de 1 216 parents américains début 2026, et les résultats sont assez clairs. 32 % des enfants reçoivent un appareil connecté avant 5 ans, et 71 % en possèdent un avant 10 ans. Côté confiance, seulement 14 % des parents font vraiment confiance aux géants de la tech pour protéger les données de leurs enfants.

Et 63 % pensent que ces entreprises profitent des données des plus jeunes. Andy Yen, cofondateur et CEO de Proton, résume : "Nous avons été la première génération à devenir dépendante d'un internet basé sur la surveillance, mais la suivante n'est pas obligée de l'être."

Un film et un dollar

L'intégralité du dollar de réservation va à la Proton Foundation, l'actionnaire principal à but non lucratif de Proton. Pour le lancement, un court-métrage a été produit avec Uncommon Creative Studio et la réalisatrice Olivia de Camps, qui met en images le sentiment d'être observé et les profils fantômes que les grandes plateformes construisent autour des enfants. Vous pouvez le voir en cliquant ici .

Pour rappel, 43 % des mineurs possèdent déjà une adresse mail, et parmi eux, 74 % utilisent Gmail. Born Private arrive donc avant même que l'enfant ne commence à naviguer.

Réserver une adresse mail à la naissance de son gamin, ça sonne un peu comme réserver un nom de domaine dans les années 2000. C'est un coup de com malin de la part de Proton, mais il y a quand même un vrai sujet derrière : on laisse nos enfants débarquer sur des services qui monétisent leurs données avant même qu'ils sachent lire, et personne ne bronche.

Un dollar pour 15 ans, c'est symbolique, et ça a le mérite de poser la question au bon endroit. Bon maintenant, il faudra quand même voir comment Proton garantit la pérennité d'une adresse sur 15 ans, parce que dans la tech, 15 ans, c’est une éternité.

Source : Lbbonline

Android 17 va bloquer les apps qui abusent des services d'accessibilité

Google durcit le ton avec Android 17. La prochaine version de l'OS mobile va empêcher les applications non certifiées d'accéder aux services d'accessibilité, une API très puissante et régulièrement détournée par les malwares pour espionner les utilisateurs et vider des comptes bancaires.

Ce qui change avec Android 17

La nouveauté est apparue dans la Beta 2 d'Android 17, repérée la semaine dernière. Quand le mode Advanced Protection est activé, le système bloque automatiquement l'accès à l'API AccessibilityService pour toutes les apps qui ne sont pas de vrais outils d'accessibilité.

Seules les applications qui portent le marqueur technique isAccessibilityTool restent autorisées : lecteurs d'écran, outils de saisie vocale, systèmes d'entrée par contacteur et applications braille.

Les autres, et la liste est longue, sont mises de côté : antivirus, outils d'automatisation, assistants, nettoyeurs système, gestionnaires de mots de passe et lanceurs alternatifs.

Et si une de ces apps avait déjà l'autorisation, Android 17 la révoque automatiquement au moment où le mode Advanced Protection est activé. L'utilisateur ne peut pas non plus forcer l'accès manuellement tant que la protection est active.

Pourquoi c'est un vrai sujet ?

L'API AccessibilityService est l'une des plus sensibles d'Android. Elle permet de lire le contenu de l'écran, d'intercepter les frappes clavier, de cliquer sur des boutons à la place de l'utilisateur et d'accorder des autorisations sans que personne ne s'en rende compte.

Les malwares bancaires l'exploitent depuis des années pour voler des identifiants et vider des comptes. Google a longtemps fermé les yeux sur le problème, ou en tout cas laissé la porte grande ouverte. Avec ce mode, c'est un peu le retour à la raison.

Le mode Advanced Protection, lancé avec Android 16, regroupe aussi d'autres verrous : blocage du sideloading (l'installation d'apps en dehors du Play Store), restriction des transferts de données par USB et scan obligatoire via Google Play Protect.

Android 17 ajoute donc cette brique supplémentaire sur l'accessibilité. Côté développeurs, Google met à disposition une API AdvancedProtectionManager qui permet aux apps de détecter si le mode est actif et d'adapter leur comportement en conséquence.

On ne va pas se mentir, quand on utilise un iPhone, ce genre de problème ne se pose pas vraiment puisque iOS a toujours été bien plus restrictif sur ce que les apps peuvent faire en arrière-plan. Mais pour les utilisateurs Android, c'est une avancée qui était attendue depuis un moment. Le revers de la médaille, c'est que des apps tout à fait légitimes vont se retrouver bloquées.

Un émulateur de Dynamic Island comme dynamicSpot ne fonctionne plus avec le mode activé, et c'est le genre de petite frustration qui risque de pousser pas mal de monde à désactiver la protection. On espère que Google trouvera un juste milieu entre la sécurité et la flexibilité qui fait la force d'Android, en tout cas pour le moment ce n'est pas encore tout à fait ça.

Source : The Hacker News

Strix - Fini la galère des caméras IP sans RTSP

Vous avez des vieilles caméras de surveillance chinoises qui prennent la poussière parce qu'il vous est impossible de trouver leur flux vidéo ? Y'a pas de RTSP, y'a pas de doc, y'a juste un pauvre port 80 ouvert et une app Android en Mandarin qui est périmée depuis 2021 ?

JE VIENS VOUS SAUVER LES ZAMIS ! Eh oui, grâce à Strix qui est capable de tester 102 787 patterns d'URL en 30 secondes et qui vous sort miraculeusement le bon flux vidéo qui marche, avec la config Frigate prête à être collée.

