CKOIKIDI 106 : Résumé du live Actus du libre septembre 2026
9 octobre 2026 à 18:57
Salut à toutes,
On se retrouve pour le débriefing complet de ce CKOIKIDI #106 du mercredi 7 octobre 2026. Au sommaire, le résumé des actualités du libre et de l'open source du mois de septembre qui ont retenu mon attention. On a 10 actus à traiter, entre distributions linux, logiciels libres et souveraineté, alors c'est parti !
1. Linux Mint et les XApps !
On attaque ce 106e numéro avec les actualités mensuelles du projet Linux Mint publiées par Clem Lefèvre le 11 septembre dernier. Pour rappel, les XApps sont des applications développées en Python et GTK3 visant à offrir des outils universels et légers pour plusieurs environnements de bureau. L'équipe a lancé un site dédié, https://xapp-project.org, pour centraliser ces logiciels et permettre à d'autres distributions utilisant des environnements encore en GTK3 comme Xfce ou Cinnamon d'en profiter sans subir la bascule forcée vers GTK4 et libadwaita. Parmi les nouveautés, on découvre d'abord l'application Library, une bibliothèque de documents qui centralise et trie vos fichiers par type à la manière d'un lecteur audio. On retrouve également XEPub, une visionneuse dédiée aux livres numériques au format EPUB. Mais la véritable pépite selon moi, c'est l'arrivée de Clockenstein, une toute nouvelle application de calendrier maison. Cet outil vient remplacer à lui seul trois composants lourds de l'écosystème Gnome : Gnome Calendar, Gnome Online Accounts et Evolution Data Server. Clockenstein permet de gérer des agendas locaux et distants (CalDAV, Google Calendar, Nextcloud) tout en conservant une consultation en lecture seule si le réseau vient à couper. Cette démarche illustre parfaitement la volonté de Mint de supprimer les démons d'arrière-plan inutiles pour garder un système réactif et facile à maintenir.
Source : https://blog.linuxmint.com/?p=5067
2. Raspberry Pi OS 2026-09-15 (Desktop)
Deuxième actualité concernant les distributions : la mise à jour du 15 septembre pour Raspberry Pi OS Desktop. Le développeur historique Simon Long a apporté plusieurs évolutions ergonomiques à cet environnement basé sur Wayland et le gestionnaire de fenêtres LabWC. La grande nouveauté visuelle est l'arrivée d'un dock d'icônes optionnel d'inspiration macOS, capable de remplacer la traditionnelle barre des tâches à la Windows 95 ou de cohabiter avec elle en haut de l'écran. On profite également d'un lanceur d'applications en plein écran accompagné de widgets, d'une recherche alphabétique ou par catégories, et d'un regroupement des fenêtres ouvertes avec des badges d'icônes. Toutes ces nouveautés graphiques restent entièrement débrayables et optionnelles dans le centre de contrôle pour préserver la légèreté par défaut. Sur le plan des performances, le système permet désormais d'utiliser le petit programme SwayBG pour dessiner le fond d'écran à la place du gestionnaire de fichiers PCmanFM, économisant ainsi de précieux mégaoctets de RAM. C'est une excellente option pour redonner un coup de jeune aux cartes équipées de seulement 2 Go de mémoire vive.
Dans le live, j'en ai profité pour faire un point sur le marché du Raspberry Pi qui a complètement flambé avec la hausse des composants. Aujourd'hui, un Raspberry Pi 4 de 4 Go coûte parfois plus de 120 € nu, ce qui rend l'achat d'une carte neuve très peu attrayant par rapport au marché de l'occasion ou aux mini-PC.
Source : https://www.raspberrypi.com/news/an-updated-look-for-the-raspberry-pi-desktop/
3. Fedora 45 Beta !
Troisième dossier distribution : la publication le 15 septembre de la version Beta de Fedora Linux 45, avec une sortie finale visée entre le 20 octobre et le 3 novembre. Cette mouture intègre évidemment l'environnement Gnome 51 tout juste sorti dans son édition Workstation. Parmi les évolutions d'administration système, Fedora expérimente l'outil mkosi-initrd comme alternative à dracut pour la génération des images d'initialisation Initramfs. On note aussi la relocalisation des fichiers de configuration des dépôts RPM depuis /etc/yum.repos.d vers /usr/share/dnf5/repos.d, les personnalisations locales se faisant désormais via des fichiers de surcharge dans /etc/dnf/repos.override.d.
