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Ce clone de Game Boy tournait trop vite, un seul composant a tout réglé

Il existe une catégorie d'objets qu'on achète sur un coup de tête, qu'on déballe avec enthousiasme, et qu'on range au fond d'un tiroir une demi-heure plus tard parce qu'ils sont tout bonnement inutilisables. La GB Boy de Sharopolis appartenait pile à cette catégorie. Commandée sur AliExpress il y a des années, puis oubliée.

Le principe de cette console portable est pourtant séduisant sur le papier, puisqu'elle reprend le design d'une Game Boy Pocket tout en acceptant les vraies cartouches d'origine, celles-là mêmes que vous avez peut-être encore dans une boîte à chaussures, au lieu de se contenter d'une puce bourrée de jeux pré-installés comme le font la plupart des clones chinois. Le fabricant, lui, répond au nom de Gangfeng.

Sauf qu'il y avait un gros défaut. Les jeux tournaient beaucoup trop vite. Pas juste un peu rapides, non, carrément accélérés au point que la musique partait en vrille, que les ennemis fonçaient à travers l'écran et que le moindre saut de Mario devenait un pari impossible à réussir. Injouable.

Pour remonter à la source du problème, Sharopolis a sorti le tournevis, ouvert la coque et méthodiquement comparé chaque composant de sa carte avec ceux qui équipent une vraie Game Boy Pocket signée Nintendo. Le coupable n'a pas mis longtemps à se montrer.

Il s'agit d'un petit quartz, repéré sous la référence X1 sur la carte. Ce composant joue le rôle d'horloge, c'est lui qui impose son tempo à toute la machine, exactement comme le métronome qui dicte la cadence à un orchestre entier et sans lequel chaque musicien jouerait dans son coin.

Et la valeur affichée n'était pas la bonne. Là où une Game Boy Pocket d'origine cadence son processeur à 4,194304 MHz, une fréquence d'une précision presque maniaque retenue par Nintendo à l'époque, la GB Boy embarquait pour sa part un quartz calé à 5 MHz tout rond. Près de 20 % d'écart. D'où cette sensation de jeu en avance rapide permanente.

Le reste de la carte, lui, force presque l'admiration tant il est dépouillé, avec une puce principale estampillée KF2001 chargée de reproduire à elle seule toute la logique interne d'une Game Boy, deux modestes puces de mémoire à ses côtés, et puis plus grand-chose. Le tout pour une console vendue une poignée d'euros.

La réparation, elle, tient en réalité à pas grand-chose. Sharopolis avait justement sous la main une bobine de cent résonateurs déjà calés sur la fréquence d'origine, alors il a dessoudé sans état d'âme le quartz à 5 MHz, posé un modèle correct à sa place, et regardé les jeux retrouver instantanément le rythme exact que Nintendo avait prévu pour eux il y a près de trente ans. Un composant. C'est tout ce qu'il aura fallu.

Enfin, presque. Parce qu'une fois la vitesse remise d'aplomb, un nouveau souci a pointé le bout de son nez, l'écran s'étant mis à scintiller d'une manière franchement pénible, et plusieurs habitués du fer à souder accusent déjà, dans les commentaires de la vidéo, les condensateurs bas de gamme soudés un peu partout sur la carte, ces pièces à quelques centimes qu'il faudrait remplacer une par une pour espérer enfin un affichage parfaitement stable. Mais bon, tout ne pouvait pas être si simple…

Source : Hackaday

À 81 ans, il termine la suite de Head Over Heels qu'il avait commencée il y a 37 ans

Il aura fallu trente-sept ans à Colin Porch pour voir son jeu enfin sortir, et cette seule durée suffit à résumer l'histoire un peu folle de ce développeur britannique de 81 ans, ancien d'Ocean, l'un des studios de jeux vidéo les plus réputés de l'époque des micro-ordinateurs 8 et 16 bits.

Tout commence en 1989, quand Porch se lance dans une suite à Head Over Heels, un jeu de plateforme et de réflexion en vue isométrique devenu culte sur le ZX Spectrum, ce petit ordinateur familial qui a initié toute une génération de joueurs au jeu vidéo.

Sa suite, elle, est pensée pour l'Atari ST et l'Amiga, les deux ordinateurs personnels qui dominaient le jeu à la toute fin des années 80, à une époque où chaque machine avait encore sa propre logithèque bien à elle.

Et puis le projet capote, comme tant d'autres, lorsque les consoles de salon débarquent au début des années 90 et redistribuent complètement les cartes du marché.

Le jeu inachevé reste alors rangé dans un tiroir pendant des décennies, jusqu'à ce que Gary Bracey, l'ancien patron de Porch chez Ocean, le convainque de reprendre le chantier, persuadé que l'appétit du public pour le rétro était bel et bien reparti.

Il a aussi fallu négocier avec Atari, qui détient aujourd'hui les droits sur les personnages d'origine, avant de pouvoir espérer commercialiser quoi que ce soit.

Le résultat porte le nom de Return to Blacktooth: A Head Over Heels Adventure, et il est sorti le 4 mai 2026 chez l'éditeur Thalamus Digital, au prix de 12,99 dollars.

Le plus beau, c'est qu'il tourne réellement sur de vraies machines Atari ST et Amiga, pas sur un émulateur déguisé en jeu moderne comme on en voit tant aujourd'hui.

Porch, lui, résume ces décennies d'acharnement par une formule toute simple : un travail mené par pure passion, terminé coûte que coûte.

Bref, un jeu Amiga qui débarque en 2026, codé par un développeur de 81 ans. Le retrogaming n'a pas toujours besoin d'émulateur, juste d'un peu de patience.

Source : Time Extension

Charger un jeu Mega Drive depuis un vinyle ? Le pari génial d'un bidouilleur

Convertir un jeu de console en son, graver ce son sur un disque vinyle, puis le relire sur une platine pour relancer le jeu, c'est le genre de projet inutile et réjouissant dont seul le monde du retrogaming a le secret, et c'est précisément ce que le bidouilleur Throaty Mumbo a voulu tester sur une vieille Sega Mega Drive.

Sa chaîne de bricolage repose sur une Mega Everdrive Pro, cette cartouche moderne qui permet de charger n'importe quel jeu sur la console d'origine via une carte mémoire ou, plus rarement, via un port USB normalement réservé aux développeurs qui testent leur code sans réécrire une carte à chaque essai.

Pour alimenter ce port, il a branché une carte Pico 2 équipée du microcontrôleur RP2350, une puce à quelques euros chargée de récupérer le signal audio dans lequel sont encodées les données du jeu, puis de le retransformer en flux USB compréhensible par la cartouche.

Le disque, lui, a été gravé puis relu sur un PO-80 de Teenage Engineering, un graveur-lecteur de vinyles miniature vendu comme un jouet musical, dont la vocation première n'a jamais été de transporter proprement le moindre paquet de données numériques d'un bout à l'autre d'une platine.