En fait, le principe est simple. Vous lancez un conteneur Docker, vous entrez l'IP de votre caméra et l'outil bombarde en parallèle toutes les URL connues pour ce type de matos. RTSP sur le port 554, MJPEG sur le 8080, snapshots JPEG sur le 80... et 30 à 60 secondes plus tard, vous avez la liste des flux qui répondent avec résolution, FPS et codec H.264 ou H.265.

L'installation tient en une ligne et l'interface web tourne sur le port 4567. Vous entrez l'IP, le login si besoin, et éventuellement le modèle de la caméra IP pour affiner la recherche. Après, même sans modèle, Strix se débrouille avec les 206 patterns les plus courants (sur les 102 787 de la base complète) + la découverte ONVIF . Du coup ça trouve un flux sur à peu près n'importe quoi, du Dahua au Foscam en passant par les marques fantômes d'AliExpress.

Un autre truc vraiment sympa aussi , c'est la génération de config. Vous collez votre fichier frigate.yml existant, même avec 500 caméras dedans, et l'outil ajoute proprement la 501ème sans rien casser ! Il configure automatiquement le flux HD 1080p pour l'enregistrement et le flux 640x480 pour la détection d'objets, le tout passant par go2rtc . Résultat, la conso CPU de Frigate peut carrément passer de 30% à 8%.

Et surtout, l'histoire derrière est assez dingue. Le dev derrière ce projet avait des vieux NVR chinois de 2016 qu'il voulait connecter à Frigate. Après 2 ans à tester toutes les URL possibles... rien. Snif... Tous les ports fermés sauf le 80. À vrai dire, ces machins ne parlaient même pas un protocole connu. Alors il a fini par faire tout ce que fait un vrai bidouilleur quand il est énervé : Sniffer le trafic de l'app Android avec Wireshark !

Et grâce à cela, il a découvert un truc baptisé BUBBLE, tellement obscur que ça n'existe nulle part sur Google ! Cela lui a permis de construire une base de 67 288 modèles issus de 3 636 marques, des Hikvision jusqu'aux trucs sans nom d'AliExpress.

Et quand y'a pas de RTSP du tout (ce qui arrive souvent avec le matos chinois pas cher), l'outil se rabat sur les snapshots JPEG et les convertit en vrai flux vidéo via FFmpeg. C'est pas aussi clean qu'un vrai stream H.264 (et ça saccade un peu à 10 FPS), mais c'est largement suffisant pour de la détection de personnes ou de bagnoles.

Après, sachez-le, ça ne marche qu'avec les caméras présentes sur votre réseau local. Les caméras cloud (Blink, Ring, Xiaomi) ne sont pas supportées. Et aussi, comme on n'est jamais trop prudent d'ailleurs, si vous branchez ce genre de vieux matos chinois, mettez-les dans un VLAN isolé sans accès Internet parce que côté sécurité, c'est la fête du slip sur ce genre de matos : Backdoors, mots de passe en clair sur le port 80, appels serveurs en Chine... va savoir ce qu'elles font quand personne ne regarde.

Strix a même tapé dans l'œil du développeur de Frigate lui-même, qui a invité l'auteur à soumettre une PR officielle pour l'intégrer dans la doc officielle. Eh ben quelle classe ! Ah et y'a aussi un add-on Home Assistant en beta si vous êtes branchés domotique (pas forcément stable, le soft sous Docker reste plus fiable). Strix est écrit en Go, sous licence MIT, y'a une image Docker de 80-90 Mo sur Alpine Linux, avec FFmpeg et FFprobe embarqués, et ça tourne comme un charme sur AMD64 comme sur ARM64 (votre Raspberry Pi 4 suffit).

Bref, allez tester ça, car y'a clairement de quoi sauver pas mal de matos de la poubelle !

DLSS 5 - Nvidia rend vos jeux plus beaux que la vraie vie

Vous connaissez cette sensation bizarre quand un personnage de jeu vidéo est presque réaliste, mais que quelque chose cloche ? Les yeux morts, la peau en plastique, le sourire figé comme un masque en silicone... Hé bien ce phénomène, c'est ce qu'on appelle l'uncanny valley (la vallée de l'étrange), et Nvidia vient d'annoncer à la GTC 2026 que c'était bientôt terminé grâce à DLSS 5. Jack Lang, prends garde !!

Leur concept s'appelle "rendu neuronal" et en gros, ça fusionne l'IA générative avec le moteur 3D classique. En fait, le processeur graphique analyse chaque image de votre écran 4K et comprend ce que sont la peau, les cheveux, les vêtements, puis recalcule l'éclairage et les ombres pour que tout ait l'air vrai. Jensen Huang parle de combiner données structurées (la 3D prédictive) avec du calcul probabiliste (l'IA générative) et ce qu'on obtient à la sortie, c'est du photoréalisme en temps réel sur votre écran.

La démo parle d'elle-même comme vous pouvez le voir !

Par exemple, sur Resident Evil Requiem, un perso avec des yeux de poisson mort et une peau de mannequin en cire se transforme en quelque chose de photoréaliste. C'est assez dingue. Sur Starfield également, les pupilles et les expressions en carton-pâte deviennent vivantes, car le moteur recalcule les reflets de lumière dans les iris, pixel par pixel. Sur EA Sports FC, le visage d'un joueur de foot gagne des imperfections de peau, des rougeurs sur les joues, des ridules sur le front (bref, la vraie vie quoi). Et pareil sur Hogwarts Legacy.

Par contre, tout ça doit tourner en 16 millisecondes par image et comme y'a pas le temps faire du rendu ciné sur des fermes de serveurs à l'autre bout de la planète (ah les gamers, ces pollueurs ^^), pour la démo sur scène, Nvidia a aligné deux cartes GeForce RTX 5090 en tandem, une pour le rendu et l'autre pour le DLSS 5. Ce n'est pas forcément à la portée de toutes les bourses, ces bêtes-là mais rassurez-vous, à la sortie cet automne, ça tournera sur une seule carte (ouf !). Reste à voir maintenant si l'IA générative ne va pas halluciner un sixième doigt de temps en temps, mais bon, c'est le jeu (ma pauvre Lucette...).