L'écosystème logiciel est rafraîchi avec RPM 6.1, Podman v6, OpenSSL 4, MariaDB 12.3 et l'intégration de Python 3.15.
De mon côté, j'ai tenté la mise à niveau vers cette beta sur ma machine de test, mais je me suis heurté à des conflits de paquets Python et des erreurs 404 sur RPM Fusion. Pour télécharger cette beta, il faut se rendre sur le site officiel, choisir son édition (Gnome, KDE, Xfce) et cocher l'option d'affichage des téléchargements beta.
Attention si vous tentez une migration sur un Raspberry Pi : l'absence d'horloge temps réel (RTC) sur la carte provoque des échecs de vérification des signatures GPG au redémarrage. Passer par un dnf distro-sync direct !
Source : https://renault.fedora-fr.org/2026/09/venez-tester-fedora-linux-45-beta/
4. Asahi Linux ajoute le support des MAC M3
On fait la transition parfaite avec le projet Asahi Linux, qui s'appuie sur une base Fedora pour faire tourner Linux sur les puces Apple Silicon. Suite à l'intégration officielle par le noyau Linux 7.2 de la prise en charge des processeurs M3, Asahi Linux propose désormais un support natif pour les Mac M3. Sur ces machines, l'ensemble des fonctionnalités de base est opérationnel : webcam, microphones internes, contrôleurs USB jusqu'à 10 Gbit/s, décodage vidéo matériel, Wi-Fi et Bluetooth. Le système s'installe proprement en dual-boot à côté de macOS sans écraser votre installation d'origine. Tout n'est pas encore parfait pour autant : l'accélération 3D du GPU reste basique et la gestion de l'énergie ou de la mise en veille est encore en chantier dans le noyau. La sortie vidéo via le port USB-C a néanmoins fait d'énormes progrès et commence à devenir fonctionnelle.
Ce travail colossal de rétro-ingénierie sur les puces d'Apple est salué par l'ensemble de la communauté. Des spectateurs du live utilisent désormais ce système au quotidien sur des MacBook M1 et M2 Pro pour leur travail professionnel sans aucun souci majeur. On pourra reconditionner ces machines sous Linux quand Apple ne fournira plus de support pour elles !
Source : https://asahilinux.org/2026/09/m2-episode-1/
5. Ubuntu 26.10 : 100% RUST Coreutils
Passons à la première actualité concernant Ubuntu avec la préparation de la version 26.10, prévue pour le 15 octobre 2026. La grande nouveauté technique de cette mouture intermédiaire est l'aboutissement de la migration à 100 % des utilitaires de base (coreutils) vers le langage Rust. Sur la version 26.04 LTS, les commandes sensibles cp, mv et rm avaient été conservées en C à cause de bogues de type TOCTOU (Time of Check to Time of Use). Ces bugs liés au décalage entre la vérification d'un fichier et son traitement réel étant désormais corrigés, Canonical bascule la totalité des commandes de base en Rust. Le paquet historique des utilitaires GNU compilés en C reste installable séparément. La stratégie de Canonical ne s'arrête pas là : ils remplacent OpenPGP par Sequoia PGP écrit en Rust. De plus, le paquet OpenSSH est désormais scindé en deux pour séparer l'API GSS et réduire la surface d'attaque par défaut du système. Cette démarche vise à garantir un système "memory safe" sur les images cloud exposées sur Internet.
Source : https://documentation.ubuntu.com/release-notes/26.10/
6. Ubuntu 24.04 LTS : Mise à niveau vers 26.04 LTS
Deuxième sujet Ubuntu : depuis le 29 septembre, la notification officielle de mise à niveau de la version 24.04 LTS vers la 26.04 LTS (26.04.1) est enfin active. Cette mise à niveau vers la version LTS apporte un bond gigantesque avec le passage de Gnome 46 à Gnome 50 et Wayland par défaut. Le système embarque de nouvelles versions du noyau Linux, des pilotes Nvidia, de la mise à l'échelle fractionnée et de nouvelles applications comme Loupe pour les images ou Papers pour les PDF. On y gagne également la prise en charge du chiffrement de disque via la puce TPM et les utilitaires système réécrits en Rust. Si vous ne souhaitez pas sauter le pas immédiatement, sachez que la version 24.04 LTS est supportée gratuitement jusqu'en mai 2029. En activant un compte gratuit Ubuntu Pro (valable jusqu'à 5 machines personnelles), ce support est même étendu jusqu'en mai 2034. La commande do-release-upgrade permet de lancer la procédure en terminal, mais une fenêtre pop-up graphique s'affiche automatiquement pour proposer cette mise à niveau.