Et c'est exactement là que le projet s'écroule, puisque le débit plafonne à quelques kilo-octets par seconde, une lenteur d'un autre âge, pendant que le PO-80 restitue un son bien trop dégradé pour que la console parvienne à reconstituer les données sans la moindre erreur.

Le jeu n'a jamais démarré.

Throaty Mumbo en convient volontiers : avec un graveur sérieux et une platine digne de ce nom, sa méthode finirait probablement par fonctionner, parce que le principe reste parfaitement valable et que seul le matériel jouet le fait dérailler pour le moment.

Et au fond, l'idée n'a rien d'inédit, puisque dans les années 80 plusieurs magazines glissaient déjà entre leurs pages de fins disques souples en plastique, sur lesquels les lecteurs récupéraient de vrais programmes informatiques en les passant tout simplement sur l'électrophone du salon.

Bref, un échec qui donne quand même envie de voir quelqu'un retenter le coup avec du vrai matériel.

Source : Hackaday

Il affiche du web moderne sur un Mac vieux de vingt-cinq ans

Faire s'afficher un site en HTTPS sur une machine qui tournait déjà sous Mac OS 9, le système d'exploitation d'Apple antérieur à Mac OS X, relevait jusqu'ici de l'impossible, et c'est pourtant ce qu'a réussi un développeur connu sous le pseudonyme mplsllc avec un projet baptisé MacSurf.

MacSurf est un portage de NetSurf, un navigateur web léger et open-source déjà connu sur d'autres plateformes anciennes, adapté cette fois aux vieux Mac équipés d'un processeur PowerPC, l'architecture qu'Apple a employée pendant des années avant de basculer vers les puces Intel au milieu des années 2000.

Ces premiers PowerPC occupent une position un peu ingrate dans l'histoire d'Apple, puisqu'ils sont trop anciens pour faire tourner Mac OS X comme leurs successeurs en G3, ce qui les avait jusqu'ici condamnés à un web figé sur les standards du début des années 2000, sans accès raisonnable aux sites d'aujourd'hui.

C'est précisément ce que MacSurf fait sauter, en gérant le CSS3, le JavaScript ES5 et les images PNG avec transparence, soit de quoi afficher convenablement des pages pensées pour des navigateurs récents, le tout démontré sur un iMac G3, ce fameux ordinateur tout-en-un au boîtier de plastique coloré translucide.

La partie la plus spectaculaire concerne la sécurité, puisque la version 1.3 a apporté la toute première implémentation native de TLS 1.3 jamais réalisée sur Mac OS 9, TLS étant le protocole de chiffrement qui se cache derrière le petit cadenas des connexions HTTPS et qui empêche quiconque d'intercepter ce que vous échangez avec un site.

Dans le détail, cette implémentation s'appuie sur la bibliothèque cryptographique BearSSL et sur la poignée de main définie par la norme RFC 8446, avec des algorithmes modernes comme ChaCha20-Poly1305 et AES-128-GCM, alors que la mouture 1.3.1 a ajouté plusieurs courbes elliptiques récentes, dont X25519 et les classiques P-256 et P-384.

Tout cela a été développé avec les outils d'époque de la plateforme, à savoir l'environnement CodeWarrior, l'API Carbon, le moteur graphique QuickDraw et la pile réseau Open Transport, sans la moindre émulation, puisqu'il s'agit d'un vrai logiciel natif compilé directement pour ces machines.

Il ne faut évidemment pas s'attendre à un équivalent de Chrome, et mplsllc prévient lui-même que les sites exigeant les tout derniers standards risquent de coincer sur sa création, qui reste un navigateur fonctionnel plus qu'une bête de course.

Pour ceux qui voudraient essayer, le code source ainsi que des binaires prêts à installer sont disponibles sur GitHub , et le projet dispose même de son propre site.

Faire entrer le web chiffré d'aujourd'hui dans une machine de vingt-cinq ans, alors que l'industrie laisse mourir des systèmes plus récents, c'est une bidouille qui force le respect.

Source : Hackaday

Autopsie d'une résistance carbone vintage

CuriousMarc, un youtubeur connu pour ses restaurations d'équipements électroniques d'époque, est tombé sur un cas intéressant lors de la réparation d'un oscilloscope Metrix vintage.

Après avoir changé tous les condensateurs (un "recap" en jargon, opération de routine sur les vieux équipements dont les condos sèchent avec le temps), l'appareil refusait toujours de fonctionner correctement. Coupable identifié : une résistance carbone de 20 kΩ qui mesurait 0,843 MΩ au multimètre. Soit 42 fois sa valeur d'origine.

Visuellement, la résistance n'avait absolument rien de suspect. Pas de fissure, pas de brûlure, pas de décoloration. Du coup, plutôt que la jeter et passer à autre chose, Marc a décidé de l'ouvrir pour comprendre ce qui s'était passé à l'intérieur.

L'opération a demandé pas mal de patience. Avec du papier de verre, il a poncé l'enveloppe extérieure couche par couche jusqu'à atteindre le cœur du composant.

Et là, surprise : ces vieilles résistances "composition carbone" sont en réalité de petits tubes en verre remplis d'une pâte conductrice à base de carbone, avec deux contacts métalliques aux extrémités. Une construction très différente des résistances modernes, qui consistent en une simple couche de carbone ou de métal déposée sur un substrat.

La cause de la défaillance était finalement assez prosaïque : le contact entre les terminaux métalliques et la pâte carbonée s'est dégradé avec le temps. Pas de cause improbable donc, juste un vieillissement classique d'un composant qui a plus de cinquante ans. Les pâtes carbonées de l'époque vieillissaient mal, surtout quand elles avaient passé leur vie dans un appareil exposé à la chaleur et à l'humidité.

Pour les amateurs de restauration vintage, c'est un rappel utile : si vous tombez sur un comportement bizarre après un recap, ne cherchez pas la panne uniquement dans les composants visiblement endommagés. Une résistance qui a l'air parfaitement saine peut avoir dérivé de plusieurs ordres de grandeur, sans aucun signe extérieur. Le seul vrai test, c'est le multimètre.

C'est aussi l'occasion de découvrir que les composants d'époque étaient construits très différemment de leurs équivalents modernes. C'est plus fragile, moins précis, et clairement moins photogénique. Mais ça fait partie du charme de la restauration : à chaque appareil ouvert, on tombe sur un vestige d'ingénierie qu'on ne reverra plus jamais en production.

Source : Hackaday

Une alimentation USB-C miniature pour redonner vie au Commodore 64

L'alimentation d'origine du Commodore 64 a une fâcheuse réputation : elle a tendance à mourir en cuisant lentement ses propres composants.

Le régulateur, noyé dans la résine, ne dissipe pas la chaleur, surchauffe, et finit par cramer en emportant parfois la machine au passage. Pour un ordinateur de 1982 qui tient encore debout aujourd'hui, c'est un vrai problème.