Côté adoption, Bethesda, Capcom, NCSoft, Tencent et Warner Bros sont déjà dans la boucle donc on devrait voir du rendu neuronal dans pas mal de gros titres d'ici fin 2026. D'ailleurs, si le sujet de l' upscaling par IA vous parle, Microsoft avait lancé Auto SR dans le même esprit pour Windows 11.

Bon par contre, faut quand même en parler... depuis la keynote, c'est la tempête sur YouTube et les réseaux. La vidéo de démo s'est pris un ratio de dislikes assez monumental et les commentaires sont quasi unanimes : "on n'a pas demandé ça". Le problème, c'est pas le rendu neuronal en soi (la techno est bluffante), mais c'est que la démo donne l'impression d'écraser la direction artistique des jeux. Un Leon Kennedy buriné et patiné par les artistes de Capcom qui se retrouve lissé comme une pub L'Oréal, forcément, ça fait tiquer la communauté. Tom's Hardware qui a pu tester a d'ailleurs relevé des artefacts pas très glorieux du genre des textures qui bullent, des décolorations bizarres sur certaines surfaces. Bref, c'est encore un peu rugueux on va dire.

Jensen Huang a répondu aux critiques en balayant d'un "they're completely wrong" et en assurant que les développeurs garderont le contrôle total sur le rendu final. On verra. C'est une beta, ça sort cet automne, et il y a le temps de régler le curseur entre "photoréalisme impressionnant" et "respect de la patte des artistes". Mais la réaction montre un truc intéressant... les joueurs tiennent à la vision artistique de leurs jeux, parfois plus qu'au réalisme pur. Et ça, Nvidia ferait bien de l'entendre.

Après moi ce que j'aimerais surtout, à vrai dire, c'est que Nvidia pousse le concept un cran plus loin et nous sorte des lunettes AR avec du rendu neuronal intégré. Du DLSS 5 mais pour le monde réel !

Ce serait génial pour à la fois pour magnifier les paysages d'Auvergne, les volcans du Puy-de-Dôme... mais surtout pour mettre un petit coup de frais SUR LA GROSSE TÊTE CRASSEUSE de certaines personnes que je croise parfois (non, en vrai, je croise personne, je sors pas de chez moi). Ça ce serait du vrai metaverse les amis !!

Source

Le GPS des navires complètement brouillé dans le détroit d'Hormuz, plus de 1 100 bateaux touchés

Des centaines de navires apparaissent au-dessus d'aéroports ou de centrales nucléaires sur les écrans de navigation. L'Iran brouillerait massivement les signaux GPS dans le détroit d'Hormuz, et le trafic maritime commence sérieusement à en pâtir.

Des bateaux fantômes sur les radars

Les écrans radars affichent en effet un peu n'importe quoi dans cette zone désormais, comme par exemple un pétrolier de 300 mètres qui tourne en rond autour d'un aéroport, ou un porte-conteneurs qui traverse en toute décontraction une centrale nucléaire.

Depuis le début des hostilités, les signaux GPS sont complètement brouillés dans cette zone, et les positions transmises par les navires ne sont absolument plus les bonnes.

Windward, une société spécialisée dans le suivi maritime, a référencé plus de 1 100 navires touchés en seulement quelques heures, avec au moins 21 zones de brouillage différentes dans la région.

Les chercheurs appellent ça des "crop circles" : sur les cartes électroniques, les bateaux dessinent des cercles parfaits au-dessus de la terre ferme. Sauf que ce n'est pas un bug un peu rigolo, c'est un vrai problème pour les bateaux et les marins.

Un GPS vieux de 15 ans face à un brouilleur moderne

Le problème de fond, c'est que les navires commerciaux utilisent des récepteurs GPS qui ont facilement 15 ans d'âge. Ils captent les signaux d'une seule constellation satellite, sur une seule fréquence. Votre smartphone fait mieux : il jongle avec quatre constellations et plusieurs fréquences en même temps.

Todd Humphreys, professeur en ingénierie aérospatiale à l'Université du Texas, est assez catégorique sur l'origine du brouillage. Selon lui, l'Iran utilise des antennes installées sur des tours côtières ou des ballons captifs pour émettre de faux signaux qui se substituent aux vrais. Et ça marche très bien.

Le système AIS, qui permet aux navires de se localiser mutuellement, est lui aussi alimenté par le GPS. Du coup, quand le GPS est compromis, c'est toute la chaîne de navigation qui s'effondre. Un capitaine qui regarde son écran voit des centaines de bateaux tourner à des positions fictives, sans savoir où se trouvent réellement les autres navires ni à quelle vitesse ils avancent.

20 % du pétrole mondial dans le goulot

Le détroit d'Hormuz, c'est à peine 34 kilomètres de large au point le plus étroit, et pourtant 20 % du pétrole et du gaz mondiaux y transitent chaque jour. En temps normal, entre 130 et 150 navires y passent quotidiennement.

Certains pétroliers naviguent désormais avec leur transpondeur AIS éteint pour éviter d'être repérés, et plusieurs navires affiliés à des compagnies occidentales ont tout simplement fait demi-tour.

L'Union européenne, via son centre de sécurité maritime, recommande aux équipages de se fier au radar et à la navigation visuelle plutôt qu'aux instruments électroniques. Autant dire qu'on en revient aux méthodes d'il y a trente ans.