Contrairement à d'autres distributions, les montées en version majeures d'Ubuntu sont particulièrement bien rodées et guidées. Attention toutefois : le support étendu d'Ubuntu Pro ne couvre que le dépôt principal ("Main") et ne s'applique pas aux variantes comme Kubuntu ou Xubuntu dont les paquets sont dans "Universe".
Source : https://ubuntu.com/blog/upgrade-your-desktop-ubuntu-26-04-lts
7. Firefox 157 "Nova"
Côté logiciels libres, on commence avec la sortie de Mozilla Firefox 157. Mozilla a accéléré son calendrier de déploiement avec des sorties toutes les deux semaines afin d'incorporer rapidement les correctifs de sécurité débusqués par les outils d'IA. Cette version marque l'arrivée de la refonte visuelle baptisée "Firefox Nova". L'interface arbore des coins arrondis partout, des lueurs chaudes, des dégradés de couleurs et 12 nouveaux thèmes intégrés avec variantes claires et sombres. Une nouvelle option de densité d'affichage fait son apparition dans les paramètres, proposant un mode "Compact" réclamé par les utilisateurs et un mode "Touch" pour les écrans tactiles. Sur le plan technique, Firefox 157 prend en charge le décodage matériel AV1 pour les appels vidéo en WebRTC, soulageant ainsi le processeur lors des visioconférences. Lors de l'ouverture d'un nouvel onglet, le curseur se place désormais automatiquement dans la barre de recherche. On note également la fin du contrat avec Amazon, qui disparaît de la liste des moteurs de recherche par défaut.
Le navigateur conserve son bouton "AI Control" permettant de bloquer en un clic toutes les fonctionnalités d'IA intégrées.
Source : https://www.firefox.com/en-US/firefox/157.0/releasenotes/
8. KeepassXC : Qt6 et saisie automatique sous Wayland
Deuxième logiciel libre : la version 2.8.0 Beta 1 de KeePassXC publiée le 23 septembre. Ce gestionnaire de mots de passe natif sous Linux franchit une étape majeure en migrant entièrement son code de Qt5 vers Qt6. Cette bascule apporte une meilleure gestion des écrans haute résolution, un rafraîchissement des polices et une intégration parfaite avec le serveur d'affichage Wayland. Mais la fonctionnalité phare de cette version est le retour de la saisie automatique ("Auto-Type") fonctionnant de manière native sous Wayland. Auparavant, lorsqu'on basculait sous Wayland, cette fonction qui permet de simuler la frappe des identifiants et mots de passe ne fonctionnait plus. L'application ajoute également le déverrouillage rapide du coffre-fort via PolKit sous Linux et via Touch ID sous macOS. Les utilisateurs de Windows sur architecture ARM64 bénéficient désormais de compilations natives dédiées. De nouvelles options permettent de synchroniser la base de données distante avec des outils externes comme Nextcloud. L'outil intègre aussi un module d'importation directe des coffres-forts Bitwarden ou OnePassword.
Source : https://keepassxc.org/blog/2026-09-23-2.8.0-beta1-released/
9. Jellyfin 12 !
Troisième logiciel libre d'importance : la sortie le 7 septembre de Jellyfin 12.0, le serveur multimédia open source et alternative libre à Plex. Les développeurs ont sauté la numérotation 11 pour passer directement à la version 12.0 en raison d'une réécriture profonde de l'application. La base de données de la bibliothèque a été entièrement refondue pour stocker chaque élément sur une ligne distincte, accélérant le comptage des éléments et la recherche dans les playlists. La fonctionnalité des "versions alternatives", qui permet de regrouper une version 1080p, une version 4K ou une version longue sous une seule fiche, s'étend désormais aux séries TV. La gestion des livres numériques et des bandes dessinées s'améliore avec l'affichage des couvertures pour les fichiers EPUB. Une toute nouvelle interface graphique plus moderne devient la présentation par défaut sur ordinateur et mobile, l'ancienne interface prenant le nom de "Legacy". L'application mobile Android et l'interface pour Android TV ont également été mises à jour pour accompagner cette sortie.