Du coup, le collectif Side Projects Lab a sorti le PD-64, une alimentation pensée pour ressusciter les C64 sans la peur du toaster. Le truc tient dans la taille du port d'alimentation de la machine, donc franchement minuscule, et fonctionne avec n'importe quel chargeur USB Power Delivery du commerce (la norme qui équipe presque tous les chargeurs USB-C modernes). Vous lui demandez du 12 V via la négociation USB-PD, et le module en tire ce qu'il faut pour alimenter la machine.

À l'intérieur, c'est plus malin qu'il n'y paraît. Le PD-64 sort du 5 V via un convertisseur abaisseur classique (un buck converter, c'est juste un montage qui transforme une tension élevée en une plus basse sans gaspiller en chaleur), ce qui règle le problème historique du régulateur grillé. Mais le C64 a aussi besoin de 9 V en alternatif, ce qui est moins courant sur les alimentations modernes. Pour ça, le module utilise un amplificateur en classe D pour générer un signal alternatif propre.

Le projet est ouvert. Les fichiers source (FreeCAD pour la conception et STL pour l'impression 3D) sont publiés sous licence Creative Commons sur le GitHub de Side Projects Lab. Vous pouvez fabriquer votre propre carte si vous avez l'équipement, ou commander directement une version finie chez eux pour ceux qui n'ont pas envie de se lancer dans la gravure de circuit imprimé.

Le truc qui fait plaisir, au-delà du gadget, c'est de voir des gens se mobiliser pour préserver le matériel vintage. Le C64 reste l'ordinateur le plus vendu de tous les temps avec ses 17 millions d'unités écoulées, et il en traîne encore beaucoup dans les greniers ou en collection. Sauf que voilà, sans alim qui tient, ces machines partent à la benne ou prennent la poussière. Avec ce genre de projet, on prolonge leur durée de vie de plusieurs décennies sans sacrifier l'expérience d'origine.

Au passage, ça pose une vraie question pour le matériel rétro en général : combien de machines des années 80 et 90 sont sauvables avec une simple alim moderne ? Beaucoup, probablement. La communauté rétro fabrique aujourd'hui des remplacements pour les Amiga, les Atari, les vieux Macs.

Source : Hackaday

Tomb Raider 1-3 Remastered - gratuit sur Epic jusqu'au 28 mai

Aspyr et Crystal Dynamics lâchent en ce moment la trilogie Tomb Raider I-III Remastered gratuitement sur l'Epic Games Store , soit 0€ au lieu de 26,99€. Vous pouvez donc récupérer les trois premières aventures de Lara Croft, celles que Core Design a pondues entre 1996 et 1998, remasterisées comme il faut et les garder pour toujours, même quand il repassera payant.

Filez sur la page Epic, cliquez sur Obtenir, et hop, c'est réglé. Et ne traînez pas, parce que l'offre s'arrête le 28 mai et après ça, retour au prix fort.

Dans ce pack, vous avez donc les 3 jeux complets avec leurs extensions d'époque, Unfinished Business pour le premier, Golden Mask pour le deuxième et The Lost Artifact pour le troisième. L'intégrale, secrets et niveaux bonus inclus, ce qui n'était jamais arrivé sur des plateformes modernes jusqu'ici.

Et ce remaster vous laisse basculer d'un coup de touche entre les graphismes refaits (modèles, textures et éclairage retravaillés) et le bon vieux look polygonal de la PS1 (Coucou Quentin Dupieux ^^).

Le jeu propose également 2 modes pour tout ce qui est contrôles. Les contrôles "tank" d'origine, où Lara pivote sur elle-même case par case, et des contrôles modernes type stick analogique. Les puristes vous diront que les contrôles tank n'étaient pas un défaut mais le cœur du gameplay car chaque saut se calculait au carreau près. C'était une partie d'échecs entre vous et le level designer.

Mais avec les gamepads modernes, Lara a commencé à filer dans tous les sens, la caméra part en vrille sur certains passages, et quelques subtilités ne sont expliquées nulle part dans le jeu (du genre dégainer ses flingues pour sauter en arrière, ou la gâchette pour s'agripper aux rebords). Mon conseil c'est donc de tester les deux, pour switcher quand vous voulez, et gardez les contrôles "tank" pour les niveaux de plateforme millimétrés.

Aspyr a aussi ajouté un Challenge Mode gratuit qui vous fait rejouer les niveaux avec des mods pour débloquer 10 nouvelles tenues. Et un mode photo avec 21 poses, si vous aimez tirer le portrait à Lara.

Et si vous voulez pousser le délire plus loin une fois le jeu installé, la communauté a sorti une Gold Edition sur Nexus Mods , c'est-à-dire un gros pack qui balance textures HD, objets 3D refaits, son retravaillé et cinématiques de meilleure qualité, avec un assistant d'installation pour pas s'arracher les cheveux. Les classiques sur PC, ça finit toujours par être bidouillé et c'est ça qui est beau !

Seul bémol, c'est du Windows uniquement, donc les joueurs Mac et Linux repasseront (ou sortiront Proton). Et tant que vous êtes sur Epic, jetez un œil à Down in Bermuda , qui est gratuit lui aussi durant la même période.

Bref, 30 ans après, Lara Croft débarque gratos alors foncez (avant le 28 mai).

Une console rétro "Lenovo" à 72 dollars, bourrée de ROMs Nintendo piratées

Une console de jeu portable estampillée Lenovo est apparue sur AliExpress à environ 72 dollars, et elle a un détail embarrassant : elle est livrée avec des milliers de jeux Nintendo piratés préinstallés. Le genre de produit qu'on prendrait pour une contrefaçon. Sauf que non.

Interrogé sur cette G02, Lenovo a confirmé que la console est bien officielle. C'est ce qu'on appelle un produit en marque blanche : Lenovo n'a pas conçu l'appareil, mais a accordé une licence d'utilisation de son nom à un fabricant tiers, via un accord régional réservé au marché chinois.

La G02 ne fait pas partie du catalogue mondial de Lenovo, mais elle porte bel et bien son logo, en toute légalité côté marque. C'est un modèle courant : une marque connue loue son nom, un fabricant local s'occupe du reste.

Le problème, c'est ce qu'il y a dedans. La console démarre avec le branding Lenovo, puis donne accès à des milliers de ROMs, ces copies de jeux rétro, en grande majorité des titres Nintendo.

Et là, plus de zone grise : il est hautement improbable que ces jeux soient sous licence. Nintendo est sans doute l'éditeur le plus féroce de l'industrie quand il s'agit de défendre sa propriété intellectuelle, et la firme a déjà fait fermer des dizaines de projets d'émulation à coups d'avocats.