C'est quand même assez fou de constater que des navires de plusieurs centaines de milliers de tonnes naviguent avec des GPS moins performants qu'un téléphone à 200 euros.

Il va être urgent que les constructeurs de navires se décident à moderniser leurs équipements.

Source : Scientific American

Un DDoS offre le parking gratuit à toute une ville

Non mais c'te blague ! Y'a des hackers qui viennent de lancer une cyber-attaque sur des parcmètres. Ouais des parcmètres ! Et voilà comment Perm, une ville d'un million d'habitants dans l'Oural en Russie, s'est retrouvée à offrir le parking gratuit aux automobilistes durant 4 longues journées.

En effet, du 10 au 13 mars dernier, le système de stationnement automatisé de Perm et son portail permparking.ru se sont pris une attaque par déni de service tellement massive que plus personne ne pouvait payer sa place. Et c'est à ce moment que les autorités locales ont eu une réaction d'une logique implacable, en décrétant le stationnement gratuit pour tout le monde pendant la durée de la panne, week-end compris !

Ah les veinards !

Pour ceux qui débarquent, le principe d'un DDoS c'est de noyer les serveurs sous un déluge de trafic réseau, souvent via un botnet, c'est-à-dire un réseau de machines infectées qui envoient toutes des requêtes en même temps. En fait, c'est comme si 500 000 personnes essayaient d'entrer en même temps dans une cabine téléphonique ^^. C'est un classique cyber plutôt brutal mais diablement efficace. Si le sujet vous intéresse, j'avais d'ailleurs fait un article complet là-dessus .

Ce qui est "cocasse" dans l'histoire, c'est qu'on ne sait toujours pas qui est derrière tout ça. Un groupe d'hacktivistes qui voulait faire passer un message ? Un ado qui testait un stresser (ces outils de DDoS clé en main) trouvé sur un forum ? Ou tout simplement un automobiliste bien énervé par le prix du stationnement qui aurait tout simplement décidé de régler le problème à sa manière ? On ne sait pas mais l'hypothèse n°3 est ma préférée ^^.

Après, j'avoue que dans le contexte actuel, c'est difficile de ne pas penser au hacktivisme. En effet, en octobre 2024, c'est le parking de Tver qui s'était fait démonter. Une attaque ensuite revendiquée par l' Ukrainian Cyber Alliance , puis la ville de Krasnodar a suivi en janvier 2025. Et enfin Perm, qui devient donc la 3ème ville russe à se faire offrir le parking gratos par des hackers.

Parcmètres, feux de signalisation, systèmes de transport... faut dire que tout ce qui est connecté et pas assez protégé finit tôt ou tard par se faire taper dessus.

C'est un concept que certains (j'imagine) aimeraient bien voir arriver à Paris, mais bon, rêvez pas, chez nous c'est ULTRA SECURISÉ (lol)

En tout cas, si un jour le parking devient gratuit chez vous, demandez-vous si c'est pas un affreux botnet qui est en train de vous faire économiser quelques euros.

Source

Reconnaissance faciale en open bar pour la police

Depuis 2022, TOUS les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale directement sur leur téléphone de service. En vous prenant en photo lors d'un contrôle (chiiiiiz 😀), ils peuvent ensuite, en quelques secondes, consulter un énooOoorme fichier contenant 9 millions de portraits.

Tu parles d'un trombinoscope !!

Voilà, c'est ce que révèle une enquête impressionnante du média Disclose , documents internes du ministère de l'intérieur à l'appui.

En bref, les forces de l'ordre sont équipées d'un gros smartphone baptisé NEO, un genre de pavé noir rectangulaire qui ressemble à une tablette de poche et dessus, y'a une appli avec accès direct au TAJ (traitement d'antécédents judiciaires), un fichier qui couvre plus d'un quart de la population française. Nom, date de naissance, adresse, profession... et parfois des infos sensibles comme l'appartenance politique ou religieuse.

Ce logiciel, développé par l'allemand Cognitec (sûrement la contraction du mot "tech" et du mot "cogner"... rooooh) , affiche les 200 photos les plus ressemblantes en moins d'une minute. C'est comme la reco faciale de Yandex mais en encore plus facile ! On ouvre l'appli sur l'écran, on sélectionne la photo dans l'album, on clique sur le bouton "rapprocher", et le serveur crache ses résultats. C'est dingue.

Sauf que OH BIZARRE l'utiliser lors d'un contrôle d'identité, c'est totalement illégal ! En effet, le code de procédure pénale limite l'accès au TAJ à des agents "individuellement désignés et spécialement habilités", dans le cadre strict d'enquêtes judiciaires (et aux hackers qui font fuiter les datas ^^). Eh oui c'est pas fait pour scanner des gamins assis sous un platane sur une place à Marseille. Déso, hein.

Et pourtant ! Disclose a recueilli les témoignages de six personnes photographiées et identifiées entre 2021 et 2025, à Marseille, Paris et Lyon. Un gamin de 18 ans contrôlé sans même sortir sa carte d'identité... sa photo prise avec le téléphone a suffi. Un manifestant pro-Palestine forcé physiquement à faire face à la caméra, des mains gantées sur le visage.

Et un flic montre même la manip à Disclose sur son NEO, tranquille, en expliquant que "tout le monde y a accès dès la sortie de l'école de police". Hop, le portrait tombe en moins d'une minute. C'est chouette pour connaître le prénom des gens sur Tinder, suffit de prendre en photo l'écran de son smartphone perso, hein.... bah quoi ?