Attention lors de la mise à niveau : la structure de la base de données est définitivement modifiée au premier démarrage de cette version 12. Si vous tentez de revenir à la version 10.11 après avoir lancé la version 12, votre base de données sera totalement inexploitable.
Source : https://jellyfin.org/posts/jellyfin-release-12.0/
10. Les Pays-Bas migrent vers Linux ?
On termine ce tour d'horizon avec un sujet souveraineté majeur : le lancement par les Pays-Bas du projet Digital Autonomous Working Environment pour faire migrer l'administration vers Linux. L'élément déclencheur de ce projet remonte à début 2025, lorsque le gouvernement américain a imposé des sanctions contre la Cour pénale internationale de La Haye. Microsoft avait alors coupé unilatéralement l'accès à la messagerie et aux services cloud du procureur en chef, provoquant un véritable électrochoc aux Pays-Bas. Prenant conscience du danger d'accorder un pouvoir de blocage à un acteur privé étranger, le gouvernement néerlandais a décidé de bâtir son alternative souveraine. Tout comme la DINUM en France avec ses projets SecurIX et BureautIX, les Pays-Bas ont choisi de s'appuyer sur la distribution NixOS pour sa configuration reproductible et sécurisée. L'objectif ne se limite pas au système d'exploitation, mais vise à remplacer Microsoft 365 par des outils collaboratifs ouverts comme la suite EuroOffice.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement européen global suivi par le Danemark et le Land de Schleswig-Holstein en Allemagne. Le code et les dépôts du projet DAO sont d'ores et déjà publiés en open source pour la communauté.
Source : https://linux.developpez.com/actu/387584/
Merci à toutes et à tous d'avoir suivi ce débriefing de l'épisode 106 ! On se donne rendez-vous le mercredi 4 novembre pour le prochain live actu !
On se retrouve pour le débriefing complet de ce CKOIKIDI #106 du mercredi 7 octobre 2026. Au sommaire, le résumé des actualités du libre et de l'open source du mois de septembre qui ont retenu mon attention. On a 10 actus à traiter, entre distributions linux, logiciels libres et souveraineté, alors c'est parti !
1. Linux Mint et les XApps !
On attaque ce 106e numéro avec les actualités mensuelles du projet Linux Mint publiées par Clem Lefèvre le 11 septembre dernier. Pour rappel, les XApps sont des applications développées en Python et GTK3 visant à offrir des outils universels et légers pour plusieurs environnements de bureau. L'équipe a lancé un site dédié, https://xapp-project.org, pour centraliser ces logiciels et permettre à d'autres distributions utilisant des environnements encore en GTK3 comme Xfce ou Cinnamon d'en profiter sans subir la bascule forcée vers GTK4 et libadwaita. Parmi les nouveautés, on découvre d'abord l'application Library, une bibliothèque de documents qui centralise et trie vos fichiers par type à la manière d'un lecteur audio. On retrouve également XEPub, une visionneuse dédiée aux livres numériques au format EPUB. Mais la véritable pépite selon moi, c'est l'arrivée de Clockenstein, une toute nouvelle application de calendrier maison. Cet outil vient remplacer à lui seul trois composants lourds de l'écosystème Gnome : Gnome Calendar, Gnome Online Accounts et Evolution Data Server. Clockenstein permet de gérer des agendas locaux et distants (CalDAV, Google Calendar, Nextcloud) tout en conservant une consultation en lecture seule si le réseau vient à couper. Cette démarche illustre parfaitement la volonté de Mint de supprimer les démons d'arrière-plan inutiles pour garder un système réactif et facile à maintenir.
