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Linus Torvalds se met à la musique (et au vibe coding)

Il y a quelques semaines, je vous parlais de la vision très pragmatique de Linus Torvalds sur l'IA et le "vibe coding". Et bien figurez-vous que le créateur et mainteneur du noyau Linux ne fait pas que donner son avis, il met aussi les mains dans le cambouis (ou plutôt dans le code) avec un nouveau petit projet perso baptisé AudioNoise.

Alors calmez-vous tout de suite, il ne s'agit pas du prochain concurrent de Pro Tools ou d'Ableton Live. C'est un projet qu'il qualifie lui-même de "silly" (idiot), né de ses récentes expérimentations avec des pédales d'effets pour guitare. Après avoir joué avec le hardware et les circuits analogiques, Linus a décidé de voir ce que ça donnait côté numérique.

Le dépôt GitHub contient des implémentations basiques en C d'effets audio : délais, phasers, et de filtres IIR (Infinite Impulse Response)... Bref, de quoi simuler des effets sans prétention.

Ce qui est marrant, c'est l'approche car Linus explique clairement dans le README qu'il n'y a rien de révolutionnaire là-dedans en terme d'algo mais juste des boucles de délai et des filtres simples. C'est du "single sample in, single sample out", conçu pour apprendre les bases du traitement du signal (DSP).

Le projet inclut également un visualiseur en Python que Linus avoue avoir écrit en mode "vibe-coding". En gros, comme il ne maîtrise pas vraiment Python, il a utilisé l'outil Google Antigravity pour générer le code à sa place. C'est du "monkey-see-monkey-do" assumé, où il a supprimé l'intermédiaire (lui-même cherchant sur Google) pour aller directement au but.

Bref, c'est toujours marrant de voir qu'un des devs les plus influents de la planète continue de coder des trucs "juste pour le fun", sans se prendre la tête, et en utilisant les outils modernes comme un débutant curieux. Si vous voulez jeter un œil au code (ou l'utiliser pour vos propres bidouilles sonores), ça se passe sur GitHub .

Merci à Lorenper pour le partage !

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Test du Macchiatto Pro : un super planétarium HD pas cher pour la maison

– Article invité, rédigé par Vincent Lautier, contient des liens affiliés Amazon –

J'ai récemment eu l'occasion de prendre en main le projecteur Macchiatto Pro , un appareil compact conçu pour transformer l'ambiance d'une pièce en projetant un ciel étoilé au plafond. Amazon est inondé de gadgets lumineux souvent décevants, mais ce modèle a retenu mon attention par sa promesse d'une projection haute définition pour un tarif contenu autour de trente euros.

L'objectif est ici de proposer une véritable expérience de planétarium domestique plutôt qu'une simple veilleuse aux motifs flous, j’ai testé dans une chambre d’enfant, et c’est tout simplement génial.

La principale force de ce produit c’est son système optique. Contrairement aux appareils d'entrée de gamme qui projettent de simples points lumineux, le Macchiatto Pro utilise des disques de films interchangeables pour diffuser des images précises. C'est difficile à voir sur les photos car l'image semble un peu floue, mais en vrai, quand vous êtes dans la pièce pour de vrai, c'est vraiment très net et précis !

Le constructeur fournit treize disques différents dans la boîte, qui offrent une variété de scènes allant du système solaire complet à la Voie lactée, en passant par des images détaillées de la Terre ou de la Lune. La mise au point s'effectue manuellement via une molette située sur le dessus de l'appareil, ce qui permet d'obtenir une image nette quelle que soit la distance de projection, avec un rendu optimal.

Au niveau du fonctionnement, l'appareil intègre un moteur rotatif permettant de faire tourner l'image à 360 degrés pour simuler le mouvement céleste. Un point important pour ce type de produit est le niveau sonore, et ce modèle est complètement silencieux à l'usage. Le mécanisme de rotation ne génère pas de bruit parasite, ce qui permet de l'utiliser dans une chambre à coucher sans perturbation. Des fonctions de minuterie sont également présentes pour programmer une extinction automatique après une ou deux heures, le projecteur s'éteignant de lui-même après quatre heures par défaut pour économiser l'énergie.