L'IGPN elle-même le sait. En effet, dans son rapport 2023, la police des polices écrivait noir sur blanc que le TAJ est "très fréquemment utilisé sur la voie publique". Ah bah ça va, s'ils sont au courant, on est rassuré parce qu'ils ont surement dû faire quelque chose pour empêcher ça... ah bah non en fait parce que les consultations ont plus que doublé en 5 ans : 375 000 en 2019, près d'un million en 2024 !! Waaaaah, ça fait environ 2 500 tirage de portrait par jour, c'est fou !! Le problème, c'est que personne ne contrôle qui consulte quoi. Les accès sont tracés sur les serveurs, mais bon... tracer sans vérifier, ça sert pas à grand-chose. Et c'est pas forcément par manque de moyens car chaque consultation est horodatée et conservée trois ans, donc y'a le temps. Non, faut croire que c'est la flemme en fait.

Et là, Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pose les mots qui font mal : "Quand des policiers peuvent photographier qui ils veulent pour savoir qui est qui, c'est un renversement de l'État de droit."

Elle rappelle en effet, qu'en 1940, il a suffi d'un, je cite, "tout petit changement de curseur" dans les fichiers de police pour aller chercher les gens chez eux. Le parallèle fait froid dans le dos, mais il est factuel.

Et surtout c'est la deuxième fois, à vrai dire, que Disclose prend le ministère en flagrant délit sur ce sujet. En 2023, c'était Briefcam , un logiciel israélien de vidéosurveillance déployé illégalement. Le ministre avait dû le faire désactiver dans les semaines qui ont suivi. Eh bien, croyez-le ou non, cette fois, le ministère n'a même pas daigné répondre aux questions de Disclose. Va savoir pourquoi... C'est trop bizaaaarre.

Maintenant si vous voulez savoir quels sont vos droits face à cette pratique, La Quadrature du Net a publié un guide en accès libre qui explique ce que la police peut et ne peut pas faire lors d'un contrôle. Franchement, c'est à lire et à partager !

Par contre, n'oubliez pas que cette technologie ne marche pas toujours. Par exemple, cette américaine vient de passer près de six mois en prison à cause d'un faux positif avec une technologie à la con de ce genre. Donc bon...

Et si vous voulez voir concrètement comment ça se passe, Camille Reporter a justement fait une vidéo très bien fichue sur le sujet :

Bref, allez lire l'enquête complète de Disclose, c'est du journalisme d'investigation en accès libre et ça concerne directement vos libertés. Et si le cœur vous en dit, soutenez-les .

Source

Z80 Sans, la police de caractères qui désassemble du code machine toute seule

Un développeur a créé une police OpenType capable de convertir des opcodes hexadécimaux du processeur Z80 en instructions assembleur lisibles.

Il suffit de coller le code machine dans un traitement de texte, de changer la police, et les mnémoniques s'affichent en clair. Le projet, disponible sur GitHub, détourne les tables de substitution de glyphes de manière plutôt rigolote.

Une police, pas un logiciel

L'idée est en fait assez simple. Vous balancez une suite de caractères hexadécimaux dans LibreOffice Writer, puis vous sélectionnez cette police, Z80 Sans donc, et sous vos yeux ébahis, le texte se transforme en instructions assembleur.

Pas besoin d'installer un désassembleur, pas besoin de ligne de commande. La police fait tout le travail.

Derrière cette apparente simplicité, le développeur nevesnunes a exploité deux composants du standard OpenType que l'on retrouve habituellement dans des usages bien plus classiques : la table de substitution de glyphes (GSUB) et la table de positionnement (GPOS).

Ce sont les mêmes mécanismes qui permettent d'afficher correctement l'arabe ou de fusionner deux lettres en une ligature comme le "æ". Ici, ils servent à reconnaître des séquences hexadécimales et à les remplacer par les mnémoniques Z80 correspondants.

458 752 combinaisons à gérer

Le Z80 est un processeur 8 bits qui accepte des adresses sur 16 bits et plusieurs registres comme opérandes. Résultat : une seule instruction peut donner jusqu'à 458 752 combinaisons possibles.

Et comme les octets hexadécimaux sont encodés dans un ordre différent de celui dans lequel ils doivent être affichés en assembleur, le problème se corse vite. Les adresses en little-endian et les offsets signés en complément à deux ajoutent encore une couche de difficulté.

Pour s'en sortir, nevesnunes a construit un parseur par descente récursive qui génère automatiquement toutes les règles de substitution nécessaires. Chaque quartet (0 à f) dispose de ses propres glyphes, soit 96 au total pour la partie numérique.

Le tout repose sur une édition directe des fichiers .ttx, la représentation XML des données de police, à partir de Noto Sans Mono et Droid Sans Mono.

Du détournement de police à l'art de la bidouille

Z80 Sans n'est pas le premier projet à détourner les capacités des polices OpenType. On a déjà vu Fontemon, un jeu vidéo complet caché dans une police, ou encore Addition Font, capable d'additionner deux nombres rien qu'avec le rendu typographique.

Il y a même eu Llama.ttf, qui embarquait un modèle d'IA directement dans un fichier de police. Mais un désassembleur complet pour un jeu d'instructions entier, c'est quand même autre chose en termes de complexité.

Visiblement, le projet comporte encore quelques petits bugs d'affichage sur certaines instructions complexes, et le code est qualifié par son propre auteur de "qualité CTF", ce qui veut dire bidouille assumée.

Mais bon, on parle d'un type qui a réussi à faire rentrer un désassembleur Z80 dans une police de caractères. Les puristes de l'assembleur apprécieront le côté complètement absurde de la démarche, et les fans de rétro-informatique vont adorer.

