LA FRANCE LÂCHE MICROSOFT POUR LINUX ET L'OPENSOURCE ? : Anatomie d'une révolution numérique
Bonjour à tous, ici Adrien.
Vous avez été nombreux à m'envoyer des infos sur cette actu diffusée par la DINUM (Direction interministérielle du numérique) vis à vis de la Souveraineté numérique : l'État accélère la réduction de ses dépendances extra-européennes.
J'ai envie de dire, on y arrive enfin !
Vous vous souvenez de mon article sur le Danemark en juin dernier ? Souveraineté numérique : Le Danemark passe à Linux et LibreOffice
Je vous disais que leur migration vers Linux n'était pas qu'une anecdote scandinave, et que peut être d'autres états de l'UE allaient suivre le mouvement !
Eh bien, on y est. La France vient de jeter un pavé dans la mare.
L'Actu : Le séminaire de la rupture
Le mercredi 8 avril 2026 restera sans doute comme une date importante je pense. Sous l'impulsion du Premier ministre, du ministre de l'Action et des Comptes publics (David Amiel) et de la ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique (Anne Le Hénanff), la Direction interministérielle du numérique (DINUM) a réuni l'ANSSI, la Direction des Achats de l'État (DAE) et la Direction Générale des Entreprises (DGE).
Le message est d'une clarté brutale : l'État accélère la réduction de ses dépendances numériques extra-européennes. On les as assez critiqué il y a peu avec la reconduction de contrats avec Microsoft... Mais là, on ne parle plus de "réfléchir". La DINUM elle-même annonce sa sortie de Windows au profit de postes sous Linux (Alors je vous le dit déjà, on ne sait pas quelle distribution, ça sera peut être un truc "maison" comme Gendbuntu dans la Gendarmerie, basé sur du travail existant c'est sûr).
Et ce n'est que le début : la Caisse nationale d'Assurance Maladie (CNAM) fait migrer ses 80 000 agents vers le socle numérique interministériel : Tchap, Visio et FranceTransfert (le WeTransfer maison Opensource).
Même la plateforme des données de santé devra passer sur une solution de confiance d'ici fin 2026.
Le but ? Se "désensibiliser" des outils américains. Comme l'a dit David Amiel, on ne peut plus accepter que nos données et nos tarifs dépendent de solutions dont on ne maîtrise ni les règles, ni les évolutions.
L'Impact en France : Plus qu'un changement d'OS, un changement de modèle
C'est un séisme pour la commande publique, et voici pourquoi :
1. La fin du "Chèque en Blanc" : En sortant de Windows, l'État réalloue son budget. On arrête de payer des licences et on investit dans la filière industrielle locale. La DAE a d'ailleurs lancé une cartographie précise pour fixer des objectifs chiffrés de réduction de dépendance. Ça rigole pas !
2. L'essor des Coalitions : C'est la grande nouveauté de la méthode DINUM. On forme des coalitions ministères/opérateurs/privés pour créer des communs numériques. On s'appuie sur des standards d'interopérabilité. Si la France développe une brique logicielle pour sécuriser un logiciel libre, cette brique profite à tout le monde. C'est l'anti-monopole par excellence ! Et en plus il y a contribution au libre.
3. La crédibilité industrielle : D'ici l'automne, chaque ministère devra présenter son propre plan d'action (IA, bases de données, réseaux, etc.). En juin 2026, les premières "rencontres industrielles du numérique" scelleront une véritable alliance public-privé pour la souveraineté européenne.
Mon analyse : Pourquoi c'est important et utile
Cette annonce valide les trois piliers que je défends souvent :
1. Le Pilier de la Sécurité (L'approche ANSSI) :
On en a souvent parlé lors de mes lives, notamment quand on évoquait la politique open source de l'ANSSI. Pourquoi l'ANSSI pousse pour le logiciel libre ? Parce que la sécurité par l'obscurité, ça ne marche pas. Avec Windows, on a une boîte noire. On doit croire Microsoft sur parole quand ils disent qu'il n'y a pas de porte dérobée ou que la télémétrie est "anonymisée".
Dans le monde du libre, le code est auditable. C'est la base de la souveraineté. On ne peut pas prétendre protéger les données des Français si la couche de base du système est propriétaire, étrangère et donc soumise à des lois comme le Cloud Act.