Source : https://blog.linuxmint.com/?p=5067
2. Raspberry Pi OS 2026-09-15 (Desktop)
Deuxième actualité concernant les distributions : la mise à jour du 15 septembre pour Raspberry Pi OS Desktop. Le développeur historique Simon Long a apporté plusieurs évolutions ergonomiques à cet environnement basé sur Wayland et le gestionnaire de fenêtres LabWC. La grande nouveauté visuelle est l'arrivée d'un dock d'icônes optionnel d'inspiration macOS, capable de remplacer la traditionnelle barre des tâches à la Windows 95 ou de cohabiter avec elle en haut de l'écran. On profite également d'un lanceur d'applications en plein écran accompagné de widgets, d'une recherche alphabétique ou par catégories, et d'un regroupement des fenêtres ouvertes avec des badges d'icônes. Toutes ces nouveautés graphiques restent entièrement débrayables et optionnelles dans le centre de contrôle pour préserver la légèreté par défaut. Sur le plan des performances, le système permet désormais d'utiliser le petit programme SwayBG pour dessiner le fond d'écran à la place du gestionnaire de fichiers PCmanFM, économisant ainsi de précieux mégaoctets de RAM. C'est une excellente option pour redonner un coup de jeune aux cartes équipées de seulement 2 Go de mémoire vive.
Dans le live, j'en ai profité pour faire un point sur le marché du Raspberry Pi qui a complètement flambé avec la hausse des composants. Aujourd'hui, un Raspberry Pi 4 de 4 Go coûte parfois plus de 120 € nu, ce qui rend l'achat d'une carte neuve très peu attrayant par rapport au marché de l'occasion ou aux mini-PC.
Source : https://www.raspberrypi.com/news/an-updated-look-for-the-raspberry-pi-desktop/
3. Fedora 45 Beta !
Troisième dossier distribution : la publication le 15 septembre de la version Beta de Fedora Linux 45, avec une sortie finale visée entre le 20 octobre et le 3 novembre. Cette mouture intègre évidemment l'environnement Gnome 51 tout juste sorti dans son édition Workstation. Parmi les évolutions d'administration système, Fedora expérimente l'outil mkosi-initrd comme alternative à dracut pour la génération des images d'initialisation Initramfs. On note aussi la relocalisation des fichiers de configuration des dépôts RPM depuis /etc/yum.repos.d vers /usr/share/dnf5/repos.d, les personnalisations locales se faisant désormais via des fichiers de surcharge dans /etc/dnf/repos.override.d.
L'écosystème logiciel est rafraîchi avec RPM 6.1, Podman v6, OpenSSL 4, MariaDB 12.3 et l'intégration de Python 3.15.
De mon côté, j'ai tenté la mise à niveau vers cette beta sur ma machine de test, mais je me suis heurté à des conflits de paquets Python et des erreurs 404 sur RPM Fusion. Pour télécharger cette beta, il faut se rendre sur le site officiel, choisir son édition (Gnome, KDE, Xfce) et cocher l'option d'affichage des téléchargements beta.
Attention si vous tentez une migration sur un Raspberry Pi : l'absence d'horloge temps réel (RTC) sur la carte provoque des échecs de vérification des signatures GPG au redémarrage. Passer par un dnf distro-sync direct !
Source : https://renault.fedora-fr.org/2026/09/venez-tester-fedora-linux-45-beta/
4. Asahi Linux ajoute le support des MAC M3
On fait la transition parfaite avec le projet Asahi Linux, qui s'appuie sur une base Fedora pour faire tourner Linux sur les puces Apple Silicon. Suite à l'intégration officielle par le noyau Linux 7.2 de la prise en charge des processeurs M3, Asahi Linux propose désormais un support natif pour les Mac M3. Sur ces machines, l'ensemble des fonctionnalités de base est opérationnel : webcam, microphones internes, contrôleurs USB jusqu'à 10 Gbit/s, décodage vidéo matériel, Wi-Fi et Bluetooth. Le système s'installe proprement en dual-boot à côté de macOS sans écraser votre installation d'origine. Tout n'est pas encore parfait pour autant : l'accélération 3D du GPU reste basique et la gestion de l'énergie ou de la mise en veille est encore en chantier dans le noyau. La sortie vidéo via le port USB-C a néanmoins fait d'énormes progrès et commence à devenir fonctionnelle.