Source : Lobste.rs

Fast SAM 3D Body - Quand l'IA scanne votre corps en 3D en 65ms

Vous prenez une photo de quelqu’un avec votre téléphone et magie magie, en une fraction de seconde, vous obtenez un modèle 3D complet de son corps. Ses bras, ses jambes, ses mains, ses pieds... tout y est, modélisé en 3D comme si vous aviez un vrai studio de motion capture à Hollywood.

Et ben c’est exactement ce que fait SAM 3D Body , un modèle d’IA développé par Meta.

En gros, vous lui filez une image de vous et l’IA reconstruit votre corps en volume, avec le squelette, les articulations et la surface de la peau. Jusqu’ici, ce genre de techno existait déjà mais c’était hyper lent, genre plusieurs secondes par image. Donc pas top si vous vouliez que ça suive, par exemple, vos mouvements en direct.

Et c’est là qu’une équipe de chercheurs incroyable (USC, NVIDIA et Meta Reality Labs) a eu la bonne idée d’optimiser tout ça. Leur version accélérée, baptisée Fast SAM 3D Body , fait exactement le même boulot mais quasiment 11 fois plus vite. Du coup, il ne faut plus que 65 millisecondes pour reconstruire un corps entier en 3D sur une RTX 5090. C’est à peu près le temps d’un clic de souris ! Autrement dit, on peut ENFIN faire du vrai temps réel !

Au lieu de faire tourner un algorithme qui optimise la pose du corps de manière itérative (ce qui prend du temps), ils ont tout simplement remplacé tout ça par un réseau de neurones qui donne directement le résultat en 1 passe. Et cette astuce seule rend la conversion entre formats de modèle 3D plus de 10 000 fois plus rapide ! C'est ouf !

Mais alors concrètement, à quoi ça sert tout ça ?

Hé bien d'abord à la robotique si chère à mon cœur car imaginez un robot humanoïde comme le chinois Unitree G1 équipé d’une simple caméra. Vous faites un geste devant lui, et il le reproduit instantanément avec ses bras et ses jambes.

Robot chinois en dépression à cause d'un dropshipping mal exécuté

Dans la vidéo partagée par l'équipe, on voit que le robot manipule des objets et se déplace en copiant les mouvements d’un humain filmé par une caméra, sans aucun capteur sur le corps.

Mais au delà de la robotique, c’est aussi une petite révolution pour tous les créatifs et les bidouilleurs car aujourd’hui, faire de la motion capture, ça coûte une blinde en matériel (combinaison à marqueurs, caméras infrarouges, studio dédié...et j'en passe).

Alors que là, avec une webcam et un bon GPU, vous pouvoir facilement capter des mouvements 3D exploitables pour de l’animation, du jeu vidéo indie ou du prototypage. Par contre, attention, ça ne remplacera pas un vrai studio pro pour de la production ciné, faut pas trop rêver non plus. Enfin, pour le moment !

Le code est dispo sur GitHub , le paper sur arXiv , et les modèles pré-entraînés de SAM 3D Body sur Hugging Face . D’ailleurs, si vous voulez voir ce que donnent les robots qui font la lessive avec ce genre de techno, c’est par là.

Bref, y’a plus qu’à tester !

Source

Une grand-mère américaine passe six mois en prison à cause d'une erreur de reconnaissance faciale

La reconnaissance faciale vient encore de montrer ses limites aux États-Unis. Angela Lipps, 50 ans, grand-mère du Tennessee, a passé près de six mois en prison après qu'un algorithme l'a désignée à tort comme suspecte dans une affaire de fraude bancaire au Dakota du Nord.

Ses relevés bancaires ont prouvé qu'elle se trouvait à 2 000 kilomètres des faits. Elle attend toujours des excuses.

Un algorithme, une arrestation

Le 14 juillet 2025, des agents fédéraux américains débarquent chez Angela Lipps au Tennessee. Ils l'arrêtent sous la menace d'une arme, alors qu'elle garde quatre enfants. La police de Fargo, dans le Dakota du Nord, à environ 2 000 kilomètres de là, la soupçonnait d'avoir utilisé une fausse carte d'identité militaire pour retirer des dizaines de milliers de dollars dans plusieurs banques entre avril et mai 2025.

Pour identifier la suspecte filmée par les caméras de surveillance, les enquêteurs ont passé les images dans un logiciel de reconnaissance faciale. Le système a désigné Angela Lipps. Un détective a ensuite comparé la photo avec le permis de conduire et les réseaux sociaux de la quinquagénaire, et a validé l'identification. Sauf que ce n'était pas du tout elle.

108 jours sans la moindre audition

Classée comme fugitive, Angela Lipps est restée quatre mois en prison au Tennessee, sans caution et sans possibilité de se défendre. Elle n'a été transférée dans le Dakota du Nord que le 30 octobre, soit 108 jours après son arrestation.

Sa première comparution devant un tribunal a eu lieu le lendemain. Et c'est seulement le 19 décembre, cinq mois complets après l'arrestation, que la police de Fargo l'a interrogée pour la première fois.

Son avocat, Jay Greenwood, avait entre-temps obtenu ses relevés bancaires. Les documents montraient qu'Angela achetait des cigarettes et déposait ses chèques de sécurité sociale au Tennessee au moment même où la police la plaçait à Fargo. Les charges ont été abandonnées le 24 décembre, la veille de Noël. Cinq mois et dix jours d'incarcération pour une erreur de machine.

Tout perdu, zéro indemnisation

À sa sortie, Angela Lipps n'avait plus rien. Pas de manteau, pas d'argent, pas de moyen de rentrer chez elle. Pendant sa détention, elle a perdu sa maison, sa voiture et son chien. La police de Fargo n'a pris en charge aucun frais.