Pour l'acheteur, l'affaire est presque trop belle : une machine de rétrogaming à 72 dollars, le logo d'un géant de l'informatique, et une ludothèque entière offerte. Sauf que cette ludothèque, personne ne l'a payée aux ayants droit.

Et la console continue de se vendre tranquillement sur AliExpress, accessible aux acheteurs chinois comme au reste du monde.

Du coup, Lenovo se retrouve dans une position franchement inconfortable. Son nom, validé par un contrat officiel, s'affiche sur un appareil qui distribue du jeu piraté à l'échelle industrielle. C'est précisément le risque du modèle de la marque blanche : vous touchez une redevance pour prêter votre logo, mais vous ne contrôlez pas toujours ce que le partenaire met dans la boîte.

Quelque part en Asie, un service juridique doit déjà transpirer.

Source : Tom's Hardware

Virtual OS Museum - 1700 OS de 1948 à nos jours dans une VM

Windows 1.0, le System 6 d'Apple, NeXTSTEP, Multics... Tous ces OS que vous croyiez disparus, hé bien aujourd'hui vous pouvez les rebooter sans avoir à ressortir le moindre vieux matos de votre grenier !

Le bureau de NeXTSTEP 3.3, l'OS de NeXT, la boîte montée par Steve Jobs après Apple

Et ça c'est grâce à Andrew Warkentin qui a rassemblé plus de 1700 systèmes pré-installés, soit des centaines d'OS différents une fois comptées toutes leurs versions, dans son Virtual OS Museum . Ça remonte jusqu'au Manchester Baby de 1948 (avec l'ancêtre du premier OS), et se termine avec les bêtas de Longhorn côté Windows.

LisaDraw sur Apple Lisa Office System 3.1, une interface graphique de 1983

Pour découvrir tout ça, il vous faudra installer une grosse appli Linux qui sert de lanceur. Ensuite, vous cherchez un système, vous filtrez par catégorie, vous double-cliquez, et hop, le vieux bestiau démarre dans son émulateur, déjà configuré. Ça s'appuie sur QEMU, VirtualBox ou UTM, avec des snapshots pour pouvoir revenir en arrière sans rien perdre. Deux formats du musée virtuel sont proposés au choix : La version complète à environ 170 Go qui fonctionne hors-ligne (de quoi faire suer votre SSD ^^), ou la version lite à 20 Go qui pioche les images à la demande. Y'a pas de torrent, c'est que du téléchargement direct, donc à quelques Mo/s, prévoyez la nuit pour récupérer ça.

Mais surtout derrière ce projet d'Andrew Warkentin, y'a vingt ans de collecte. Andrew bricole des émulateurs et archive des images disque depuis le milieu des années 2000, et il voulait juste rendre tout ça accessible d'un coup. Son idée c'était de rendre accessible le plus possible de cette histoire des OS qui a été préservée un peu partout.

IRIX 6.5 de Silicon Graphics, le Unix des stations graphiques SGI

C'est du x86-64 pour l'instant (de l'ARM est prévu de ce que j'ai compris), et la licence ne couvre que le lanceur, les scripts et les métadonnées, en non-commercial uniquement.

Après, les vieux Windows ou Mac OS, eux, restent dans le flou juridique habituel de l'abandonware, que les archivistes pratiquent sans que ça vaille pour autant autorisation des ayants droit. Et non, tout n'est pas magique, puisque certains vieux systèmes réclament encore des réglages à la main.

Plan 9 des Bell Labs et son éditeur acme, l'OS pensé pour l'après-Unix

Mais perso, je trouve que ça vaut largement le détour. Maintenant, si les collections préconfigurées vous parlent, c'est la même philosophie que Retro-eXo côté jeux DOS et Windows, ou que ces émulateurs DOS dans le navigateur , version OS complets cette fois !

Bref, si fouiller dans presque 80 ans d'informatique vous tente, c'est sur virtualosmuseum.org .

Il fait tourner Windows CE sur une Nintendo 64, et ça marche pour de vrai

Un développeur connu sous le pseudo ThroatyMumbo a réussi à porter Windows CE 2.11, un Windows allégé que Microsoft avait sorti à la fin des années 90 pour les petits assistants personnels et certains routeurs, sur une vraie console Nintendo 64

On ne parle pas d'un émulateur ici, mais bien d'une N64 qui démarre sur un vrai bureau Windows, avec sa barre des tâches, son explorateur de fichiers et la possibilité de lancer des programmes CE.

Pour bien comprendre le délire, il faut savoir que la N64 et Windows n'ont pas grand chose en commun. La console utilise un processeur MIPS et un système maison signé Nintendo. Windows CE, c'est l'inverse : un système Microsoft conçu pour tourner sur des appareils embarqués comme les assistants personnels.

Sauf que les deux mondes se croisent sur deux points clés. Windows CE tournait déjà sur des puces MIPS à l'époque, et il était conçu pour vivre avec à peine 1 Mo de RAM, ce qui correspond pile aux capacités de la N64. ThroatyMumbo s'est inspiré de l'IBM Workpad Z50, un ancien assistant qui tournait sous CE sur du MIPS, pour se dire que le portage était techniquement faisable.

Côté méthode, le kernel Windows CE d'origine n'est pas modifié. Tout le travail est dans la couche d'abstraction matérielle, la fameuse HAL, qui sert d'interface entre le système et le matériel. Le développeur a écrit la sienne de zéro pour la N64 : démarrage, gestion des interruptions, du timing, de l'affichage.

Le contrôleur N64 devient une souris (le bouton A pour clic gauche, le B pour clic droit, logique). L'EverDrive-64 X7, une cartouche qui fait office de lecteur SD, sert de disque dur. Et le son passe par la puce audio d'origine de la console.

Ce qui marche est franchement bluffant : déplacer les fenêtres, fermer une boîte de dialogue, naviguer dans les fichiers, lancer des exécutables CE tiers, et même afficher une démo 3D qui utilise la puce graphique de la console. Ce qui ne marche pas : pas de clavier physique, pas de réseau, et il faut le SDK Windows CE 2.11 de Microsoft, qui n'est plus commercialisé depuis longtemps.

Aucune utilité concrète, évidemment. Personne ne va remplacer Mario Kart 64 par Word pour Windows CE. Mais c'est rigolo, et permet de prouver qu'on peut faire un truc complètement absurde, juste parce que c'est techniquement intéressant.

Source : Hackaday

La folle histoire de la 3DO Blaster, ressuscitée dans un musée

En 1994, Creative Labs, le fabricant des fameuses cartes son Sound Blaster, a sorti un truc complètement fou : la 3DO Blaster, une carte ISA (le format d'extension standard des PC de l'époque) qui contenait littéralement une console 3DO entière, prête à être greffée dans un PC 386 ou 486.

Tous les composants graphiques et audio de la machine y étaient embarqués. Le PC servait juste d'écran et de boîtier. Le prix à l'époque : 399,95 dollars, soit exactement le tarif d'une vraie console 3DO chez Panasonic. L'idée commerciale était géniale.