D'un point de vue pratique, le Macchiatto Pro a une connectique moderne avec un port USB-C, ce qui simplifie son alimentation via un chargeur de smartphone classique ou une batterie externe pour le rendre portable. La surface de projection est super large et peut couvrir une grande partie d'un plafond standard, le constructeur annonçant une couverture allant jusqu'à 70 mètres carrés (mais je n’ai pas testé sur un plafond aussi grand, je n’habite pas dans le château de Versailles). Bref, c'est un produit techniquement abouti pour sa catégorie de prix, il offre une image de qualité et une simplicité d'utilisation qui conviendra aussi bien aux gamins qui kiffent l’astronomie qu’aux adultes qui cherchent une lumière d'ambiance relaxante.

Ce truc coûte 30 balles sur Amazon, vous pouvez le trouver ici avec 13 disques inclus.

Article invité publié par Vincent Lautier . Vous pouvez aussi faire un saut sur mon blog , ma page de recommandations Amazon , ou lire tous les tests que je publie dans la catégorie "Gadgets Tech" , comme cette liseuse Android de dingue ou ces AirTags pour Android !

Cloudflare vs Italie - Le bras de fer sur le Piracy Shield ne fait que commencer

Alors que l'Italie pensait avoir trouvé l'arme ultime contre le piratage avec son fameux "Piracy Shield", voici que voilà que Cloudflare vient de leur renvoyer une gifle mémorable. C'était prévisible et j'ai envie de dire tant mieux car je pense que la neutralité du net mérite mieux et je ne suis pas fan de l'idée de transformer des hébergeurs et autres prestataires techniques en garant de la moral a.k.a. en censeurs automatisés.

Matthew Prince, le patron de Cloudflare, n'a pas l'intention de se laisser faire ( Source )

Si vous vous demandez de quoi je parle, je vous propose de reprendre tout ça depuis le début. En effet, l'autorité italienne de régulation des communications (AGCOM) vient de coller une amende de 14,2 millions d'euros à Cloudflare. Pourquoi ? Hé bien tout simplement parce que l'entreprise refuse de se plier à un ordre de blocage DNS datant de février 2025 sur son service 1.1.1.1 pour filtrer les sites de streaming illégaux de la Serie A (Si vous ne connaissez pas la Serie A, c'est un championnat de foot à la con). Cette prune est quand même égale à 1% de son chiffre d'affaires annuel, bref Cloudflare est carrément dans la sauce.

Toujours pour ceux qui débarquent, le Piracy Shield est un système censé permettre aux ayants droit de soumettre des adresses IP et des noms de domaine à bloquer dans un délai de 30 minutes après notification. Sauf que dans la vraie vie, ça ne marche pas tout à fait comme ça. Matthew Prince, le patron de Cloudflare, n'a d'ailleurs pas mâché ses mots en affirmant que l'Italie tente d'imposer une véritable "censure globale" sans surveillance judiciaire ni transparence. Pour lui, c'est comme essayer d'arrêter l'eau avec une passoire tout en inondant les voisins.

Techniquement, Cloudflare explique qu'obliger d'opérer un blocage DNS/IP sur ses 200 milliards de requêtes quotidiennes, cela augmenterait significativement la latence pour les utilisateurs de ses résolveurs. Et surtout, le risque de surblocage est gigantesque. Rappelez-vous, en octobre 2024, ce magnifique système avait réussi l'exploit de bloquer Google Drive pour toute l'Italie pendant trois heures (et certains blocages partiels ont même persisté bien après). Gloups ! C'est ce genre de dérives qui inquiète, surtout quand on sait que le système a déjà fait désactiver plus de 65 000 domaines en deux ans, selon l'AGCOM.

Et je vous parle pas de coût humains et techniques que ça engendre pour les opérateurs comme Cloudflare.

La réponse de Matthew Prince est d'ailleurs assez radicale puisque Cloudflare envisage carrément de retirer tous ses serveurs des villes italiennes, de couper ses services de cybersécurité gratuits pour les utilisateurs locaux et même d'annuler son soutien pro bono pour les prochains Jeux olympiques de Milan-Cortina. Bye Bye l'investissement, basta la collaboration !

On se retrouve donc dans une situation où Cloudflare se voit contraint de choisir entre ses principes et le marché italien. Si vous suivez un peu l'actu, vous savez que les services DNS sont de plus en plus ciblés par des obligations de blocage, mais l'Italie semble vouloir aller plus loin que les autres.

Si la France a déjà ordonné à cinq gros fournisseurs de VPN de bloquer certains sites de streaming sportif, l'offensive italienne contre les infrastructures de base du web est un cran au-dessus. Heureusement, il existe encore des résistances techniques et ces protocoles ennemis de la censure comme le DoH ou l'ECH (Encrypted Client Hello) rendent la tâche plus complexe pour les autorités, même si cela n'empêchera jamais un blocage pur et dur par IP.