Ce sont des avocats de la défense locaux qui lui ont donné de quoi payer une chambre d'hôtel et de la nourriture le soir de Noël. Le lendemain, Adam Martin, fondateur de l'association F5 Project, l'a conduite en voiture jusqu'à Chicago pour qu'elle puisse regagner le Tennessee.

Un habitant de West Fargo, Michael Nessa, a depuis lancé une cagnotte GoFundMe en son nom, qui a récolté près de 20 000 dollars. Angela Lipps attend toujours des excuses de la police.

Ce n'est pas la première fois qu'une personne se retrouve derrière les barreaux à cause d'un faux positif de reconnaissance faciale aux États-Unis. Et dans la grande majorité des cas rendus publics, les victimes sont des femmes ou des personnes issues de minorités.

Côté procédure, qu'un détective ait "confirmé" l'identification en comparant une photo de surveillance avec un permis de conduire, ça en dit quand même long sur la rigueur du processus.

Si vous pensiez que ce genre de technologie était encadré par des garde-fous solides, l'affaire Lipps prouve le contraire. Six mois de prison, une vie brisée, et pas la moindre excuse. Franchement, on espère que ça fera réagir là-bas, mais on n'y mettrait pas notre main à couper. Un grand merci à Skribascode de nous avoir envoyé cette info !

Sources : Upper Michigan Source , KVRR

Vous avez des piles Eneloop ? Mais avez-vous testé le chargeur de piles Eneloop Pro ? Moi oui !

– Article invité, rédigé par Vincent Lautier , contient des liens affiliés Amazon –

J’avais besoin de remplacer mon chargeur de piles, et comme j’utilise depuis des années les excellentes piles de la gamme Eneloop, je me suis dit que j’allais prendre un chargeur de la même marque, pour rester dans l’écosystème.

Parce que oui, Panasonic propose plusieurs chargeurs, dont ce BQ-CC65 , qui est un chargeur intelligent pour piles AA et AAA qui surveille chaque emplacement de manière indépendante. Écran LCD avec données en temps réel, fonction Refresh pour redonner vie aux accus fatigués, dix protections intégrées et port USB : le tout pour une cinquantaine d'euros.

Une charge individuelle et intelligente

Le BQ-CC65 ne charge pas vos piles à l'aveugle. Un microprocesseur surveille chaque emplacement de manière indépendante, ce qui permet de mélanger des piles AA et AAA d'âges et de capacités différents sans aucun souci.

Chaque élément est traité selon ses besoins, la surveillance individuelle évite la surchauffe et prolonge la durée de vie des accus.

Côté vitesse, Panasonic annonce environ 90 minutes pour recharger deux piles AA Eneloop standard, et à peu près quatre heures pour remplir les quatre emplacements avec des Eneloop Pro de 2 550 mAh.

Un écran LCD et une fonction Refresh

L'écran LCD rétroéclairé de 3 pouces affiche la capacité en mAh, la tension en volts et l'énergie accumulée en Wh pour chaque pile, en temps réel. On est loin de la simple LED rouge ou verte qui vous laisse deviner si la charge est terminée.

C'est exactement ce qu'il faut pour repérer la pile défaillante qui plombe l'autonomie de votre manette ou de votre flash photo sans que vous compreniez pourquoi.

Le chargeur embarque aussi une fonction Refresh pour les piles fatiguées, celles qui semblent chargées mais qui s'effondrent au bout de dix minutes d'utilisation.

Le principe : des cycles de décharge et de recharge contrôlés qui recalculent la capacité réelle. Et si une pile est vraiment en bout de course, le détecteur de fin de vie vous le signale directement.

Dix protections et un port USB en bonus

Côté sécurité, Panasonic a intégré dix fonctions de protection : minuterie, sécurité thermique, blocage des surcharges, et un détecteur qui coupe tout si vous insérez une pile alcaline par erreur. La technologie Smart Charge surveille la tension en permanence pour arrêter le processus au bon moment et éviter l'usure prématurée.

Le fabricant a aussi eu la bonne idée d'ajouter un port USB sur le côté pour recharger un smartphone ou ce que vous voulez en parallèle, ce qui transforme le BQ-CC65 en petite station de charge pour le bureau.

À une cinquantaine d'euros, le BQ-CC65 coûte quand même quatre à cinq fois le prix d'un chargeur de supermarché. Mais quand on voit la précision des données affichées et la possibilité de récupérer des accus qu'on pensait morts, le calcul se fait assez rapidement, et il est bon.

Pour les photographes qui vident leurs flashs en une séance ou les joueurs qui usent des piles de manette à la chaîne, c'est un investissement qui se rentabilise.

On a quand même un petit regret : à ce tarif, Panasonic aurait pu glisser un lot de piles Eneloop Pro dans la boîte plutôt que de le vendre nu, mais bon, je suis certain que vous en avez déjà plein chez vous ! Le chargeur est disponible ici chez Amazon , et pour les piles, c’est ici en AA , et ici en AAA !

Il avait porté DOOM sur Super Nintendo en 1995, il revient trente ans plus tard pour corriger sa copie

Randal Linden est le développeur qui avait réussi l'exploit de faire tourner DOOM sur la Super Nintendo en 1995. Trente ans plus tard, il s’est associé à Limited Run Games pour ressortir une version améliorée sur cartouche, avec un processeur Raspberry Pi caché à l'intérieur.

Dans un long échange accordé à Kotaku, il revient sur ce projet un peu fou et sur les coulisses techniques du portage.

Reverse-engineerer son propre code, trente ans après

À l'époque, Linden bossait chez Sculptured Software, un studio basé à Salt Lake City. L'idée de départ était assez artisanale : acheter des cartouches Star Fox en magasin, les ouvrir, et remplacer la ROM par de la RAM pour tester les capacités de la puce Super FX. Le prototype a suffisamment impressionné ses supérieurs pour qu'ils aillent le présenter directement à id Software au Texas. Le feu vert a suivi.