The Retro Collective, un musée britannique dédié au matériel rétro, vient d'en recevoir une pour sa collection. Petit problème, la carte ne marchait que si on appuyait sur l'un de ses coins. C'est le genre de symptôme qui sent le faux contact, autrement dit des broches qui ne touchent plus le circuit imprimé. Un peu de fer à souder plus tard, plus quelques autres petites réparations, et la 3DO Blaster a retrouvé l'usage de la parole.

Pour rappel, la 3DO n'était pas exactement une console comme la PlayStation ou la Nintendo 64. C'était une spécification technique que les fabricants pouvaient utiliser pour construire leur propre machine.

Panasonic, Sanyo et Goldstar s'y sont collés. Sur le papier, le matériel tenait la route face à la première PlayStation. En pratique, le succès commercial n'a jamais suivi, faute de jeux marquants et avec un prix de lancement perché trop haut. La plateforme a végété puis disparu.

La Blaster avait en plus une bizarrerie qui n'a pas aidé à son adoption. Creative imposait un lecteur CD-ROM précis pour fonctionner, le CR-563, une variante maison d'un modèle Panasonic. Vous aviez la carte, le bon PC, mais le mauvais lecteur ? Tant pis. Mariage forcé pour qu'un produit déjà bancal trouve son public. Et comme il fallait aussi une Sound Blaster pour le son, la facture montait vite.

La carte est sortie aux États-Unis, au Royaume-Uni et en quelques marchés asiatiques, puis a quasiment disparu des radars. Aujourd'hui, en voir une en état de marche est rare.

Quand le musée fera tourner Shock Wave ou Gridders ce week-end devant les visiteurs, ce sera l'un des seuls endroits au monde où une 3DO Blaster sera de nouveau opérationnelle.

Bref, un produit absurde, un tarif absurde, un montage absurde. J'adore. D'ailleurs ça me donne envie de relancer des jeux 3DO sur ma Recalbox !

Source : Hackaday

Wikipedia File Explorer - L'encyclopédie en mode Windows XP

Wikipedia, vous connaissez ça par cœur j'imagine... Hé bien vous allez redécouvrir la plus connue des encyclopédies grâce à Sami Smith qui a lancé explorer.samismith.com , qui transforme quasiment toute l'encyclopédie en fenêtres d'explorateur de fichiers Windows XP. Les catégories sont présentées comme des dossiers, les articles s'ouvrent dans une fenêtre façon WordPad, et le menu Démarrer est là, fidèle à l'original.

Vous double-cliquez sur l'icône Wikipedia du bureau, et vous tombez sur les grandes catégories qui ont l'apparence des fameux petits dossiers jaunes : Art, Music, Sports, Academic disciplines, Economy...(oui c'est en anglais). Vous fouillez de dossier en dossier comme dans Mes Documents en 2003, et quand vous ouvrez un article, il s'affiche dans une fenêtre WordPad avec le petit lien "Open on Wikipedia" en bas. Tout Wikipedia est ainsi navigable de cette façon, sauf, d'après Sami, la centaine de pages qui n'ont encore aucune catégorie assignée.

Y'a aussi une icône Media, et là c'est Wikimedia Commons qui se transforme en explorateur d'images par catégorie. Vous voulez voir des bousiers ? Vous descendez dans commons/animals/insects_by_common_named_groups/dung_beetles et vous avez 47 objets, photos et vidéos comprises. Et un petit clic droit sur n'importe quelle image et vous pouvez la mettre en fond d'écran du faux bureau XP.

Et le projet ne s'arrête pas là puisqu'il y a aussi un Geofile Explorer, encore en chantier, pour explorer la Terre. Pour ce projet, Sami s'est inspiré des Wiki Files de Neal.fun , de Depths of Wikipedia , le nested d'Orteil , ou encore XP.css . Bref, c'est une déclaration d'amour pour le web chelou et les interfaces d'antan, comme je les aime !

Et si ce genre de capsule rétro vous parle, je vous avais aussi parlé des émulateurs DOS dans le navigateur ... c'est la même came nostalgique.

Voilà, c'est gratuit, ça tourne dans le navigateur, et c'est aussi inutile qu'indispensable (bisou à Jérôme Bonaldi, le GOAT !!). À découvrir ici : explorer.samismith.com !

TinyStories sur Game Boy Color - Le LLM le plus lent du monde

La bidouilleuse Maddie Dreese a réussi un sacré exploit les amis ! Elle a fait tourner un vrai modèle IA sur une Game Boy Color tout ce qu'il y a de plus basique.. Pas besoin de PC ni d'appels à un service tiers en ligne, mais simplement avec un peu de code qu'elle a mis sur une cartouche.

Le modèle qu'elle utilise s'appelle TinyStories-260K , et c'est un mini-LLM signé Andrej Karpathy (l'ex-Tesla et OpenAI), conçu à l'origine pour générer des petites histoires pour gamins.

Maddie n'a pas créé un modèle from scratch, mais elle a écrit le moteur (le transformer) qui fait tourner un modèle existant (TinyStories) sur la Game Boy. Le projet est sur GitHub et si vous voulez vous lancer, il vous faudra une Game Boy Color, un EZ Flash Junior (lien affilié) et une microSD pour flasher la ROM.

Côté bidouille, c'est assez velu. Je vous rappelle que le processeur de la Game Boy date de 1998 et ne sait pas faire de calculs avec des virgules. C'est pourquoi Maddie a dû reconvertir tout le modèle en nombres entiers pour qu'il puisse tourner. Et comme la mémoire de la console est ridicule, le contexte de la conversation est stocké directement dans la cartouche durant la génération.

Pour vous donner une idée des proportions, TinyStories-260K, c'est 260 000 paramètres. ChatGPT, lui, en a plusieurs centaines de milliards. Et comme le contexte est plafonné à 16 mots maximum, vous pouvez oublier les longues conversations. Bref, on est à des années-lumière de ce que votre PC pourrait faire tourner .

Et puis c'est lent. Genre vraiment trèèèès lent. Sans parler ce qui est produit comme texte en sortie, qui est souvent du charabia parce qu'à force de compresser la précision du modèle pour le faire rentrer dans la cartouche, il finit par perdre les pédales. Mais ça marche, et c'est tout ce qui compte !

Faut dire que pour une console qui faisait tourner Pokémon Or en 1999, c'est miraculeux ! Maddie de son côté, explique avoir pas mal utilisé Codex pour pondre le code, et le résultat est plutôt chouette.

Voilà, la Game Boy n'a jamais eu vocation à devenir un PC, à part peut-être avec le WorkBoy , le PDA fantôme dont je vous parlais y'a pas longtemps mais là, avec ce projet, elle s'en rapproche encore un peu plus...