Bref, reste à savoir maintenant comment ceci sera réellement appliqué dans les mois qui viennent... En attendant, si vous utilisez Cloudflare en Italie (ou ailleurs), surveillez de près les évolutions de votre service car le bras de fer ne fait que commencer.

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En finir avec l'enshittification en légalisant le reverse-engineering

Bon, je vais être direct : le reverse-engineering devrait être légal, point barre. Et tant mieux si quelqu'un d'aussi influent que Cory Doctorow le gueule dans le Guardian !

Pour ceux qui débarquent, le reverse-engineering c'est le fait de désosser un logiciel ou un appareil pour comprendre comment il fonctionne. Pas pour le pirater, hein, mais pour réparer, améliorer ou simplement vérifier qu'on ne se fait pas arnaquer. Et c'est là que ça devient un peu compliqué, parce que dans plein de pays, c'est illégal.

Doctorow rattache ça au phénomène d'"enshittification" (oui, le terme est volontairement moche... On pourrait traduire ça par "l'emmerdification"). C'est ce phénomène bien pénible où les entreprises dégradent progressivement leurs produits pour vous forcer à payer plus ou à racheter du neuf. Votre imprimante qui refuse les cartouches compatibles ? Enshittification. Votre tracteur John Deere qui vous interdit de le réparer vous-même ? Enshittification. Les onduleurs solaires chinois avec des kill switches à distance ? Enshittification + un peu de parano ^^.

Le truc, c'est que les lois anti-contournement comme le DMCA américain protègent ces pratiques. Du coup, même si vous avez acheté un machin, vous n'avez pas vraiment le droit de regarder sous le capot.

Mais bonne nouvelle pour nous autres Européens, l'article 6 de la directive européenne sur les logiciels autorise la décompilation pour assurer l'interopérabilité. Si ça c'est pas une nouvelle preuve que l'Europe est supérieure aux Etats-Unis, j'sais pas ce que c'est ^^.

En France par exemple, l'article L. 122-6-1 du Code de la propriété intellectuelle va même plus loin puisqu'il est impossible pour un éditeur d'interdire contractuellement ce droit. Autrement dit, même si c'est écrit dans les CGU, c'est nul et non avenu.

Par contre, le Royaume-Uni post-Brexit, c'est une autre histoire mais Doctorow y voit plutôt une opportunité. En effet, comme le Royaume-Uni est libéré des contraintes de l'harmonisation européenne, le pays pourrait assouplir ses lois plus rapidement que l'UE et devenir un hub du reverse-engineering légal. À condition évidemment de ne pas céder aux lobbys tech américains qui poussent dans l'autre sens.

Alors certains d'entre vous pourraient se demander : Ça sert à quoi de pouvoir reverse-engineerer ses appareils ?

Hé bien, ça sert par exemple à découvrir que votre thermostat "intelligent" envoie vos données à des serveurs douteux. Ou à réparer votre tracteur sans attendre 3 semaines un technicien agréé qui vous fera payer une fortune un truc dérisoire. Ou encore à vérifier que l'onduleur solaire sur votre toit n'a pas une backdoor exploitable par n'importe qui. De plus, des outils comme ReverserAI rendent ce genre d'analyse de plus en plus accessible, même sans être un expert en assembleur. Et ça c'est cool !

Le combat de Doctorow, c'est donc de faire sauter ces verrous juridiques qui protègent l'obsolescence programmée au détriment des consommateurs. Et franchement, quand on voit l'état du marché tech actuel, c'est pas du luxe, je trouve.

Bref, si vous voulez comprendre pourquoi votre grille-pain connecté vous espionne, au moins en Europe, vous avez théoriquement le droit de le découvrir. C'est déjà ça. Force à nos amis anglais et américains qui sont encore plus maltraités par les sociétés qui verrouillent leurs appareils, que nous.

Cette IA a résolu un problème mathématique ouvert depuis 45 ans

Le modèle d’IA GPT-5.2 Pro a résolu plusieurs problèmes de mathématiques, dont l’un, le 11 janvier 2026, était resté ouvert depuis 45 ans. Plus que le résultat, c’est la méthode — associant humains, assistant de preuve Lean et système d’IA Aristotle — qui pourrait transformer la pratique de la démonstration mathématique.

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