Le portage de 1995, c'était un moteur entièrement reconstruit de zéro, sans une seule ligne de code d'id Software. Linden avait créé son propre assembleur, son propre linker et son propre débogueur. Mais les contraintes hardware de la SNES avaient imposé des sacrifices : un framerate poussif, pas de textures au sol et au plafond, des niveaux modifiés, et le quatrième épisode supprimé.

Quand Audi Sorlie, de Limited Run Games, lui a posé la question de savoir s'il referait les choses différemment, Linden a répondu qu'il avait « plein d'idées » mais que personne ne lui avait jamais demandé d'y retoucher. Jusqu'à maintenant.

Une puce Raspberry Pi qui se fait passer pour un Super FX

La solution technique est plutôt marrante. La cartouche embarque un Raspberry Pi RP2350 qui émule le processeur Super FX. Comme l'explique Linden à Kotaku, « la Super Nintendo ne sait pas qu'elle ne parle pas à un vrai Super FX ».

Le code est quasiment identique à ce qu'il écrirait pour la puce d'origine, mais avec des performances largement supérieures.

Le résultat : circle strafing, framerate amélioré, support du rumble, et les quatre épisodes complets enfin disponibles sur SNES. Linden admet aussi avoir dû reverse-engineerer son propre code vieux de trente ans. « C'était assez compliqué, une partie du code. Je me suis dit : wow, j'étais vraiment intelligent à l'époque. »

Bethesda a dit oui sans trop hésiter

Côté droits, il fallait quand même convaincre Bethesda, propriétaire de la licence DOOM. Selon Sorlie, la réaction initiale a été plutôt incrédule : « Vous voulez retourner développer pour la Super Nintendo ? Genre, pour de vrai ? » 

Mais le retour de Linden sur le projet et les premiers prototypes ont suffi à convaincre. « Ils étaient aussi enthousiastes que nous. »

C'est le genre d'histoire qui rappelle que derrière les jeux vidéo, il y a parfois des parcours assez improbables. Linden n'avait pas pu appeler id Software pour pitcher son idée en 1995, il avait dû bricoler un prototype avec des cartouches Star Fox achetées en magasin, et trente ans plus tard il se retrouve à relire du code assembleur qu'il ne comprend plus lui-même.

Le projet a un côté un peu absurde, mais c'est aussi ce qui le rend attachant. Reste à voir si les fans de retrogaming seront au rendez-vous, mais vu que l'édition collector limitée à 666 exemplaires s'est déjà envolée, on a un début de réponse.

Source : Kotaku

Google veut vérifier l'identité de tous les développeurs Android, et ça menace F-Droid

Google va obliger tous les développeurs Android à s'enregistrer avec une pièce d'identité et à payer 25 dollars, même ceux qui distribuent leurs apps en dehors du Play Store. F-Droid, le dépôt d'applications open source qui existe depuis quinze ans, dit que c'est une menace pour sa survie.

Une inscription obligatoire dès septembre

L'été dernier, Google a annoncé que toutes les applications installées sur des appareils Android certifiés devront obligatoirement être liées à un compte développeur vérifié. Cette obligation entrera en vigueur dès le mois de septembre prochain au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Le reste du monde suivra quatre mois plus tard.

Pour s'enregistrer, il faut fournir une pièce d'identité officielle, accepter les conditions de Google et payer 25 dollars. Et ça concerne tout le monde : les développeurs qui publient sur le Play Store, mais aussi ceux qui passent par des stores alternatifs, par F-Droid, ou qui proposent leurs apps en téléchargement direct depuis un site web.

F-Droid ne peut pas s'adapter

F-Droid héberge plus de 3 000 applications open source, sans pub et sans trackers. Le problème, c'est que F-Droid signe lui-même les apps qu'il distribue avec sa propre clé, et Google impose désormais une seule signature par application.

Ça casse tout le modèle : si l'app est déjà signée par le développeur sur le Play Store, la version F-Droid ne peut plus exister. Et F-Droid ne peut pas non plus forcer des centaines de contributeurs bénévoles à s'enregistrer chez Google et à fournir leurs papiers.

37 organisations ont signé une lettre ouverte contre ce projet, dont l'Electronic Frontier Foundation, la Free Software Foundation et Vivaldi. Une pétition sur Change.org a rassemblé 64 000 signatures de développeurs.

Le lien avec le procès Epic Games

Ce durcissement arrive juste après l'accord entre Google et Epic Games sur la distribution d'apps Android. Les deux entreprises ont annoncé un programme de stores enregistrés qui permet le sideloading, mais sans obliger Google à intégrer des stores tiers dans le Play Store. 

Certains y voient une manoeuvre : si les tribunaux n'obligent pas Google à ouvrir le Play Store, la vérification des développeurs lui donne quand même un contrôle indirect sur toute la distribution Android.

Google, de son côté, dit que c'est une question de sécurité et que ça permet de bloquer les développeurs malveillants plus rapidement. Les distributions Android alternatives comme LineageOS ou GrapheneOS ne sont pas concernées.

Google invoque la sécurité, mais le Play Store lui-même laisse régulièrement passer des apps malveillantes, donc l'argument ne tient pas tant que ça.

Obliger un développeur bénévole qui publie un petit outil open source à fournir ses papiers d'identité à Google, c'est quand même un peu naze. On verra si la mobilisation des 37 organisations et des 64 000 développeurs suffira à faire bouger les choses, mais pour l'instant le calendrier est maintenu.

Sources : Android Authority , F-Droid

❌