UnDUNE II - Dune II en entier dans 12 cartouches PICO-8

UnDUNE II , c'est Dune II qui tient en entier dans une PICO-8 , cette fameuse "fantasy console" dont je vous ai déjà parlé.

Ça a donc pris près de trois ans de boulot pour Paul Nicholas (alias Liquidream) afin de faire tenir le RTS culte de Westwood Studios dans 128x128 pixels et 16 couleurs. 3 factions, 21 unités, 19 bâtiments, neuf missions, et oui, c'est jouable depuis le navigateur.

Et si vous préférez faire tourner le binaire en local, des versions Windows, macOS, Linux et même Raspberry Pi sont dispos sur la page itch.io du projet . Le tout est distribué en freeware et jouable avec la souris / clavier ou avec la manette.

Petit rappel pour les plus jeunes quand même, Dune II - The Building of a Dynasty (de Westwood, sorti en 1992), c'est le jeu fondateur du RTS moderne. Command & Conquer est son successeur direct chez Westwood, et tous les RTS qui ont suivi (Warcraft, StarCraft, Age of Empires) lui doivent quelque chose.

Il faut construire sa base, récolter l'Epice, envoyer des unités combattre, gérer le brouillard de guerre... etc.

Mais alors comment a-t-il fait pour que UnDUNE II tienne dans cette minuscule machine qu'est le PICO-8. Hé bien le projet est splitté en 12 cartouches qui se chargent à la volée et se passent l'état du jeu entre elles. Tout Dune II tient dans environ 384 Ko de ROM totale, soit carrément moins qu'une photo JPEG moderne.

Et côté contenu, c'est dingue de voir ce qu'il a réussi à y caser. C'est loin d'être une version light ou amputée puisque les 3 maisons sont jouables (Atreides, Harkonnen, Ordos) + les Sardaukar en bonus au niveau 4, et on retrouve les trois Mentats classiques avec leurs briefings, plus 9 missions par faction avec carte animée et intro entre chaque niveau. Les armes de palais sont également spécifiques à chaque faction, et bien sûr les vers des sables peuvent gober une unité entière. Même les Carryalls font le taxi !

Bref, tout y est !

Et les détails de gameplay sont là aussi comme la capture de bâtiments ennemis (y compris les moissonneuses), le radar à deux résolutions selon les structures construites, la sauvegarde automatique entre missions, plusieurs niveaux d'IA, des stats de fin de mission avec ranking.

Sans oublier la musique et les SFX qui ont été refaits from scratch dans le tracker PICO-8 par Chris Donnelly (Gruber_Music).

C'est donc exactement comme en 1992, mais en 128x128.

Notez aussi que le sous-titre "The Demaking of a Dynasty" de ce portage a été suggéré par Tom Hall lui-même. Oui, ce Tom Hall, designer de Commander Keen chez id Software !

Et y'a même une communauté speedrun qui s'est formée autour du projet et côté propreté du code, c'est aussi clean que POOM , l'autre demake fou de PICO-8 qui fait tourner un FPS façon Doom (6 niveaux originaux) en 128x128.

Bref, si ça vous dit d'essayer, c'est par ici , c'est gratuit. Par contre, méfiez-vous des vers de sable !!

Le Fisher Price Pixter ressuscité

Le Fisher Price Pixter, ce jouet éducatif à écran tactile que Mattel vendait entre 2000 et 2002, vient de se faire passer au scanner par Dmitry Grinberg .

Alors ce truc n'est pas le truc le plus répandu qui soit, surtout par chez nous, mais on en a trouvé quand même quelques uns à l'époque, et si ça se trouve vous en avez eu un.

C'est un appareil cartouches que les gosses utilisaient pour dessiner et écouter de la musique. Personne ne l'avait jamais documenté correctement. Aucune doc officielle, des cartouches un peu obscures, et un écosystème abandonné depuis 2007.

Et le plus drôle, c'est ce qu'il a trouvé dedans. La version Pixter Color, deuxième génération, embarque un SoC ARM Sharp LH75411. Pour un jouet destiné à un gamin de cinq ans, c'est franchement impressionnant. La version Classic, plus ancienne, tourne sur un 6502, le même processeur que le Commodore 64 ou la NES.

Sauf que par-dessus ce hardware, les ingénieurs avaient ajouté une couche logicielle qui faisait croire au programme qu'il tournait sur une machine totalement différente, en pratique une sorte de processeur virtuel 16 bits pour la Color, 8 bits pour la Classic. Probablement parce qu'à la base ils visaient une autre puce et qu'ils ont dû pivoter en cours de route.

Dmitry a tout passé au crible. Hardware, implémentation audio (qu'il qualifie lui-même de "sauvage"), dump des cartouches une par une, écriture d'émulateurs pour préserver le truc. Il a même rajouté le support du LH75411 dans uARM, son émulateur ARM maison. En quelques semaines. Et au passage, il a porté PalmOS 5 sur le Pixter Color, ce qui n'a strictement aucune utilité mais c'est quand même drôle.

Le pourquoi de tout ça, c'est de la conservation. Ces appareils disparaissent, leurs cartouches se fissurent, leurs piles fuient, et dans dix ans il ne restera plus rien à étudier. Sans des bricoleurs comme Dmitry, des pans entiers de la culture jouet électronique des années 2000 s'effacent doucement.

Source : Hackaday

Dusk - Zelda Twilight Princess en natif sur PC, Mac, Linux et mobile

Plus de 4 000 commits, 5 ans de décompilation acharnée, et selon l'équipe ZeldaRET le plus gros projet de reverse-engineering jamais bouclé sur un jeu Nintendo. Voilà tout ce qu'il a fallu à la team Twilit Realm pour livrer Dusk, leur portage natif de Zelda Twilight Princess sur Windows, macOS, Linux, iOS et même Android.

La sortie officielle a eu lieu samedi dernier, et le projet fait son petit effet dans la communauté retrogaming.

Link traverse les plateformes dans Dusk (capture du site officiel )

Pour faire fonctionner le jeu, vous devez récupérer le binaire Dusk sur GitHub , puis lui fournir votre propre dump du jeu GameCube car la team ne distribue aucun asset de Nintendo pour limiter le risque juridique... Après je vous fais confiance pour en trouver tombé du camion... ^^.

Et hop, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, vous vous retrouvez à jouer à Twilight Princess sur votre Steam Deck, votre iPhone, votre laptop M3, votre tour Linux ARM64, peu importe... Tout ça sans émulateur Dolphin puisque le code GameCube a été reverse-engineered au niveau machine puis recompilé pour le matériel moderne, ce qui donne un vrai portage natif avec les avantages habituels : framerate déverrouillé, résolutions HD, modding facilité, performances qui dépotent (sous réserve d'un GPU compatible D3D12, Vulkan ou Metal, les vieux iGPU Intel et certains Adreno galèrent encore).