2. Le Pilier de l'Interopérabilité (La leçon allemande)
Je vous avais parlé de ce qui se passait en Allemagne avec le format Open Document (ODF). Le vrai piège de Microsoft, ce n'est pas seulement Windows, c'est l'écosystème fermé. Si on es obligé d'utiliser Word pour lire un document de l'État, l'État nous impose finalement d'être client de Microsoft.
La souveraineté, aussi ça, cette capacité de changer de fournisseur sans perdre ses données. Si demain une distribution Linux ne convient plus, on passe à une autre. Et bien c'est pareil avec un format de documents : les procédures et les outils restent les mêmes car ils sont basés sur formats ouverts.
3. Le Pilier du Cloud : Ne pas confondre "Souverain" et "Localisé"
C’est un point sur lequel j'insiste. On nous a souvent vendu des "clouds souverains" qui n'étaient que des revendeurs de technologies américaines tournant sur le sol français. Vous savez les serveurs Microsoft en France, agréé HDS (Hébergeur de Données de Santé). C'est une illusion de souveraineté.
Le cloud interministériel est construit sur des piles logicielles libres. Si l'infrastructure est gérée par les agents, sur du code qui est maîtrisé, là on peut parler de souveraineté. L'annonce de la DINUM va dans ce sens : on ne veut plus dépendre des tarifs et des évolutions imposés par les géants du Cloud. En plus on gagne en côut de licence !
Conclusion : De la théorie à la pratique
Alors oui, je suis enthousiaste. Mais je reste vigilant. Le plus dur commence : la mise en action. Passer au logiciel libre et sous GNU/Linux, c'est un projet de transformation humaine avant d'être technique. Il va falloir former, accompagner, et ça aussi ça a un coût en gestion de projet et en ressources. Mais ça sera amorti sur le long terme.
Cette fois, le contexte est différent. Entre les tensions géopolitiques mondiales et la maturité des solutions open source en 2026, on n'a plus d'excuses. La France montre l'exemple, dans la lignée du Danemark, de l'Allemagne et j'ai hâte de voir comment les autres pays européens vont réagir.
C'est une page qui se tourne. On arrête d'être des consommateurs passifs pour devenir des acteurs de notre infrastructure.
Je vous mets comme d'hab la source officielles dans les liens du blog.
Profitez des commentaires pour donner votre avis sur le sujet, ils sont là pour ça, je suis curieux de connaitre votre avis !
Vous avez été nombreux à m'envoyer des infos sur cette actu diffusée par la DINUM (Direction interministérielle du numérique) vis à vis de la Souveraineté numérique : l'État accélère la réduction de ses dépendances extra-européennes.
J'ai envie de dire, on y arrive enfin !
Vous vous souvenez de mon article sur le Danemark en juin dernier ? Souveraineté numérique : Le Danemark passe à Linux et LibreOffice
Je vous disais que leur migration vers Linux n'était pas qu'une anecdote scandinave, et que peut être d'autres états de l'UE allaient suivre le mouvement !
Eh bien, on y est. La France vient de jeter un pavé dans la mare.
L'Actu : Le séminaire de la rupture
Le mercredi 8 avril 2026 restera sans doute comme une date importante je pense. Sous l'impulsion du Premier ministre, du ministre de l'Action et des Comptes publics (David Amiel) et de la ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique (Anne Le Hénanff), la Direction interministérielle du numérique (DINUM) a réuni l'ANSSI, la Direction des Achats de l'État (DAE) et la Direction Générale des Entreprises (DGE).
Le message est d'une clarté brutale : l'État accélère la réduction de ses dépendances numériques extra-européennes. On les as assez critiqué il y a peu avec la reconduction de contrats avec Microsoft... Mais là, on ne parle plus de "réfléchir". La DINUM elle-même annonce sa sortie de Windows au profit de postes sous Linux (Alors je vous le dit déjà, on ne sait pas quelle distribution, ça sera peut être un truc "maison" comme Gendbuntu dans la Gendarmerie, basé sur du travail existant c'est sûr).
Et ce n'est que le début : la Caisse nationale d'Assurance Maladie (CNAM) fait migrer ses 80 000 agents vers le socle numérique interministériel : Tchap, Visio et FranceTransfert (le WeTransfer maison Opensource).
Même la plateforme des données de santé devra passer sur une solution de confiance d'ici fin 2026.
Le but ? Se "désensibiliser" des outils américains. Comme l'a dit David Amiel, on ne peut plus accepter que nos données et nos tarifs dépendent de solutions dont on ne maîtrise ni les règles, ni les évolutions.