Ce travail colossal de rétro-ingénierie sur les puces d'Apple est salué par l'ensemble de la communauté. Des spectateurs du live utilisent désormais ce système au quotidien sur des MacBook M1 et M2 Pro pour leur travail professionnel sans aucun souci majeur. On pourra reconditionner ces machines sous Linux quand Apple ne fournira plus de support pour elles !
Source : https://asahilinux.org/2026/09/m2-episode-1/
5. Ubuntu 26.10 : 100% RUST Coreutils
Passons à la première actualité concernant Ubuntu avec la préparation de la version 26.10, prévue pour le 15 octobre 2026. La grande nouveauté technique de cette mouture intermédiaire est l'aboutissement de la migration à 100 % des utilitaires de base (coreutils) vers le langage Rust. Sur la version 26.04 LTS, les commandes sensibles cp, mv et rm avaient été conservées en C à cause de bogues de type TOCTOU (Time of Check to Time of Use). Ces bugs liés au décalage entre la vérification d'un fichier et son traitement réel étant désormais corrigés, Canonical bascule la totalité des commandes de base en Rust. Le paquet historique des utilitaires GNU compilés en C reste installable séparément. La stratégie de Canonical ne s'arrête pas là : ils remplacent OpenPGP par Sequoia PGP écrit en Rust. De plus, le paquet OpenSSH est désormais scindé en deux pour séparer l'API GSS et réduire la surface d'attaque par défaut du système. Cette démarche vise à garantir un système "memory safe" sur les images cloud exposées sur Internet.
Source : https://documentation.ubuntu.com/release-notes/26.10/
6. Ubuntu 24.04 LTS : Mise à niveau vers 26.04 LTS
Deuxième sujet Ubuntu : depuis le 29 septembre, la notification officielle de mise à niveau de la version 24.04 LTS vers la 26.04 LTS (26.04.1) est enfin active. Cette mise à niveau vers la version LTS apporte un bond gigantesque avec le passage de Gnome 46 à Gnome 50 et Wayland par défaut. Le système embarque de nouvelles versions du noyau Linux, des pilotes Nvidia, de la mise à l'échelle fractionnée et de nouvelles applications comme Loupe pour les images ou Papers pour les PDF. On y gagne également la prise en charge du chiffrement de disque via la puce TPM et les utilitaires système réécrits en Rust. Si vous ne souhaitez pas sauter le pas immédiatement, sachez que la version 24.04 LTS est supportée gratuitement jusqu'en mai 2029. En activant un compte gratuit Ubuntu Pro (valable jusqu'à 5 machines personnelles), ce support est même étendu jusqu'en mai 2034. La commande do-release-upgrade permet de lancer la procédure en terminal, mais une fenêtre pop-up graphique s'affiche automatiquement pour proposer cette mise à niveau.
Contrairement à d'autres distributions, les montées en version majeures d'Ubuntu sont particulièrement bien rodées et guidées. Attention toutefois : le support étendu d'Ubuntu Pro ne couvre que le dépôt principal ("Main") et ne s'applique pas aux variantes comme Kubuntu ou Xubuntu dont les paquets sont dans "Universe".
Source : https://ubuntu.com/blog/upgrade-your-desktop-ubuntu-26-04-lts
7. Firefox 157 "Nova"
Côté logiciels libres, on commence avec la sortie de Mozilla Firefox 157. Mozilla a accéléré son calendrier de déploiement avec des sorties toutes les deux semaines afin d'incorporer rapidement les correctifs de sécurité débusqués par les outils d'IA. Cette version marque l'arrivée de la refonte visuelle baptisée "Firefox Nova". L'interface arbore des coins arrondis partout, des lueurs chaudes, des dégradés de couleurs et 12 nouveaux thèmes intégrés avec variantes claires et sombres. Une nouvelle option de densité d'affichage fait son apparition dans les paramètres, proposant un mode "Compact" réclamé par les utilisateurs et un mode "Touch" pour les écrans tactiles. Sur le plan technique, Firefox 157 prend en charge le décodage matériel AV1 pour les appels vidéo en WebRTC, soulageant ainsi le processeur lors des visioconférences. Lors de l'ouverture d'un nouvel onglet, le curseur se place désormais automatiquement dans la barre de recherche. On note également la fin du contrat avec Amazon, qui disparaît de la liste des moteurs de recherche par défaut.
Le navigateur conserve son bouton "AI Control" permettant de bloquer en un clic toutes les fonctionnalités d'IA intégrées.