Le moteur du jeu original tournait à 30 refresh par seconde (en anglais on dit "ticks", c'est le nombre de fois où le moteur rafraîchit / recalcule la 3D du jeu) , c'est-à-dire que la simulation du monde se mettait à jour 30 fois par seconde, point final. La team a gardé ce taux à l'identique pour préserver le comportement de simulation proche de l'original, ce qui rassure surtout les speedrunners.

Sauf que maintenant, le rendu visuel, lui, peut tourner à 144 Hz ou plus. Donc entre deux refresh, Dusk calcule où devraient se trouver les objets et interpole leur position pour produire une image fluide. Vous gardez ainsi la mécanique de 2006, mais l'affichage est de 2026, donc c'est spleennnndiiiiide ! C'est une approche comparable à celle de Ship of Harkinian sur Ocarina of Time.

Côté plateformes, c'est pour Windows x86-64, macOS Intel et Apple Silicon, Linux x86-64 et ARM64, iOS via AltStore et Android en APK direct. Pas de version Switch par contre, et n'ayez pas d'espoir car l'équipe a été claire sur le sujet. Pour des raisons techniques (et j'imagine juridiques) ils n'envisagent pas de port natif sur la console actuelle. Les versions Wii et les autres régions GameCube sont également en chantier, mais pour l'instant ce sont les versions GameCube USA et EUR qui sont supportées. Le projet vérifie même le hash SHA-1 de votre dump pour s'assurer qu'il correspond à une version compatible avant de lancer quoi que ce soit.

Link en wolf enchaîné dans le donjon initial (capture du site officiel )

L'ensemble est sous licence CC0, domaine public, zéro restriction, ce qui veut dire que vous pouvez forker, modifier, redistribuer le code sans contrainte. Le projet repose sur la décompilation zeldaret/tp , menée depuis août 2020 par une communauté internationale de speedrunners et de devs reverse-engineers.

C'est le même schéma juridique qui a permis à Zelda 64 Recompilé de prospérer. Les projets évitent de distribuer des assets Nintendo, mais ça ne supprime pas tout risque de notification DMCA puisque la légalité dépend aussi de votre juridiction et de la manière dont le dump a été obtenu (DMCA section 1201 aux US, qui interdit en principe le contournement de protection, donc la prudence reste de mise).

Maintenant, faut pas se voiler la face sur le destinataire d'une lettre recommandée potentielle puisque Nintendo a fait sauter yuzu et son fork Suyu en 2024 avec 2,4 millions de dollars de règlement à la clé, Ryujinx a mis la clé sous la porte en octobre dernier sous pression directe, Garry's Mod a dû purger 20 années de contenu Nintendo de son workshop, et la société attaque actuellement Palworld sur des brevets de gameplay déposés à la va-vite.

Donc même quand un projet respecte le droit à la lettre, la firme japonaise a les moyens de noyer une équipe bénévole sous des frais d'avocats jusqu'à épuisement total. Les ports type Ship of Harkinian tiennent depuis plusieurs années déjà sans procédure, mais rien ne garantit que Dusk passera entre les gouttes. Si vous voulez profiter du jeu sur PC, je vous conseille donc de cloner le repo en local et de mettre le binaire de côté quelque part, on ne sait jamais....

Link récupère un fragment de coeur (capture du site officiel )

Pour l'installation, vous filez sur le repo GitHub, vous chopez le binaire de votre plateforme, vous pointez le launcher vers votre dump GameCube (que vous avez fait vous-même depuis une Wii moddée en suivant le guide du wiki Dolphin, hein...), et c'est parti mon kiki.

Merci à j0j0b4rj0 pour la découverte.

WorkBoy - Le PDA fantôme de la Game Boy

En 1992, Eddie Gil de la boîte anglaise Source R&D et Frank Ballouz de Fabtek s'étaient mis en tête d'une chose : transformer la Game Boy en PDA. La console à pile AA de Nintendo avec son écran vert pissette devait, dans leurs rêves les plus fous, devenir l'agenda électronique des cadres dynamiques. Le projet s'appelait WorkBoy, et il a même été présenté au CES en 1992, puis... plus rien.

Évaporé durant 28 ans.

Jusqu'à ce qu'en 2020, Liam Robertson, le mec derrière DidYouKnowGaming , retrouve un prototype fonctionnel chez Frank Ballouz lui-même. Ballouz l'avait sur son étagère depuis trois décennies. Quand Robertson l'a contacté, il lui a lâché tranquillou : "Oh yeah, j'ai le WorkBoy derrière moi" et après 7 mois de relances, le proto est finalement arrivé dans les mains de Robertson pour être testé en vidéo :

Le WorkBoy, c'est un clavier QWERTY plus gros que la Game Boy elle-même, avec une cartouche dédiée qui se branche dans l'emplacement où d'ordinaire, on met les jeux. Et à l'intérieur du clavier, il y a une horloge, de la mémoire interne (la Game Boy n'en avait pas, c'était LE problème majeur de l'époque), ainsi que tout un OS de bureautique de poche.

Et au menu des fonctionnalités, on avait donc le droit à un calendrier, un répertoire téléphonique, un convertisseur d'unités (parce qu'en 1992 vous saviez jamais quand ce serait le moment de convertir des pieds en mètres en pleine réunion), une calculatrice, et même un traducteur multilingue.

Mais le clou du spectacle, c'est la carte du monde qui jouait... les hymnes nationaux en 8-bit ! Voilà, je crois que là, tout est dit ! Vous cliquez sur la France, et hop vous avez la Marseillaise version Tetris. Vous cliquez sur l'URSS, vous avez l'Internationale en mode bip-bip. C'était fou pour l'époque !!

Eddie Gil avait passé des années à peaufiner ce truc, et Ballouz utilisait son carnet d'adresses Nintendo (il avait été cadre chez Nintendo Of America du temps des bornes d'arcade) pour pousser le projet en interne. Le lancement était alors prévu pour décembre 1992... l'usine était prête et la certification quasi bouclée.

Et puis Nintendo a annoncé qu'ils allaient faire baisser le prix de la Game Boy !! C'était la cata car d'un coup, l'accessoire WorkBoy, à 90 dollars environ, devenait plus cher que la console qu'il était censé compléter !

Ballouz a refait ses calculs, a fait la grimace, et a annulé la production quelques mois avant le CES. Game over pour le projet. Et voilà comment pendant trois décennies, le seul souvenir tangible du projet, c'était quelques photos floues et une marque déposée.

Mais le truc cool suite à cette redécouverte, c'est que Robertson a aussi mis la main sur le code source du WorkBoy via le fameux Nintendo Gigaleak de 2020 (c'était une fuite massive des serveurs Nintendo qui a balancé pelle-mêle des ROMs prototypes, du code source, des trucs internes...).

Un anonyme sur Twitter lui a alors signalé qu'on pouvait choper la ROM en ligne. Robertson était mal à l'aise avec la source car c'était du code volé, mais bon, il a fini par graver le binaire sur une cartouche et réussi à faire tourner le proto.