L'Impact en France : Plus qu'un changement d'OS, un changement de modèle
C'est un séisme pour la commande publique, et voici pourquoi :
1. La fin du "Chèque en Blanc" : En sortant de Windows, l'État réalloue son budget. On arrête de payer des licences et on investit dans la filière industrielle locale. La DAE a d'ailleurs lancé une cartographie précise pour fixer des objectifs chiffrés de réduction de dépendance. Ça rigole pas !
2. L'essor des Coalitions : C'est la grande nouveauté de la méthode DINUM. On forme des coalitions ministères/opérateurs/privés pour créer des communs numériques. On s'appuie sur des standards d'interopérabilité. Si la France développe une brique logicielle pour sécuriser un logiciel libre, cette brique profite à tout le monde. C'est l'anti-monopole par excellence ! Et en plus il y a contribution au libre.
3. La crédibilité industrielle : D'ici l'automne, chaque ministère devra présenter son propre plan d'action (IA, bases de données, réseaux, etc.). En juin 2026, les premières "rencontres industrielles du numérique" scelleront une véritable alliance public-privé pour la souveraineté européenne.
Mon analyse : Pourquoi c'est important et utile
Cette annonce valide les trois piliers que je défends souvent :
1. Le Pilier de la Sécurité (L'approche ANSSI) :
On en a souvent parlé lors de mes lives, notamment quand on évoquait la politique open source de l'ANSSI. Pourquoi l'ANSSI pousse pour le logiciel libre ? Parce que la sécurité par l'obscurité, ça ne marche pas. Avec Windows, on a une boîte noire. On doit croire Microsoft sur parole quand ils disent qu'il n'y a pas de porte dérobée ou que la télémétrie est "anonymisée".
Dans le monde du libre, le code est auditable. C'est la base de la souveraineté. On ne peut pas prétendre protéger les données des Français si la couche de base du système est propriétaire, étrangère et donc soumise à des lois comme le Cloud Act.
2. Le Pilier de l'Interopérabilité (La leçon allemande)
Je vous avais parlé de ce qui se passait en Allemagne avec le format Open Document (ODF). Le vrai piège de Microsoft, ce n'est pas seulement Windows, c'est l'écosystème fermé. Si on es obligé d'utiliser Word pour lire un document de l'État, l'État nous impose finalement d'être client de Microsoft.
La souveraineté, aussi ça, cette capacité de changer de fournisseur sans perdre ses données. Si demain une distribution Linux ne convient plus, on passe à une autre. Et bien c'est pareil avec un format de documents : les procédures et les outils restent les mêmes car ils sont basés sur formats ouverts.
3. Le Pilier du Cloud : Ne pas confondre "Souverain" et "Localisé"
C’est un point sur lequel j'insiste. On nous a souvent vendu des "clouds souverains" qui n'étaient que des revendeurs de technologies américaines tournant sur le sol français. Vous savez les serveurs Microsoft en France, agréé HDS (Hébergeur de Données de Santé). C'est une illusion de souveraineté.
Le cloud interministériel est construit sur des piles logicielles libres. Si l'infrastructure est gérée par les agents, sur du code qui est maîtrisé, là on peut parler de souveraineté. L'annonce de la DINUM va dans ce sens : on ne veut plus dépendre des tarifs et des évolutions imposés par les géants du Cloud. En plus on gagne en côut de licence !
Conclusion : De la théorie à la pratique
Alors oui, je suis enthousiaste. Mais je reste vigilant. Le plus dur commence : la mise en action. Passer au logiciel libre et sous GNU/Linux, c'est un projet de transformation humaine avant d'être technique. Il va falloir former, accompagner, et ça aussi ça a un coût en gestion de projet et en ressources. Mais ça sera amorti sur le long terme.
Cette fois, le contexte est différent. Entre les tensions géopolitiques mondiales et la maturité des solutions open source en 2026, on n'a plus d'excuses. La France montre l'exemple, dans la lignée du Danemark, de l'Allemagne et j'ai hâte de voir comment les autres pays européens vont réagir.
C'est une page qui se tourne. On arrête d'être des consommateurs passifs pour devenir des acteurs de notre infrastructure.
Je vous mets comme d'hab la source officielles dans les liens du blog.
Profitez des commentaires pour donner votre avis sur le sujet, ils sont là pour ça, je suis curieux de connaitre votre avis !