Source : https://www.firefox.com/en-US/firefox/157.0/releasenotes/
8. KeepassXC : Qt6 et saisie automatique sous Wayland
Deuxième logiciel libre : la version 2.8.0 Beta 1 de KeePassXC publiée le 23 septembre. Ce gestionnaire de mots de passe natif sous Linux franchit une étape majeure en migrant entièrement son code de Qt5 vers Qt6. Cette bascule apporte une meilleure gestion des écrans haute résolution, un rafraîchissement des polices et une intégration parfaite avec le serveur d'affichage Wayland. Mais la fonctionnalité phare de cette version est le retour de la saisie automatique ("Auto-Type") fonctionnant de manière native sous Wayland. Auparavant, lorsqu'on basculait sous Wayland, cette fonction qui permet de simuler la frappe des identifiants et mots de passe ne fonctionnait plus. L'application ajoute également le déverrouillage rapide du coffre-fort via PolKit sous Linux et via Touch ID sous macOS. Les utilisateurs de Windows sur architecture ARM64 bénéficient désormais de compilations natives dédiées. De nouvelles options permettent de synchroniser la base de données distante avec des outils externes comme Nextcloud. L'outil intègre aussi un module d'importation directe des coffres-forts Bitwarden ou OnePassword.
Source : https://keepassxc.org/blog/2026-09-23-2.8.0-beta1-released/
9. Jellyfin 12 !
Troisième logiciel libre d'importance : la sortie le 7 septembre de Jellyfin 12.0, le serveur multimédia open source et alternative libre à Plex. Les développeurs ont sauté la numérotation 11 pour passer directement à la version 12.0 en raison d'une réécriture profonde de l'application. La base de données de la bibliothèque a été entièrement refondue pour stocker chaque élément sur une ligne distincte, accélérant le comptage des éléments et la recherche dans les playlists. La fonctionnalité des "versions alternatives", qui permet de regrouper une version 1080p, une version 4K ou une version longue sous une seule fiche, s'étend désormais aux séries TV. La gestion des livres numériques et des bandes dessinées s'améliore avec l'affichage des couvertures pour les fichiers EPUB. Une toute nouvelle interface graphique plus moderne devient la présentation par défaut sur ordinateur et mobile, l'ancienne interface prenant le nom de "Legacy". L'application mobile Android et l'interface pour Android TV ont également été mises à jour pour accompagner cette sortie.
Attention lors de la mise à niveau : la structure de la base de données est définitivement modifiée au premier démarrage de cette version 12. Si vous tentez de revenir à la version 10.11 après avoir lancé la version 12, votre base de données sera totalement inexploitable.
Source : https://jellyfin.org/posts/jellyfin-release-12.0/
10. Les Pays-Bas migrent vers Linux ?
On termine ce tour d'horizon avec un sujet souveraineté majeur : le lancement par les Pays-Bas du projet Digital Autonomous Working Environment pour faire migrer l'administration vers Linux. L'élément déclencheur de ce projet remonte à début 2025, lorsque le gouvernement américain a imposé des sanctions contre la Cour pénale internationale de La Haye. Microsoft avait alors coupé unilatéralement l'accès à la messagerie et aux services cloud du procureur en chef, provoquant un véritable électrochoc aux Pays-Bas. Prenant conscience du danger d'accorder un pouvoir de blocage à un acteur privé étranger, le gouvernement néerlandais a décidé de bâtir son alternative souveraine. Tout comme la DINUM en France avec ses projets SecurIX et BureautIX, les Pays-Bas ont choisi de s'appuyer sur la distribution NixOS pour sa configuration reproductible et sécurisée. L'objectif ne se limite pas au système d'exploitation, mais vise à remplacer Microsoft 365 par des outils collaboratifs ouverts comme la suite EuroOffice.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement européen global suivi par le Danemark et le Land de Schleswig-Holstein en Allemagne. Le code et les dépôts du projet DAO sont d'ores et déjà publiés en open source pour la communauté.
Source : https://linux.developpez.com/actu/387584/
Merci à toutes et à tous d'avoir suivi ce débriefing de l'épisode 106 ! On se donne rendez-vous le mercredi 4 novembre pour le prochain live actu !