Et là, surprise : le truc a fonctionné nickel. "C'est plus rapide que mon ancien smartphone", a balancé Robertson. Faut dire qu'en 1992, avoir une UI réactive sur un écran 160×144 pixels en 4 nuances de vert, c'était de l'orfèvrerie. À l'époque, les développeurs savaient optimiser leur code au cycle CPU près, et ça se voyait...

Par contre, le WorkBoy nécessitait obligatoirement le hardware physique pour fonctionner correctement car l'horloge et la mémoire interne sont dans le clavier et pas dans la cartouche. Du coup, l'émulation pure ne suffisait pas. C'est probablement pour ça qu'on n'en avait jamais entendu parler avant que Ballouz daigne sortir le sien du grenier.

Ce WorkBoy disparu était l'incarnation parfaite de cette ère charnière où on cherchait à entasser de la productivité dans tout ce qui avait un microprocesseur. Comme quoi, bien avant le PalmPilot (1996), dans la foulée du Psion 3 (sorti un an plus tôt), Nintendo et ses partenaires avaient donc déjà flairé le truc.

Source

Un passionné a recréé l'Apple Lisa de 1983 dans un FPGA

Voilà un projet qui sort un peu de l'ordinaire. Un développeur a passé huit mois à réimplémenter intégralement l'Apple Lisa, l'ordinateur lancé par Apple en 1983, à l'intérieur d'un FPGA. Le résultat tourne.

Il charge le système d'exploitation Lisa OS et fait fonctionner les logiciels de l'époque comme à la sortie de la machine, sans la moindre puce d'origine. Juste une description matérielle Verilog/VHDL synthétisée sur une carte FPGA moderne.

Pour ceux qui ne suivent pas le rétro-Apple, l'Apple Lisa, c'est l'ancêtre direct du Macintosh. Premier ordinateur grand public d'Apple à intégrer une interface graphique avec souris, prévu pour les pros, mais vendu à un prix faramineux à l'époque (autour de 10 000 dollars de 1983), ce qui l'a tué commercialement avant que le Mac plus accessible vienne reprendre le flambeau l'année suivante.

Aujourd'hui, les Lisa qui marchent encore sont des objets de collection rares, surtout que les disques Twiggy d'origine étaient une catastrophe en termes de fiabilité.

Recréer la machine en FPGA permet de la faire vivoter sans dépendre de pièces qui n'existent plus, et c'est aussi un bel exercice de reverse engineering. Il faut bien bien comprendre le bus, le contrôleur graphique, les puces custom, les timings exacts, et tout retranscrire dans un langage de description matérielle.

Le développeur a documenté chaque sous-système au fil de la construction... On parle là d'un travail de fond qui ferait passer une thèse pour un travail dominical.

Le projet est documenté en vidéo. Le créateur explique chaque étape du portage, les bugs rencontrés (le Lisa avait un système de gestion mémoire inhabituel pour l'époque), et démontre l'ordinateur en train de tourner sur sa carte FPGA finale. Les fichiers du projet (sources Verilog, schémas, images de ROM) sont a priori disponibles pour les amateurs qui veulent reproduire la chose à la maison.

C'est chouette comme projet ! Le rétro-computing à coup de FPGA, c'est probablement la seule façon de garder vivantes des machines comme la Lisa pour les décennies qui viennent.

Source : YouTube

Kawaii - La GameCube découpée au scalpel qui tient dans la poche

Mackie Kannard-Smith vient de sortir Kawaii , une GameCube qui tient dans un porte-clés avec une vraie carte mère Nintendo dedans. Pas d'émulation ni de Raspberry Pi déguisé mais juste du silicium d'origine charcuté à mort pour rentrer dans 60 × 60 × 15,8 mm ! Pour vous donner une idée, c'est plus petit qu'une Game Boy Color et c'est le boîtier en alu bleu anodisé qui fait office de dissipateur thermique passif.

Le truc tourne en réalité sur une carte mère de Wii sévèrement modifiée. Mackie a choisi la Wii (sortie en 2006) plutôt que la GameCube d'origine, parce que la Wii partage la même architecture mais avec une finesse de gravure plus récente. Du coup, c'est plus facile à miniaturiser même si pour arriver à ses fins, il a dû appliquer une technique baptisée Omega Trim qui consiste à tronçonner la PCB multicouche au scalpel et à reconnecter chaque piste à la main avec du fil ultra-fin. Pas simple quand on a des gros doigts ^^.

L'encodeur AV est délocalisé, la NAND flash relogée ailleurs, et le processeur est sous-volté dynamiquement via un régulateur custom. Vous chargez alors les jeux sur une carte microSD qui est scellée à l'intérieur !

Alors pour changer de jeu, il n'y a pas d'autre choix que de littéralement désassembler la console. C'est pas top côté pratique mais comme c'est du prototype de l'extrême et pas une console destinée au grand public, je pense que ça passe ^^.

Et là où c'est bien fichu je trouve, c'est avec le dock magnétique composé de pogo-pins, de 4 ports manettes GameCube d'origine, d'un USB-C pour l'alim, et d'une sortie AV analogique. Comme ça vous posez simplement la console sur la base et vous vous retrouvez avec un setup de salon classique.

Côté température, sans ventilo externe, ça chauffe vite par contre. Le boîtier alu fait son boulot, mais y'a quand même des limites physiques qu'on ne peut pas changer... Donc impossible de l'utiliser trop longtemps sans y ajouter un refroidissement actif en plus (genre ventilo ou watercooling).

Après, vous le savez, j'adore ce genre d'exploit et ce n'est d'ailleurs pas le premier mod du genre que je vous présente. Je vous avais déjà parlé du Short Stack de loopj, qui réduisait une Wii au format d'un paquet de cartes. Et devinez quoi, loopj a aussi contribué à Kawaii !

En réalité, cette communauté de tarés du fer à souder se retrouve sur le forum BitBuilt , où ils s'échangent les techniques de découpe extrême depuis des années, alors si vous voulez vous lancer, c'est the place to be !

Les fichiers de conception de la console Kawaii sont publiés sur GitHub , mais Mackie prévient : y'a aucun guide de build, et la réplication est "extrêmement difficile". En clair, c'est pas un mod du dimanche.

Faut une station de soudage à l'air chaud, une loupe binoculaire, des nerfs en acier et une connaissance fine de l'architecture Wii. À vrai dire, c'est sûrement plus simple d'attendre qu'un mod commercial inspiré du projet sorte un jour (coucou la GameCube Mini qui sortira probablement un jour...). Maintenant, si vous voulez voir la bête en action, Macho Nacho Productions a sorti une review de 21 minutes qui fait bien le tour de la machine :

Bref, Kawaii ça sert à rien, c'est techniquement aberrant comme dirait l'autre, et c'est exactement pour ça que c'est classe !

Source

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